Qu'est-ce que le Prélèvement Forfaitaire Libératoire ?

Dans la fiscalité française, le Prélèvement Forfaitaire Libératoire (PFL) est un prélèvement alternatif à l'impôt sur le revenu qui s'applique sur les revenus du patrimoine (placements financiers notamment). En d'autres termes, pour certains revenus issus de produits financiers, l'épargnant a le choix d'opter pour le PFL ou pour l'impôt sur le revenu (taux marginal d'imposition). En choisissant l'alternative la plus judicieuse, l'épargnant peut alors réduire ses impôts.

PFL : pourquoi « forfaitaire » ?

Le PFL applique un taux identique pour tous les produits d’épargne d’une même catégorie et ne dépend pas du niveau de revenus global de l'épargnant, contrairement à l’impôt sur le revenu par exemple, qui fonctionne selon un barème progressif. Le PFL est en général déterminé en fonction de la nature et/ou de la durée du placement. Par exemple, pour un contrat d'assurance vie de moins de 4 ans, le PFL est de 35 %.

PFL : pourquoi « libératoire » ?

Le PFL est dit « libératoire » car il est versé directement à l’administration fiscale par l’établissement financier qui commercialise le produit financier, et remplace l’impôt sur le revenu prélevé suite à la déclaration fiscale de l'épargnant. Il permet ainsi au contribuable de choisir de soumettre ses placements à un taux fixe plutôt qu’au taux marginal d'imposition qui dépend des revenus de l'épargnant.

Opter pour le PFL n'exempte pas de déclaration fiscale : bien que vous optiez pour le PFL, ces revenus devront tout de même être déclarés. Ils seront intégrés au Revenu Fiscal de Référence (RFR) qui permet à l’État de déterminer l'éligibilité à plusieurs dispositifs d’aide (allocations de la CAF, éco prêt à taux zéro, etc.).

Au-delà des placements financiers, les revenus de certaines activités peuvent être soumis au PFL, comme la rémunération des artistes (qui perçoivent une rémunération sous forme de cachets et non pas de salaire fixe) et des auto-entrepreneurs (il s’agit dans ce cas d’une option soumise à conditions).

Le PFL est irrévocable pour l’année fiscale en cours

Une fois cette option de règlement des cotisations sociales choisie, il n’est plus possible de revenir en arrière. Par ailleurs, cette méthode d’imposition s’accompagne du prélèvement à la source des cotisations sociales et empêche donc de récupérer la Cotisation Sociale Généralisée (CSG) déductible (contrairement, par exemple, à l’impôt sur le revenu direct).

Prélèvement Forfaitaire Non Libératoire (PFNL)

Dans le cas où l'épargnant ne choisit pas l’option PFL, ses revenus sont alors soumis au PFU ou à l’impôt sur le revenu, au choix.

Dans ce cas, l’imposition des revenus se fait en deux temps. L’année du versement des revenus, l’État applique d’abord le prélèvement à la source d’un acompte au taux de 12,8 % appelé le Prélèvement Forfaitaire Non Libératoire (PFNL), qui sera déduit de l’impôt sur le revenu prélevé l’année suivante (et appliqué au choix selon le principe du PFU ou du barème progressif).

Ainsi, le PFNL est forfaitaire puisqu’il a un taux unique, mais non libératoire étant donné qu’il correspond à une avance sur l’impôt sur le revenu et non pas à un règlement définitif : il nécessite en effet une régularisation l’année suivante en fonction des revenus du contribuable qui y est soumis.

Comment le Prélèvement Forfaitaire Libératoire s’applique-t-il ?

Comment les cotisations sociales du PFL sont-elles prélevées ?

Si le contribuable décide de recourir au PFL, il doit d’abord informer en amont l’établissement financier qui détient ses produits d’épargne. Une fois ce choix enregistré, il n’est plus possible d’en changer avant le 1er janvier de l’année suivante.

Le PFL fonctionne ensuite sur le principe du prélèvement à la source : au moment du versement de ses revenus, le contribuable reçoit un montant dont les cotisations sociales ont déjà été déduites, calculées selon le type de produit et la durée du placement, mais indépendamment de son niveau de revenu global. Le caractère « libératoire » garantit alors que ses obligations envers l’État pour l’année sont réglées.

PFL et auto-entrepreneur

Les auto-entrepreneurs peuvent eux aussi choisir l’option du prélèvement forfaitaire libératoire pour régler leurs obligations fiscales. L’impôt sur le revenu est alors payé au fur et à mesure de l’encaissement du chiffre d’affaires, en même temps que les charges sociales : il suffit d’appliquer au chiffre d’affaires un pourcentage supplémentaire, à un taux fixe plutôt qu’au barème progressif.

Taux du versement forfaitaire libératoire de l’impôt sur le revenu selon l’activité
Domaine d’activité Taux du versement libératoire (PFL)
Vente de marchandises et fourniture de logement1 %
Prestations de services (BIC)1,7 %
Professions libérales (BNC)2,2 %

Source : réglementation du régime micro-entrepreneur en vigueur en 2026 (service-public.fr). Taux appliqués au chiffre d’affaires, en sus des cotisations sociales.

Pour bénéficier de cette option en 2026, le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année (2024) doit être inférieur à 29 315 € par part de quotient familial (seuil majoré de 50 % par demi-part supplémentaire), soit par exemple :

  • Environ 29 315 € pour une personne seule (1 part) ;
  • Environ 58 630 € pour un couple (2 parts) ;
  • Environ 87 945 € pour un couple avec deux enfants (3 parts).

Par ailleurs, le chiffre d’affaires hors taxes ne doit pas dépasser les plafonds du régime micro :

  • 203 100 € pour la vente de marchandises, denrées à emporter ou la fourniture de logement ;
  • 83 600 € pour les prestations de services (BIC) et les professions libérales (BNC).

Quels sont les produits éligibles au PFL ?

Historiquement, l’option de recourir au PFL était largement répandue sur les produits d’épargne (dividendes d'actions, revenus d'investissement en bourse, etc.) et cohabitait avec l’imposition au barème de l’impôt sur le revenu. Cette option était surtout avantageuse pour les contribuables les plus aisés, dont le Taux Marginal d’Imposition (TMI), calculé en fonction des revenus, était plus élevé que le taux du PFL.

Aujourd’hui, suite à l’instauration du PFU par la loi de Finances en 2018, le PFL ne s’applique désormais plus que sur un nombre très restreint de produits d’épargne :

  • Les livrets de partage : ils reversent une partie des intérêts à une association et ouvrent droit à une réduction d'impôt. Le PFL y est obligatoire, au taux de 5 % sur la part des intérêts versés ;
  • Les rachats de contrat d'assurance vie (sur option), pour les gains issus de versements effectués avant le 27 septembre 2017 : 35 % en cas de rachat avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, et 7,5 % après 8 ans.

PFU et PFL : quelles différences ?

La loi de Finances de 2018 a instauré le Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à taux fixe de 30 % (12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % pour les prélèvements sociaux).

Le PFU est aujourd'hui largement généralisé pour les revenus de capitaux mobiliers. Les principales différences avec le PFL sont :

  • le caractère révocable du PFU : si le contribuable change d'avis, il peut opter pour le barème progressif sur sa déclaration ;
  • le caractère obligatoire du PFU : on peut choisir ou non le PFL sur certains produits, mais le PFU (ou l'IR) s'applique toujours par défaut.

PFL ou intégration aux revenus : quelle option choisir ?

L'option PFL s'applique aujourd'hui principalement lors du rachat d'un contrat d'assurance vie. Deux possibilités s'offrent alors au contribuable : intégrer les gains à son impôt sur le revenu (au taux marginal d'imposition), ou opter pour le prélèvement forfaitaire libératoire. Il faut comparer le taux du PFL (selon la durée du contrat) au taux marginal pour retenir l'option la plus avantageuse.

Taux du PFL selon l'ancienneté du contrat d'assurance vie comparé aux tranches d'imposition
Ancienneté du contrat Taux du PFL À comparer au taux marginal d'imposition
Avant 4 ans 35 % 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon la tranche de revenus
Entre 4 et 8 ans 15 % 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon la tranche de revenus
Après 8 ans 7,5 % 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon la tranche de revenus

Source : réglementation fiscale en vigueur. Barème de l'impôt sur le revenu par tranche marginale.

PFL : un exemple chiffré

Prenons le cas de M. X, célibataire sans enfant, déclarant 60 000 € de revenus et titulaire d'un contrat d'assurance vie souscrit en 2016 (aucun versement après le 27/09/2017). Il envisage un rachat partiel pour financer un projet immobilier. Son taux marginal d'imposition est de 30 %, et le PFL applicable à un contrat de moins de 4 ans est de 35 %.

Comparaison de l'imposition de M. X : impôt sur le revenu contre PFL
Option impôt sur le revenu Option PFL
TMI 30 % + 17,2 % de prélèvements sociaux = 47,2 % PFL 35 % + 17,2 % de prélèvements sociaux = 52,2 %

Exemple illustratif. Prélèvements sociaux de 17,2 % ajoutés dans les deux cas.

Pour M. X, l'option du PFL est donc moins avantageuse. Le PFL n'est réellement pertinent que pour les contribuables aux revenus très élevés, soumis à un taux marginal d'imposition particulièrement fort.

PFL : vos questions fréquentes

Comment choisir entre le PFL et l’impôt sur le revenu ?

Le choix repose sur la confrontation des taux d’imposition. Pour les placements à revenu fixe, le PFL est à privilégier lorsque votre tranche marginale d’imposition est supérieure ou égale à 14 %. Pour les dividendes, le PFL devient intéressant au-delà d’environ 19 700 € de revenus. Globalement, plus votre taux marginal est élevé, plus le PFL est avantageux.

Quel est le taux du Prélèvement Forfaitaire Libératoire ?

Le taux du PFL est dégressif selon la durée de détention du contrat d’assurance vie : 35 % avant 4 ans, 15 % entre 4 et 8 ans, et 7,5 % au-delà de 8 ans.

Sur quels produits peut-on utiliser le PFL ?

Depuis l’arrivée du Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) en 2018, l’usage du PFL est restreint. Les principaux produits éligibles sont les livrets de partage et les rachats de contrat d’assurance vie, partiels ou totaux.