La Banque Solfea, fin d'une entreprise soixantenaire

La Banque Solfea, ancienne Banque Petrofigaz, créée en 1956, était une banque spécialisée dans les solutions de financement de travaux de rénovation ou d’optimisation énergétique.

Le financement de projets “pour un habitat éco-efficace”

Fondée il y a plus de soixante ans, la Banque Petrofigaz, filiale de Gaz de France, centralisait ses activités sur des prêts permettant le financement de certains travaux d’installation de gaz naturel. En effet, elle proposait des solutions de prêt travaux pour installer le chauffage au gaz naturel dans un logement privé ou public. De cette manière, GDF encourageait des travaux de rénovation qui lui apportaient des clients dans la durée.

Avec l’évolution des marchés, l’entreprise change de nom et devient la Banque Solfea en 2004. Elle se replace ainsi sur le marché du prêt personnel pour toutes sortes de travaux entraînant l’amélioration de l’habitat : pompe à chaleur, eau chaude sanitaire, chaudière bois, etc.

La banque était détenue à 55% par GDF Suez, devenu Engie et à 45% par BNP Paribas. Etant donné la place de plus en plus importante donnée à l’écologie dans le secteur dans les années qui ont suivi, notamment avec le Grenelle de l’environnement, l’activité de la Banque Solfea a pris le virage de l’éco-efficacité de l’habitat, comme l’indiquait son nouveau slogan. Elle s’était désormais concentrée sur les travaux liés à la performance énergétique du logement comme les travaux d’isolation thermique et les installations photovoltaïque ou autres ouvrages d’énergies renouvelables. De manière générale, elle accompagnait les projets visant à favoriser les économies d’énergie et à limiter les rejets de gaz toxiques dans l’environnement.

Pour cela, elle s’appuyait sur un réseau de professionnels de la filière chauffage et d’autres secteurs de la rénovation de l’habitat et de prescripteurs dans tous les secteurs du bâtiment et de l’énergie : installateurs-chauffagistes, couvreurs, fournisseurs d’énergie, etc. Elle mettait en avant l’absence de frais de dossier pour leurs crédits travaux, l’absence d’apport obligatoire et un délai de réponse particulièrement court.

A travers ses taux très compétitifs et la simplicité de ses procédures, la Banque Solfea a connu des années pleines de succès, notamment avec l’élargissement de ses offres au rachat de crédit. Elle présentait un résultat net de 1,3 million d’euros en 2011 pour un chiffres d’affaires de 293 millions d’euros. Cependant, cette bonne santé financière n’a pas été maintenue dans le temps. C’est pour cette raison que, 5 ans plus tard, l’établissement a fermé ses portes.

Le cap des soixante ans, une marche trop haute

La banque présentait un portefeuille de plus de 30 offres de prêt et aux crédit renouvelables, dans le domaine de la rénovation thermique mais également pour financer ses travaux de tout type. L’organisme de crédit n’a cependant pas réussi à tenir dans la durée et a peut-être payé le nombre trop important d’offres et la lecture difficile de celles-ci. En outre, le développement de la banque en ligne ou d’offres de prêt à taux zéro par le gouvernement, dans le cadre de projets liés au respect de l’environnement, a pu constituer une concurrence trop forte pour la société.

De cette façon, la Banque Solfea présentait un résultat net déficitaire de 69 millions d’euros à la clôture de son année 2016. Après avoir cumulé les pertes au cours des années précédentes, les deux actionnaires ont ainsi décidé d’arrêter les frais, et les demandes de prêt ont été redirigé vers les services de BNP Paribas Personal Finance. Rappelons que tout dépôt dans une banque est couvert par la garantie des dépôts bancaires.

Les aides gouvernementales à la rénovation énergétique

Aujourd’hui, il existe de nombreuses offres de réduction d’impôt, de prime, d’aide ou de prêt, proposées par le gouvernement, qui permettent de mettre en oeuvre des travaux de rénovation d’efficacité énergétique. Les deux solutions principales sont le crédit d’impôt pour la transition énergétique et l’éco-prêt à taux zéro. Il conviendra également de se tourner vers sa banque pour connaître les solutions de crédit personnel qu’elle propose pour des projets de travaux de chauffage ou autre.

Le crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE)

Ce programme permet de déduire de ses impôts 30% des dépenses engagées dans une liste exhaustive de travaux de rénovation énergétique. Disponible pour les propriétaires occupants, mais également pour les locataires, cette aide est plafonnée à 8000 € par personne.

Afin de pouvoir recevoir ce crédit d’impôt, l’occupant engageant les dépenses doit faire appel à un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). Les dépenses qui pourront être éligibles au CITE englobent la main d’oeuvre mais également l’acquisition d’équipement et de matériaux utilisés pour la réalisation des travaux.

L’éco-prêt à taux zéro

Pouvant être accordé jusqu’au 31 décembre 2018, ce prêt avantageux est destiné à tous les propriétaires, occupants ou non-occupants. La limite maximale de ce prêt est de 30 000 €, toujours dans l’optique de réaliser des ouvrages d’éco-rénovation.

L’obligation de recours à un professionnel RGE est la même que pour le crédit d’impôt pour la transition énergétique, dont un annuaire est disponible sur le site du gouvernement.

Enfin, les critères pour l’obtention de ce prêt sont un peu plus complexes que pour le CITE, puisque les travaux doivent soit combiner deux types de travaux d’une liste exhaustive, soit entraîner l’amélioration de la “performance énergétique globale” du logement. Un seul éco-prêt peut être accordé par logement.

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