Free : le quatrième opérateur télécom en Belgique ?

Le marché mobile belge est partagé entre trois opérateurs mobiles. Alors qu'en France le marché des télécoms à 4 opérateurs est remis en cause, le Ministre des télécommunications, Alexander De Croo, souhaite aujourd'hui qu’il y ait un quatrième opérateur téléphonique en Belgique. Free pourrait-il être l'opérateur en question ? Et quels vont être les changements pour les abonnés ainsi que pour les opérateurs belges ?


L'arrivée de Free en France

Alors que le marché français obéissait à une politique d'alignement des prix entre Orange, SFR et Bouygues Telecom, l'arrivée de Free en France a provoqué un chamboulement irréversible. A l'époque, les abonnements sans engagement n'existaient pas et l'enveloppe data pour la consommation internet était très faible !

Le 10 janvier 2012, Free a fait son entrée et a ainsi bouleversé le marché des télécoms. Il proposait deux forfaits :

  1. un forfait illimité à moins de 20€/mois ;
  2. un forfait 1h d’appels et les sms illimités pour 2€/mois seulement.

Si les forfaits ont aujourd'hui un peu évolué, leur prix est resté tout à fait identique toutes ces années. L'opérateur a doucement amené les Français à consommer différemment. L'utilisation de data a connu une augmentation fulgurante, les Français préféraient souscrire sans s'engager et ils ont surtout vu une baisse considérable sur leur facture mobile.

Free a été une aubaine pour les abonnés mais un coup de massue pour les autres opérateurs qui ont dû réagir.

Ayant pris acte de l'arrivée de Free, les autres opérateurs ont eux aussi, fin 2011, lancé des offres sans engagement.

C'est à ce moment que sont nés, Sosh, RED by SFR et B&YOU. Mais les offres proposées ne pouvaient rivaliser. Pour exemple, Sosh, la filiale low-cost d'Orange, proposait une offre sans engagement avec appels/SMS illimités et 1Go d'internet rechargeable en 3G+ à 39,90€/mois.

Free a été une aubaine pour les abonnés mais un coup de massue pour les autres opérateurs qui ont dû réagir. Plus de politique d'alignement des prix, les opérateurs ont dû innover et se lancer à leur tour pour proposer des forfaits moins chers et plus complets.

Le sans engagement met une pression constante aux opérateurs et permet aujourd'hui aux abonnés insatisfaits de quitter leur opérateur sans attendre, et de changer pour une offre plus alléchante en un claquement de doigt. Les Français préfèrent payer leur smartphone au prix fort ou l'acheter d'occasion plutôt que de s'engager sur 12 ou 24 mois.

Les quatre grands opérateurs sont à présent dans une course sans fin. C'est à celui qui sera le plus innovant, le moins cher, à celui qui proposera la promotion la plus bénéfique ou le meilleur réseau.

L'arrivée de Free en Italie

Tout comme il a débarqué en France, Free est arrivé en Italie en 2018, sous le nom Iliad Italia avec son slogan "Prêts pour la révolution ?", en espérant provoquer des changements aussi marquants. Le défi n'était pas mince car contrairement au marché français, le marché italien se positionnait déjà sur des prix bas.

Une offre unique : un forfait sans engagement avec appels/SMS illimités et 30Go d'internet pour 5,99€/mois.

Mais si les prix "d'appel" étaient bas, le client payait bien plus cher à la fin du mois.

En effet, les opérateurs italiens tels que Vodafone, Telecom Italia ou Wind-Tre utilisaient des techniques pour faire payer le consommateur davantage (messagerie payante, coûts cachés, facture sur des mois de 28 jours seulement...).

Xavier Niel, vice-président et directeur délégué d'Iliad, la maison-mère de Free, a alors proposé aux Italiens une offre unique : un forfait sans engagement avec appels/SMS illimités et 30Go d'internet pour 5,99€/mois. Un prix 5 fois moins cher que Vodafone, trois fois moins cher que Telecom Italia et deux fois moins que Wind-Tre.

En un an, Free mobile avait réalisé un record mondial dans l'industrie des télécoms, il possédait 7% du marché français. Le , à peine 50 jours après son lancement, Iliad Italia atteignait déjà 1 million de clients. L'opérateur fera-t-il aussi bien en Italie qu'en France ?

Free : le meilleur candidat pour être le quatrième opérateur belge ?

Alors qu'il est devenu le quatrième opérateur en France et en Italie, ne serait-ce pas dans la suite logique des choses que Free devienne le quatrième opérateur télécom en Belgique ?

En effet, lorsque la croissance a ralenti en France, le groupe a muté vers l'Italie mais pas seulement. Il s'est aussi imposé en Irlande en décembre 2018, jusqu'à posséder 31,6% des parts de marché de l'ex-opérateur historique irlandais Eir. Il est donc tout à fait probable que Free mute à nouveau, cette fois-ci vers la Belgique, qui connaît un marché très similaire à celui de ces autres pays avant son arrivée !

Si l’identité de ce quatrième opérateur belge n'est pas connue, l'étude du 26 juin 2018 réalisée par la BITS (ARCEP belge) affirme "qu'il s’agit d'un opérateur ayant déjà une compétence avérée sur un grand marché mature pour la téléphonie mobile. En outre, cet acteur du marché dispose des ressources nécessaires et de l’expertise commerciale pour rendre une entrée sur le marché belge possible."

Pour l'heure, d'autres acteurs tels que Telia, Telenor, Tele2 ou Three sont également intéressés. Mais en octobre dernier, le groupe l'Iliad avait en effet été intéressé par le rachat de l'opérateur belge Base qui avait finalement trouvé preneur avec Telenet. Si Xavier Niel s'était déclaré bon perdant, le revirement du gouvernement belge pourrait-il redonner des idées à l'homme d'affaires ?

Xavier Niel, qui est également le propriétaire de Salt, l'ex Orange Suisse, aurait également affirmé vouloir conquérir la Suisse en lançant un forfait fibre 10Gbits/s avec Apple TV chez Salt. Serait-ce toute l'Europe qui serait visée dans les années à venir ?

Free en Belgique : quelles conséquences pour les abonnés et les opérateurs belges ?

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Alexander De Croo, ministre des télécommunications et favorable à un 4ème opérateur en Belgique

A l'heure où les marchés français et italiens se sont renouvelés et où la concurrence n'a jamais été aussi forte, le marché belge lui, est toujours sur un mode de fonctionnement sans concurrence et où les opérateurs se partagent le marché à parts égales.

Mais l'arrivée d'un nouvel opérateur pourrait, comme cela a été le cas en France puis en Italie, renverser tout ça !

Le marché belge est partagé entre trois opérateurs télécom, Orange, Proximus et Telenet. C'est dans le but de mettre un terme à cette position dominante, qui ne satisfait que les opérateurs, qu'Alexander De Croo a lancé l'idée d'ouvrir le marché à un quatrième opérateur.

Le gouvernement belge profite des différentes mises aux enchères qui auront lieu courant 2019 et 2020 pour ouvrir le marché. Ces mises aux enchères concernent les fréquences mobiles déjà existantes ainsi que la 5G.

Cette idée a ravi les consommateurs qui vont assister à une nouvelle concurrence tarifaire et à des offres à prix compétitifs. Pour eux, ce nouvel opérateur signifie une baisse considérable sur leur facture mobile, surtout si cette place est réellement prise par Free, dont la réputation n'est plus à faire !

Les opérateurs, quant à eux, font savoir leur mécontentement, ils vont en effet subir ce qu'ont connu les opérateurs français à l'arrivée de Free : la nécessité se renouveler et d'innover ! Ils s'attendent bien entendu à devoir faire face à des offres compétitives et donc à baisser leurs prix.

Il y a assez de concurrence sur le marché.

Orange Belgium

On risque un effet de distorsion du marché qui entraînerait un ralentissement des investissements en infrastructure et en innovation et qui aurait inévitablement un impact sur l’emploi.

Proximus

Les avantages de l'arrivée d'un quatrième opérateur télécom en Belgique ne s'arrêteraient pas à l'aspect financier ! C'est également la qualité qui augmenterait. Pour pallier cette concurrence, les opérateurs déjà installés vont devoir proposer mieux. Les offres vont donc être plus variées, plus concurrentielles. On peut tout à fait penser que cette ouverture à la concurrence est le meilleur moyen d'accéder plus rapidement à la 5G...

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