Que peut-on négocier avec son banquier ?

Que négocier avec son banquier ?

Depuis quelques années, l’essor des banques en ligne et des néobanques vient bousculer le marché traditionnel de la banque en proposant des tarifs toujours plus bas. Pour les clients restés fidèles aux banques traditionnelles, la négociation peut constituer une alternative pour réduire ses frais bancaires. Mais quels frais sont négociables ? Et comment peut-on négocier avec son banquier ?

Quels sont les produits négociables avec sa banque ?

Cartes et frais bancaires

cartes bancaires
Cartes et frais bancaires

Le carte bancaire est l’un des services les plus utilisés par les consommateurs. Et parfois, les frais engendrés par l’utilisation d’une carte bancaire peuvent peser lourd dans le budget des français.

En moyenne, il faut compter 45 euros par an pour une Visa classic dans une banque traditionnelle. Il peut donc être intéressant de tenter de négocier avec son banquier le coût d’une carte bleue, en obtenant une réduction des cotisations par exemple, ou une augmentation des services pour le même prix : carte gold à prix réduit pendant 1 an, carte bleue classique à moitié prix, remboursement des cotisations sur quelques mois : les possibilités sont nombreuses, mais il est complexe de les faire aboutir pour ce type de frais.

La réalité de la négociation Obtenir des réductions de la part de sa banque pour les frais courants (frais de tenue de compte, frais d'abonnement à la carte bancaire, etc.) est extrêmement difficile. Les frais bancaires sont appliqués par des systèmes d'information complexes, et les banques peuvent difficilement adapter ceux-ci à la demande d'un particulier. Retenons que bien connaître les frais bancaires est indispensable pour tenter une négociation mais les paramètres qui entrent en jeu sont multiples, notamment votre profil joue beaucoup dans la balance.

Il est également intéressant de se renseigner sur le coût des frais en cas d'incident, notamment en cas de découvert. En effet, en cas de solde négatif, la banque facturera des agios (intérêts débiteurs) sur la totalité du découvert, voire une commission d’intervention pour chaque opération de paiement avancée, si le solde négatif dépasse le montant autorisé. Il est donc intéressant de négocier son plafond de découvert autorisé, afin d'éviter de multiplier les frais en cas de découvert. Cette négociation est des plus courantes.

Epargne et crédit

credit immobilier
Négocier avec sa banque lors d'un crédit immobilier

Le crédit, et notamment le crédit immobilier est un des principaux sujets de négociation entre le client et son banquier : souscrire à un crédit immobilier est un engagement auprès de la banque, obligeant ainsi le client à rembourser ses mensualités sur de nombreuses années. Il est donc essentiel lors de la souscription à un crédit de négocier avec son banquier.

En effet, la banque ne fera jamais la meilleure proposition de crédit dès les premiers échanges : la meilleure solution pour négocier un crédit immobilier est alors de passer par un courtier.

Le courtier, en relation avec plusieurs banques, va permettre au client de sonder le marché et de déterminer quelle peut être la meilleure offre de prêt au moment où il souhaite emprunter. C’est un véritable atout face aux banques, même si cela ne garantit pas un prêt au meilleur taux.

Le client peut également négocier la gratuité des frais de dossier ou encore l’absence de pénalité lors d’un remboursement anticipé par exemple.

La loi Pacte La loi Pacte, adoptée en Avril 2019, a supprimé la clause de domiciliation bancaire auparavant incluse lors de la contraction d’un prêt immobilier. La domiciliation des revenus est donc à nouveau un levier de négociation pour le client, les emprunteurs pourront proposer à la banque de domicilier leurs revenus dans l’établissement, si celle-ci s’engage à leur faire bénéficier d’avantages comme un taux préférentiel ou encore une réduction de frais.

Concernant l’épargne, il est impossible de négocier les livrets réglementés tels que les livrets A ou de développement durable puisque ces livrets sont régis par décret. Toutefois, le client peut tenter une négociation de son Plan d’Epargne en actions (PEA). Il peut aussi espérer obtenir une remise sur ses frais d’entrée ou encore les frais de versement en assurance-vie.

Comment bien négocier avec son banquier ?

Les leviers de négociation

Les français ne sont pas confiants pour négocier avec leur banquier, 59% d’entre eux jugent même cela « désagréable » selon une étude d’OpinionWay pour Fortuneo. Pourtant, une bonne négociation de ses frais bancaires peut être bénéfique.

Alors comment s’y prendre ?

levier négociation
Quels sont les leviers de négociation ?

Le meilleur moyen pour négocier avec son banquier est de connaître ses tarifs bancaires. Le client est en position de force lorsqu’il sait à quoi il souscrit et surtout à quoi il a droit. Pour mettre toutes les chances de son côté, le meilleur moment pour négocier est évidemment lorsque le client souscrit à de nouveaux produits.

Un client fidèle aura également plus de marge de manoeuvre dans sa négociation qu’un nouvel arrivant, puisque la relation de confiance est déjà établi entre les deux parties : être fidèle à une banque doit pouvoir permettre de bénéficier de quelques avantages.

Cependant, changer de banque peut s’avérer bénéfique puisque rien n’est acquis. Le client peut dès le début tenter de négocier les produits dont il souhaite bénéficier, au risque d’aller voir ailleurs s’il n’est pas satisfait par la proposition de la banque.

Le "profil du client", critère déterminantLe profil du client est essentiel. La situation familiale et professionnelle, les dépenses moyennes ou encore le taux d’endettement sont des données observées par la banque. Un dossier solide jouera forcément en la faveur du client lors de la négociation.

Faire jouer la concurrence

Pour bien négocier avec son banquier, faire jouer la concurrence est un des levier majeur de négociation. Comparer les offres est essentiel car cela permet de s’appuyer sur des chiffres concrets pour négocier.

Le client peut alors demander à son banquier de s’aligner sur les tarifs des concurrents, lorsqu’ils sont plus bas.

neobanques
Faire jouer la concurrence pour négocier avec sa banque

Il est d’ailleurs courant d’avoir deux comptes courants dans deux banques différentes, afin de faire marcher la concurrence. Les offres des banques évoluent constamment, cela permet ainsi de ne pas être lié à un seul établissement bancaire et de bénéficier plus rapidement des meilleurs offres.

Aujourd’hui, les banques en lignes et les néobanques font concurrence aux banques traditionnelles grâce à leurs tarifs relativement bas sur le marché. Les banques traditionnelles ont du mal à s’aligner avec les tarifs de ces banques nouvelle génération. Cela permet au client de pouvoir faire pression sur sa banque traditionnelle, en évoquant les prix plus que compétitifs des banques en ligne.

Les achats groupés pour faire jouer la concurrenceLes achats groupés permettent de se regrouper pour négocier des tarifs. Le principe est simple : à plusieurs, il est plus simple de négocier une offre préférentielle, car les banques ont tout intérêt à fidéliser le très grand nombre de consommateurs réunis par l'opération d'achat groupé. Selectra a ainsi négocié une offre spéciale auprès de la banque en ligne Monabanq, incluant jusqu'à 200 € de prime de bienvenue. Il est encore possible d'en profiter en s'inscrivant à l'opération. En savoir plus.

Frais bancaires abusifs : comment négocier avec son banquier ?

Être attentif à ses frais bancaires est essentiel, surtout lorsque le client s’aperçoit de frais abusifs prélevés par la banque. La facture des frais bancaires peut alors grimper plus rapidement que prévu et mettre le client en difficulté.

Bien vérifier ses frais bancaires Le client a pour responsabilité de vérifier les frais bancaires qui lui sont prélevés grâce au relevé des frais facturés envoyé par la banque chaque année, et d’identifier si certains sont abusifs. Cela peut arriver en cas d’erreur de la banque, ou bien lorsque certains tarifs appliqués ne respectent pas la loi.

De plus, certains frais sont désormais plafonnés par la loi, comme les frais de rejet de chèque ou de prélèvement ou encore les commissions d’intervention. Il est donc interdit de les dépasser.

Prévenir sa banque le plus rapidement possible est indispensable afin de réguler la situation au plus vite. Dans le meilleur des cas, le banquier est conciliant et rembourse les frais prélevés. Mais parfois, la situation se complique et le banquier ne veut rien entendre.

Le client peut tout de même agir en envoyant un recommandé pour contester ces frais abusifs. Sans réponse de la banque, il peut également demander l’aide d’un médiateur bancaire. Une procédure souvent longue mais gratuite. En dernier recours, le client peut saisir le conciliateur de justice lorsque les frais sont importants.

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