Domotique : quelles entreprises ont la confiance des consommateurs ?

Les consommateurs font-ils confiance aux entreprises à l’origine des équipements connectés qui viennent envahir leur maison ? Et si oui, lesquels inspirent le plus confiance à leurs yeux ? Une récente étude apporte un éclairage intéressant sur ces questions, dont les réponses peuvent surprendre.

Domotique : une démocratisation rapide et mouvante

Malgré les différentes questions éthiques entourant le développement de la domotique, celle-ci semble se démocratiser avec la confiance des utilisateurs.

La domotique tient une place de plus en plus importante dans nos vies, et les chiffres émanant de multiples études viennent appuyer cela. L’explosion des ventes d’enceintes connectées, type Amazon Echo, Google Home ou autres HomePod, est l’un des phénomènes les plus importants de ces dernières années. En France, malgré leur récente commercialisation, ces équipements intelligents ont réussi à se faire une véritable place au cœur des maisons des particuliers. Le nombre d’utilisateurs sur le territoire serait déjà de 3,2 millions selon une étude de Médiamétrie, et 1,5 milliard d’euros devraient être investis dans l’intelligence artificielle d’ici 2022. Enfin, les financements ne sont pas que privés, puisqu’au mois de septembre 2019, le gouvernement a annoncé une enveloppe de 5 milliards d’euros d’ici trois ans pour les start-ups de la French Tech.

Cet engouement généralisé pour la domotique, soutenu par des moyens économiques significatifs, met les entreprises de l’innovation au centre de nos vies. Pourtant, la relation que les consommateurs entretiennent avec ces mêmes entreprises peut parfois être complexe, en particulier en ce qui concerne les questions de confiance quant au traitement de leurs données personnelles.

Une nouvelle étude de l’entreprise américaine Fluent, spécialisée dans l’engagement des consommateurs dans le domaine de la tech, s’est donc penchée sur le sujet, en menant une enquête auprès de quelque 9 300 personnes. Et les résultats peuvent paraître surprenants quand on connaît les différentes polémiques qui ont pu entourer les entreprises inspirant le plus la confiance des sondés.

La domotique : encore trop onéreuse et compliquée à utiliser ?Plus de la moitié des personnes interrogées ne possédant pas d’équipements intelligents se disent incapables de le justifier. Mais pour celles fournissant des explications, les raisons les plus communes sont le coût a priori élevé, le manque de commodité et l’incapacité à en comprendre les avantages.

Confiance des consommateurs : les géants du Web paraissent fiables

Finalement, les consommateurs semblent avoir une relation conflictuelle avec les géants du Web. Si certaines de leurs pratiques sont régulièrement interrogées, les particuliers semblent en somme s’y retrouver. Réalisée au mois d’avril 2019, l’enquête a d’abord pour fonction d’aider les professionnels dans leurs stratégies marketing. Cela dit, ses résultats n’en sont pas moins intéressants du point de vue du consommateur, autant que pour les spécialistes du marché.

Bénéficiant d’une grande visibilité, les géants du Web ont une place importante aux yeux du grand public.

Le top des entreprises de la tech inspirant le plus la confiance des consommateurs est ainsi très révélateur. Celles les plus fiables selon l’étude seraient donc :

  • Amazon,
  • Samsung.

L’entreprise de Jeff Bezos paraît donc avoir de beaux jours devant elle, en dépit des controverses qui ont pu faire la une de l’actualité ces derniers mois. 32 % des personnes ayant acquis ou installé un équipement intelligent pour la maison au cours de l’année écoulée (30 % des sondés), estiment qu’Amazon est la marque domotique la plus fiable pour la maison. Comme le géant du e-commerce, Samsung obtient le même résultat en tant que marque la plus digne de confiance.

L’étude classe les résultats selon différentes catégories : démographiques, socioéconomiques et géographiques. Des facteurs comme le genre ou l’âge du consommateur ont un rôle essentiel dans le rapport qu’il entretient avec la technologie connectée, et sa propension à en être équipé. Il est donc bien plus probable qu’une personne de 18 à 34 ans dispose de solutions connectées types assistants vocaux – à 140 % selon l’étude – qu’une personne de 35 ans ou plus.

La constitution du panel de l’enquête de Fluent est en elle-même intéressante. 29 % des sondés se disent « primoadoptants » (early adopters) de ces technologies, donc les premiers utilisateurs de ces dernières. Parallèlement, 36 % se définissent comme « retardataires » (laggards). Là où ces deux catégories ajoutent un intérêt dans les résultats repose entièrement sur le fait que les entreprises inspirant la confiance des premiers se distinguent de celles des seconds. Les utilisateurs aguerris de domotique donnent en effet leur préférence à Sonos et Nest (filiale connectée de Google), plus méconnus qu’Amazon et Samsung. De plus, les « primoadoptants » sont à 240 % plus susceptibles d’avoir acheté un système d’automation pour la maison ou un assistant intelligent que les « retardataires ».

De tous ces résultats, plusieurs informations clés ressortent ainsi. Bien qu’il s’agisse d’un échantillon représentatif, on peut constater que le facteur générationnel est crucial quant à notre rapport aux nouvelles technologies et les entreprises qui les créent et commercialisent. De même, la connaissance et la compréhension de ces équipements influencent inévitablement notre disposition à en acquérir.

  • Autres résultats intéressants de l’étude de Fluent :
  • 43 % des sondés disent posséder une smart TV, produit domotique le plus commun de la maison connectée,
  • La commodité est le facteur le plus important venant influencer l’achat de produits domotiques, à 27 %,
  • Les consommateurs avec des enfants sont 26 % plus susceptibles d’avoir acheté ou installé des équipements intelligents pour contrôler leur consommation énergétique – type thermostats connectés – pour leur maison que ceux sans enfants.
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