L'Arcep dresse le bilan santé d'internet 2019 en France

Dans son bilan santé d'internet 2019, l'Arcep a tenu à souligner l'importance des intérêts de l'utilisateur face à ceux des géants du net. Internet doit continuer à se développer comme un bien commun où le seul arbitre est l'utilisateur rappelle le régulateur. Cette voie s'appuie sur cinq points mesurés par l'Arcep. Explications.

Qualité de service, interconnexion des données, neutralité du net, IPv6, ouverture des terminaux : les cinq points de santé d'Internet en 2019

L'Arcep s'appuie en effet sur cinq grands axes qui lui semblent importants pour cette année 2019, il s'agit de :

  • La qualité de service d'Internet : l'Arcep s'est posé la question comment mesurer internet de la manière la plus objective possible.
  • L'interconnexion des données : celle-ci permet aux réseaux et donc aux grands acteurs d'Internet (Google, Facebook, Youtube, Netflix etc) de communiquer entre eux.
  • La transition vers IPv6 : la version 4 de l'internet protocole est arrivée pratiquement à saturation, autrement dit, il n'y a plus d'adresses IP disponibles pour les utilisateurs, d'où l'importance de passer à l'internet IPv6.
  • La neutralité du net : le règlement européen sur l'Internet ouvert (différent de la RGPD), entré en vigueur en 2017, vise à faire respecter le principe de neutralité du net - égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet - par tous les Etats membres de l'Union européenne.
  • L'ouverture des terminaux : celle-ci vise à protéger les réseaux également sur les smartphones et donc leur système d'exploitation.

Qualité de service d'internet : l'Arcep donne raison à cinq tests de débit de divers acteurs

Le régulateur des télécoms souligne que les utilisateurs d'internet en France, soit 85% de la population selon une étude Médiamétrie de mai 2019, ont du mal à s'y retrouver par rapport à tous les tests de débit existants sur le marché.

Test de débit
Selectra a développé son propre test de débit, amélioré régulièrment


Or le test de débit est l'outil le plus évident pour mesurer la qualité d'un service internet. Pour le moment, l'Arcep a mis en avant cinq outils conformes à leur Code de conduite. Il s'agit de nPerf, le Speedtest de l'association UFC-Quechoisir, le DébiTest 60 de l'association 60 Millions de consommateurs, 4GMark mis en place par la Start Up Qosi ainsi que l'IPv6 test. Pour être plus crédibles dans leurs résultats de tests, l'Arcep a proposé aux opérateurs télécoms et aux comparateurs d'être plus transparents sur leur méthodologie vis-à-vis des utilisateurs et notamment sur leur mire de test.

Le choix de la mire de testQu'est-ce la mire de test ? Il s'agit, selon la définition donnée par l'Arcep, du serveur via lequel test de débit réalise les mesures de débit descendant, de débit montant et de latence. Cette mire de test conditionne également le résultat de la mesure. Pour cela, il est important que la mire ait une capacité supérieure en bande passante à celle de la ligne testée.

Bilan santé Arcep 2019 : la garantie d'un internet ouvert pour la neutralité du net

L'Arcep rappelle dans son bilan de santé Arcep 2019 travailler aux côtés de l'organe des régulateurs européens des communications électroniques (BEREC) afin de garantir la neutralité du net. Ce principe, qui garantit l'égalité de traitement de tous les flux de données sur Internet, est encadré par le règlement européen sur l'internet ouvert.

Ordinateur

L'Arcep se réjouit d'ailleurs de cette évolution (par opposition aux Etats-Unis) et rappelle l'utilité de deux outils créés dans cette optique et particulièrement utilisés par les consommateurs.

  • Il s'agit de la plateforme J'alerte l'Arcep, disponible depuis un an et demi par le régulateur. Elle permet aux utilisateurs de reporter un incident sur leur ligne internet et mobile qui n'a pas été pris en compte comme il faut par leur opérateur. Elle gère aussi les questions liées à la neutralité du net.
  • Et de l'application Wehe : celle-ci permet de savoir si tel opérateur est susceptible de limiter ou prioriser certains flux (Netflix, Youtube etc).

Mais un autre problème subsiste : la neutralité des smartphones et terminaux mobiles. L'été dernier, Android de Google a été sanctionné par l'Union européenne pour abus de position dominante par rapport aux autres système d'exploitation sur le marché. L'Arcep a donc mis en place depuis 2018 toute une série d'objectifs visant à garantir cette liberté, tels que la possibilité pour l'utilisateur de supprimer des applications pré-installées et la surveillance de l'évolution des offres exclusives de contenus et services par des terminaux.

Bilan santé Arcep 2019 : une transition vers IPv6 impérative

L'épuisement des adresses IP (numéros d'identification de chaque appareil connecté à un réseau utilisant le protocole Internet) disponibles sur IPv4 actuellement utilisées est prévu pour juin 2020, selon l'Arcep. Mais en réalité le manque de disponibilité d'adresses IP sur cette version 4 de l'internet Protocole date déjà de 2011.

Des développeurs web ont simplement permis d'élargir temporairement la capacité du système. La nouvelle version IPv, dont la capacité de mémoire est bien plus élevée, a été pensée depuis les années 90 afin de contrer cet épuisement, toutefois la transition de l'IPv4 vers IPv6 est plus compliquée que prévue. Les adresses IP de l'IPv4 ne sont pas compatibles avec la version IPv6, c'est pourquoi il faut les retranscrire et cela prend du temps. L'Arcep s'est engagée à favoriser l'échange de bonnes pratiques entre les acteurs du marché impliqués dans la création de ces adresses IP et éviter ainsi une hausse des prix de celles-ci pouvant se répercuter indirectement sur les utilisateurs.

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