Crise sanitaire : état des lieux de l’épargne des français

Durant le confinement, les français ont laissé leur épargne sur leurs comptes courants ou leurs livrets d'épargne.
Durant le confinement, les français ont laissé leur épargne sur leurs comptes courants ou leurs livrets d'épargne.

La crise sanitaire a incité les français a épargné massivement. Fermeture des principaux lieux publics, chômage partiel, déplacements limités, les dépenses des consommateurs se sont drastiquement réduites et leur épargne s’est gonflée. Pour mettre leurs économies à l’abri, les français recherchent des placements sûrs et sécurisés, tandis que l’Etat cherche à diriger les épargnants vers des produits plus risqués. Tour d’horizon de l’épargne en temps de crise sanitaire.


Crise sanitaire : une épargne massive mais sécurisée

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L'épargne a fortement augmenté durant le confinement

Économiser, c’est ce qu’on massivement fait les français durant le confinement. En effet, la fermeture des lieux de divertissements et les limites de déplacement ont permis aux consommateurs d’épargner beaucoup plus qu’à l’accoutumée durant cette période. Les dépôts à vue ont augmenté de 494,8 à 554,3 milliards d'euros entre janvier et juin 2020. C’est donc plus de 100 milliards d’euros qui ont été mis de côté au premier semestre 2020 si on y ajoute l’épargne réglementé et les comptes courants.

Une épargne principalement placée sur des livrets ainsi que laisser sur les comptes courants. Mais le gouvernement ne souhaite qu’une chose, que les français investissent de manière plus “productive”. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? C’est simple, l’Etat souhaite inciter les consommateurs à placer cette épargne sur des plans d’épargne plus risqués. Pourquoi ? Car ces types de placements permettent notamment d’investir dans les entreprises françaises, et ainsi participer activement à la croissance du tissu économique.

Mais les français restent frileux, et souhaitent placer leur épargne sur des livrets sûrs, et surtout, pouvoir avoir facilement accès à leur argent en cas d’imprévu. Et cette crise sanitaire n’a fait que renforcer cette envie qu’ont les épargnants de jouer au maximum la sécurité et la disponibilité. Si l’on ne savait pas de quoi serait fait l’après-confinement, une chose est sûre, les consommateurs ne voulaient pas prendre de risque avec leurs finances.

Des placements peu sûrs pour les épargnants moyens

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Les français trop frileux pour investir dans des placements risqués

Aujourd’hui, le gouvernement souhaite diriger les épargnants vers des placements plus risqués, comme le PEA, le PER ou encore l’assurance-vie. Mais ces placements sont loin d’être les plus avantageux pour les français, bien au contraire.

Le PEA (Plan d’Epargne en Actions), qui est un support d'investissement pour investir dans des entreprises côtées en bourse ou non, est plébiscité pour les avantages fiscaux qu’il concède. Cependant, c’est un placement risqué, qui nécessite tout de même de larges connaissances en bourse et en actifs, ce qui est loin d’être le cas de l’épargnant français moyen. Le risque de perte de capital est fort puisque l’épargnant doit investir dans des actifs risqués, qu’il ne maîtrise pas. La volatilité et le risque de perte de capital sont donc très élevés avec ce type de produit d’épargne.

Le PER (Plan Epargne Retraite) quant à lui, ne permet de disposer de son épargne qu’au moment de la retraite, ou en cas de situation exceptionnelle comme le décès d’un conjoint ou lorsque les droits au chômage touchent à leur fin. L’épargne du consommateur est donc bloquée. Si le blocage des fonds est un inconvénient majeur, la ponction des frais en est un bien plus important. En effet, des frais sont ponctionnés à chaque fois que l’épargnant réalise une action : chaque année pour la gestion du plan mais aussi lors de chaque versement de l’épargnant et à chaque versement de la rente une fois les fonds débloqués. De plus, il faut savoir que les frais ne sont pas plafonnés par l’Etat.

«Il y a des réseaux de distribution à rémunérer, il y a du conseil à rémunérer, les souscripteurs du PER doivent en être conscients» justifie Lionel Corre, sous-directeur assurance à la direction générale du Trésor.

Enfin, l’assurance-vie n’est pas mieux lotie que ses voisins. En effet, l’assurance-vie est ponctionnée elle aussi de frais en tout genre : entre 0,6% et 1% pour la gestion administrative, entre 0% et 1% pour les frais d’arbitrage ou encore entre 0% et 5% pour les frais sur versement. De plus, l’assurance-vie n’est pratiquement plus rémunératrice, ce qui signifie que l’épargnant se voit ponctionner de nombreux frais pour, au final, ne faire aucune plus-value sur son épargne.

Quels sont les modes d’épargne plus sûrs ?

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Le livret A ou le LEP sont des placements sûrs.

Pour une épargne sûre et sans risque, mieux vaut miser sur les livrets d’épargne et oublier les placements boursiers ou les assurances-vie en unité de compte.

Le livret A ou le livret de développement durable (LDD) sont des livrets sûrs et sécurisés. L’avantage ? L’épargne est disponible à tout moment en cas de besoin, et aucun frais n’est ponctionné que ce soit pour les versements ou les retraits. L’inconvénient, c’est que ce sont des livrets très peu rémunérateurs. En effet, leurs taux sont aujourd’hui très faibles, de l’ordre de 0,50%.

Le livret d’épargne populaire (LEP) fait également parti des placements les plus sûrs. Il est destiné aux personnes ayant des revenus modestes, et est exonéré d’impôts et de prélèvements sociaux. Pour pouvoir en bénéficier en 2020, le revenu fiscal de l'année 2018 du foyer fiscal ne doit pas dépasser certaines limites définies par le quotient familial. Les versements et retraits sont gratuits, et l’épargne reste toujours disponible si besoin. Son taux d’intérêt est plus avantageux que celui du livret A puisqu’il est aujourd’hui de 1%.

Pour allier épargne et immobilier, il est également possible d’ouvrir un PEL (Plan Epargne Logement). Le PEL est un produit d’épargne sûr et sécurisé, mais moins rémunérateur aujourd’hui qu’il y a quelques années. Le taux est aujourd’hui fixé à 1% brut. Attention cependant, le PEL est une épargne bloquée, ce qui signifie que tout retrait entraîne obligatoirement la fermeture du compte, et les versements sont obligatoires (minimum 540€/an). Le PEL est destiné aux personnes souhaitant se constituer une épargne pour investir ensuite dans l’immobilier afin d’obtenir un prêt à taux préférentiel.

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