Objets connectés : les Français sont-ils méfiants ?

De nos jours la métamorphose de notre société en société ultra-connectée semble inévitable. La domotique est partout, changeant progressivement les usages et les habitudes des consommateurs. Un baromètre à paraître vient apporter un nouvel éclairage sur la relation des Français aux objets intelligents, et leur méfiance à leur égard.

  • En bref : La relation des Français aux objets connectés en 2019
  • La préférence des Français va aux équipements connectés liés à la mobilité, notamment à intégrer à leur véhicule ;
  • Une véritable méfiance persiste et se confirme concernant la collecte des données personnelles et leur exploitation par les entreprises à des fins commerciales ;
  • Au final, les usages évoluent et près de 40 % des Français posséderaient un objet connecté en 2019.

Objets connectés en France : une démocratisation récente et rapide

Les habitudes des français à l'égard du numérique évoluent tout comme la popularisation des équipements connectés. La démocratisation de la maison connectée, par exemple, est bien plus récente en France qu’aux États-Unis. Les assistants vocaux ont commencé à être commercialisés il y a un peu plus de deux ans, d’abord avec le Google Home, puis à l’été 2018 avec le HomePod d’Apple et l’Amazon Echo. Si l’on prend en considération cette information, il est tout de même impressionnant de voir la fulgurance de la démocratisation de ces objets, avec déjà 3,2 millions d’utilisateurs d’assistants vocaux en France selon une étude Médiamétrie publiée l’été dernier. Il semblerait donc que la méfiance des consommateurs à l’égard de ces nouvelles technologies s’estompe peu à peu.


Bien que l’on puisse avoir l’impression qu’ils ont toujours été là, les assistants vocaux comme le Google Home Mini n'ont été commercialisés que très récemment en France.

Un nouveau sondage, à paraître en décembre prochain, réalisé par l’Association de l’économie numérique – ou Acsel – vient confirmer cette transition hésitante mais néanmoins bien réelle. L’étude s’intéresse en particulier à la relation des Français au numérique, et de la confiance que ceux-ci ont en lui. Certains de ses résultats ont été partagés en exclusivité sur le site de BFM Business, et ils sont intéressants puisqu’ils donnent un aperçu plus tangible des évolutions des usages.

D’après ce baromètre, en 2019, 38 % des Français sondés posséderaient au moins un objet connecté, que l’on parle d’Internet des objets destinés au logement, de wearables – que l’on porte, type montres intelligentes – ou à installer dans sa voiture. En 2016, ils étaient 17 %, et 27 % en 2017. Avec la multiplication des offres, il y a peu de doutes quant au fait que ce chiffre est aussi destiné à augmenter dans les années à venir.

L’un des autres aspects de la crainte associée à la maison connectée par les Français n’est a priori pas exploré dans le baromètre : la peur du remplacement des êtres humains par des machines. Auquel cas la domotique ne serait plus à leur service, et donc une menace potentielle à différents niveaux.

Protection des données : une inquiétude persistance chez les Français

Au-delà de ces chiffres confirmant l’augmentation du nombre de personnes possédant des objets connectés, le fait que 12 % des personnes interrogées affirment avoir pour projet de s’équiper atteste un certain engouement. Malgré tout, 50 % d'entre eux disent ne pas être équipé, et n’ont pas vraiment l’intention de changer d’avis, des chiffres semblables à ceux de 2017. Cependant ces pourcentages sont à mettre en perspective avec l'étude de 2016, où 69 % des sondés déclaraient la même chose. En comparant, on sent bien que la réticence s’affaiblit avec le temps.

Il semblerait qu’à ce jour, selon le baromètre, la préférence des Français équipés aille aux objets connectés liés à la mobilité, à 21 %, comme ceux que l’on peut installer dans sa voiture. On retrouve ensuite ceux permettant le maintien de la forme physique à 19 %, à l’instar des bracelets intelligents, puis les équipements pour la maison connectée à 13 % – thermostats intelligents, caméras de surveillance autonomes et ainsi de suite – et enfin, les objets dédiés à la santé, à 12 %.


Les Français craignent le stockage de données collectées via la domotique, notamment sur des services tels que le could.

Enfin, malgré tout, la question de la confiance semble être au cœur de cette méfiance persistante à l’égard de la domotique. Un quart des Français interrogés déclarent ne pas faire confiance aux objets connectés. Le problème de l’exploitation des données par les entreprises et la protection de la vie privée est dans toutes les têtes ou presque, puisque 60 % des sondés équipés se déclarent « gênés » en ce qui concerne le stockage de leurs données personnelles, collectées via des objets connectés. L’un des plus gros obstacles à l’établissement d’une relation saine étant l’exploitation des données à des fins commerciales, que 36 % d’entre eux disent redouter, contre 28 % en 2017.

Les personnes déclarant ne pas vouloir s’équiper en domotique pensent à 56 % qu’elles n’ont « pas besoin » de tels objets, et 45 % jugent qu’ils sont encore trop onéreux. Un résultat plus bas que celui d’une étude de l’institut Sociovision datant de juin 2018, dans laquelle 83 % des sondés estimaient que ces technologies sont trop chères.

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