Métavers et télécom - le nouveau pari des opérateurs télécoms

Métavers et opérateurs Télécom

Qu’est-ce que le métavers ? En quoi son probable et très prochain avènement est-il étroitement lié aux opérateurs télécoms (français) ? Quels sont les usages qui seront permis par ce successeur d’Internet ? Si vous ne savez (presque) rien de cet univers immersif parallèle au nôtre, poursuivez votre lecture. Dans cette actualité, nous faisons le point sur la tendance du métavers et tout ce que cela sous-entend.


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Le métavers, de quoi s’agit-il exactement ?

casque vr

Peut-être êtes-vous un grand fan de science-fiction et avez déjà visionné les films de la trilogie Matrix, dépeignant un monde où tout est possible, où le temps n’a pas de prise et où la réalité appréciée par les hommes n’est en réalité rien d’autre qu’une simulation.

À l’inverse, si cela ne vous dit rien, vous ignorez sans doute le sens du mot « métavers », « méta-vers », « métaverse » ou encore « méta-univers ». Quelle que soit l’appellation ou l’orthographe qu’on lui prête, ce mot est pourtant sur toutes les lèvres.

Surtout depuis la fin de l’année 2021, époque à laquelle Mark Zuckerberg, patron de Facebook (depuis rebaptisé à juste titre Meta) présentait cet univers comme le futur successeur d’Internet. Rien que ça.

Il faut dire également que, pandémie oblige, les nouvelles technologies ont bénéficié d'un incroyable coup de pouce, puisque nous avons soudainement été plusieurs milliards à ne pouvoir nous reposer que sur elles.

Évidemment, il n’en fallait pas plus pour affoler la Toile et les médias spécialisés à travers le monde entier. Mais à quoi cela correspond au juste, un « métavers » ?

Pour mieux comprendre de quoi il retourne, un peu d’étymologie sera sans aucun doute utile. Le terme « métavers » se compose de « méta » qui signifie « au-delà » en grec et du suffixe « vers » emprunté au mot « univers ».

Le métavers désigne également un monde séparé du nôtre, mais se basant aussi entièrement sur celui-ci, quelques contraintes en moins (distance, temporalité...). Une autre définition plus simple serait de caractériser le métavers comme l’Internet en 3D (par opposition à l’Internet en 2D que nous connaissons et sur lequel nous surfons actuellement).

En d’autres termes, la réalisation du métavers viendrait complètement bouleverser notre façon actuelle d’interagir, de faire du commerce et de communiquer avec autrui, et ce, quelle que soit la distance qui nous sépare les uns des autres.

Alors, utopie ou vérité en voie d’accomplissement ? À l’heure qu’il est et malgré des financements considérables, le métavers de Mark Zuckerberg (c’est-à-dire le remplaçant de l’Internet mobile) n’existe pas encore.

Zoom sur le rôle des opérateurs télécoms

telecom

Bien que le pari initial de Mark Zuckerberg - faire beaucoup de bruit grâce au concept de métavers pour détourner l’attention médiatique de Facebook, alors dans la tourmente - ait réussi, alors même que la grande majorité des internautes ignorent exactement de quoi il est question, les différents opérateurs télécoms, et pas uniquement en France, auront un rôle crucial à jouer pour permettre l'usage de ce nouvel univers.

En effet, c’est à eux que reviendra la (lourde) tâche de fournir la bande passante et les infrastructures nécessaires pour que le métavers passe du statut de chimère à celui de fait. Concrètement, l’enjeu consistera, entre autres, à réduire le temps de latence lors de l’utilisation du réseau en général et d’augmenter la vitesse de chargement.

Une liste non exhaustive de critères pourtant essentiels à la viabilité du concept de métavers. Et, pour que ce dernier passe de la fiction à la réalité, une technologie qui vous est sans doute plus familière sera au premier rang : la 5G.

Indéniablement, pour donner vie à cet Internet du futur, le métavers et la 5G vont de pair. Ce n’est ni nouveau ni un hasard si les fournisseurs investissent massivement et depuis des mois dans ces réseaux. Car sans la technologie 5G, ce nouvel univers ne verra jamais le jour.

L’un des points positifs, en revanche, réside dans le fait que la poursuite du métavers pourrait à elle seule servir de catalyseur et accélérer le déploiement à grande échelle de la 5G.

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Un travail collaboratif indispensable

Néanmoins, il serait erroné de dire que seuls les opérateurs télécoms constituent le rouage central de ce concept. Pour que le métavers puisse enfin naître, il sera impératif d’instaurer une collaboration d’envergure entre différents acteurs.

Les entreprises technologiques, bien sûr, mais aussi les fabricants d'infrastructures, les prestataires de services et les responsables politiques. Car, en l’état, Internet et toute sa structure ne peuvent supporter le schème du métavers. Des ajustements massifs sont fondamentaux.

S’ils sont un jour apportés, les opérateurs télécoms pourront proposer une meilleure connectivité globale et des espaces de stockage plus conséquents pour satisfaire les utilisateurs.

Et si l’on en croit les experts dans le domaine, 40% des applications compatibles avec la 5G devraient exister d’ici à 2030.

Dans cette optique, la Commission européenne espère dévoiler son projet de métavers d'ici à l'horizon 2023. Ce mouvement s'inscrit dans une initiative visant à rendre « l'Europe adaptée à l'ère numérique ». Le président français, Emmanuel Macron, avait par ailleurs déclaré plus tôt cette année que la création d'un tel espace de réalité virtuelle rapprochant les utilisateurs était absolument essentielle.

Il s'agirait, selon lui, d'une excellente solution pour défendre la liberté de création et les droits d'auteurs des artistes, en France mais aussi dans toute l'Europe. Par cette volonté de développer un métavers européen, Emmanuel Macron réitère son souhait de ne pas voir l'UE dépendre de la Chine ou des États-Unis sur le plan technologique à l'avenir.

Quels sont les principaux obstacles au développement du métavers ?

5G france

Outre l’expansion primordiale de la technologie 5G, le métavers en tant que réalité risque de se heurter à bon nombre de difficultés.

L’aspect financier en est déjà un bon exemple, puisqu’on imagine sans mal qu’un projet d’une telle envergure requiert des milliards de dollars d’investissement. Malheureusement, ce n’est pas tout.

D’une part, cet univers sans frontière devra être dépourvu de dysfonctionnements et de pannes divers. D’autre part, la grande inconnue reste encore la manière dont les opérateurs et les entreprises commercialiseront le métavers aux particuliers.

Comment vendre cet univers parallèle où tout semble possible à tout un chacun ? La question de la monétisation reste elle aussi problématique. Il va sans dire qu’un modèle économique clairement défini est indispensable pour permettre au métavers de devenir rentable.

Ces acteurs majeurs devront au préalable adopter une stratégie concrète qui tiendra compte des multiples subtilités du métavers. Quelles applications va-t-il autoriser ? Comme facturer ces utilisations de manière juste et rentable ?

Le sujet est d’une complexité rare, étant donné que ce concept d’Internet en 3D ne repose pas uniquement sur une simple utilisation. C'est là qu'interviennent notamment les NFT, acronyme de Non-fungible token (ou jeton non fongible en français). Pour résumer, ces jetons représentent des objets uniques que l'on ne peut échanger.

À l'inverse de l'argent qui peut, entre autres, se retrouver au cœur d'une transaction. Un euro peut être échangé contre un autre euro. Ou des bitcoins, pour rester dans l'univers du numérique.

Avec les NFT, les opérateurs touchent peut-être du doigt une solution de financement pour le métavers. Chaque jeton se retrouve associé à un certificat d'authenticité numérique qui permettrait aux utilisateurs de confirmer leurs possessions digitales.

Et c'est précisément ce sur quoi repose l'économie d'un métavers.

Nouvelle plateforme de métavers : quel usage pour les utilisateurs ?

manette console

Au cœur de la notion de métavers, on retrouve le bouleversement complet de nos habitudes de communication et d’expériences numériques. Lorsqu’il sera fonctionnel, le métavers est en effet censé permettre des expériences immersives jusque-là inédites.

Si Meta prône l'utilisation principale du métavers à l'aide de casques à réalité augmentée (également appelés casques VR pour Virtual Reality) il ne s'agit pas de l'unique possibilité existante pour explorer ce très vaste univers.

Il y a quelque temps, l'entreprise Manzalab a en effet mis au point une plateforme permettant l'hébergement d'événements virtuels. Baptisée Teemew, elle est compatible avec les PC comme avec les Mac.

Dès lors, si vous étiez convaincu que le métavers serait réservé à des sessions de jeux vidéo immersives, détrompez-vous. L'Internet en 3D pourrait permettre de passer un entretien d'embauche à distance, à l'image de Pôle Emploi qui avait déjà organisé des rencontres entre candidats et entreprises dans ce but.

On peut sans mal imaginer suivre une formation professionnelle dans le métavers, parcourir un lieu historique à distance, profiter d'une exposition culturelle depuis son salon ou encore découvrir et visiter sa future acquisition immobilière sans y mettre réellement les pieds.

Il reste cependant évident que tous les aspects auxquels nous sommes habitués dans la réalité ne pourront pas être transposés dans le métavers. Impossible, par exemple, de partager un repas avec sa famille au grand complet. Le concept de présence de soi et de présence des autres reste un sujet sensible et l'un des freins majeurs de l'usage du métavers.

L’opérateur historique Orange se pose en précurseur du mouvement

logo orange

En février 2022, le gouvernement français avait commandé un rapport sur le métavers. La conclusion en a été pour le moins décevante : il apparaissait clairement que ce concept et les technologies d’immersion qui y sont associés restent encore très, très floues pour beaucoup de monde.

À tel point que le pouvoir exécutif réfléchit encore au bien-fondé (ou non) d’investir pour favoriser l’essor de cet autre univers.

Cela dit, ce n’est apparemment pas le cas de tout le monde. Ainsi, Orange, opérateur historique français, déclarait en octobre dernier par le biais de Michaël Trabbia, son directeur au sein du pôle innovation, « être prêt pour le métavers ».

Selon lui, le groupe possède les ressources requises pour assurer la connectivité indispensable au vécu d’expériences immersives dans le métavers, même s’il reste encore en attente d’une confirmation quant aux possibles retours sur investissement qui seraient réalisables.

Michaël Trabbia a également affirmé que l’objectif actuel d’Orange était de rendre son réseau plus flexible et dynamique, afin de respecter les exigences d’applications compatibles avec le métavers.

Selon le spécialiste du pôle technologie et innovation, plusieurs ingrédients seraient incontournables pour proposer un réseau télécom optimal. À savoir, pour commencer, une large bande passante qu’Orange serait déjà en mesure de fournir par le biais de ses offres 5G et fibre.

M. Trabbia ne s’arrête pas là. Pour garantir la viabilité du métavers, les opérateurs doivent aussi permettre :

  • Un temps de latence extrêmement faible
  • Des services informatiques de pointe
  • Une connexion stable et de haute qualité

Financement, rapidité, développement de l’intelligence artificielle en vue de réduire l’intervention sur site des ingénieurs tech…

Orange semble donc sur la bonne voie pour construire ces réseaux du futur. Le chemin à parcourir pour rendre les infrastructures plus dynamiques risque toutefois d’être encore long.

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