Panne des numéros d’urgence : quelles sont les conclusions du rapport d'Orange ?

Panne des numéros d'urgence

Suite à la panne des numéros d'urgence qui a affecté toute la France le 2 juin, entre 16h45 et minuit, une enquête interne d'Orange a été menée. Les conclusions de ce rapport indiquent que cette panne est due à un bug logiciel qui a empêché 11 800 appels d'aboutir soit 11% du total. Selectra fait le point sur les premières conclusions de cette enquête Orange.


Panne des numéros d'urgence : 11 800 appels manqués et 5 morts

L’Inspection générale du Groupe Orange a rendu les premières conclusions de son enquête internet qui explique que la panne des numéros d'urgence est liée à un "dysfonctionnement logiciel". Cette défaillance a empêché la réception de 11 800 appels aux numéros 15, 17, 18 ou 112 et potentiellement causé 5 morts.

Le rapport d'enquête d'Orange explique le dysfonctionnement logiciel :

Le dysfonctionnement a porté sur l’interconnexion entre les services voix mobile, voix sur IP d’une part et ceux hébergés sur le réseau commuté (la plupart des numéros d’urgence étant sur cette technologie), d’autre part, suite à une opération de modernisation et d’augmentation capacitaire du réseau, débutée début mai, pour répondre à l’accroissement du trafic.

Cette interconnexion des différentes technologies d'appels s'appuie sur une "plateforme de call servers" où le bug logiciel s'est produit. Orange indique que le partenaire fournisseur de ses équipements a identifié le problème et qu'un "correctif a été adressé".

Cette enquête en interne de l'opérateur historique n'est qu'un début puisqu'un audit mené par l'Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) portant sur le "contrôle de la sécurité et de l'intégrité du réseau et des services d'Orange" est aussi prévu. L'entreprise de téléphonie participera aussi à cet audit et ses conclusions sont attendues dans un délai de deux mois.

Stéphane Richard auditionné demain devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée

Pompiers

Déjà convoqué le 3 juin au ministère de l’intérieur, Stéphane Richard, le PDG d'Orange, sera aussi tenu de s'expliquer devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Un chemin de croix pour le patron d'Orange qui est en attente du verdict du procès en appel de Bernard Tapie.

Le parlementaire Roland Lescure présidera cette commission de l'Assemblée nationale et a déjà déclaré sur France Info : "L’Etat a un cahier des charges très clair vis-à-vis d’Orange. Visiblement, il n’a pas été respecté". La pression gouvernementale ne risque pas de fléchir vis-à-vis d'Orange dont l'État est le principal actionnaire avec 23% des parts.

La panne des numéros d'urgence est aussi potentiellement responsable de la mort de quatre personnes dans différentes régions de France (Morbihan, Vendée, Haute-Saône et Bouches-du-Rhône) et une sur l’île de La Réunion. Des enquêtes judiciaires sont en cours et si la culpabilité de l'opérateur est avérée, cela pourrait aussi donner lieu à des poursuites judiciaires.

Une affaire loin d'être terminée donc, le rapport d'Orange prévoit déjà la mise en place de nombreuses mesures parmi lesquelles la décision de "réduire de deux heures à 30 minutes maximum le délai de déclenchement d’une cellule de crise" et la mise en place d'un numéro dédié en cas de panne des numéros d'urgence.

Cette panne a aussi ravivé le débat autour d'un numéro d'urgence unique, le 112, calqué sur le modèle américain et défendu par les sapeurs pompiers mais qui a déclenché une levée de boucliers des urgentistes du SAMU qui estiment qu'une première évaluation médicale est primordiale. Une proposition de loi qui prévoit plusieurs configurations pour un numéro d'urgence unique a déjà été adoptée par l'Assemblée nationale et sera présentée au Sénat à la rentrée.

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