Déploiement de la fibre optique : un million de lignes retardées à cause du coronavirus

Retard du déploiement de la fibre durant l'épidémie de coronavirus

La pandémie de coronavirus a affecté des pans entiers de l'économie et notamment le déploiement de la fibre dans le secteur des télécoms en France. Alors que le plan France Très Haut Débit se soit de raccorder 100% du territoire au très haut débit pour 2022, le coronavirus a provoqué un retard de déploiement d'un million de lignes.


Retard du déploiement de la fibre en 2020 : l'impact du coronavirus estimé à 1 million de lignes

Pour évaluer l'impact du coronavirus dans le secteur du numérique et plus particulièrement le déploiement de la fibre optique, la fédération InfraNum a sollicité une étude de la part des cabinets EY et Tactis dont les conclusions ont été rendues le 15 juin dernier.

L'étude d’impact du Coronavirus sur la filière des infrastructures numériques se base sur un mélange d'entretiens qualitatifs auprès d'un "panel d’acteurs représentatif du secteur" et d'une centaine d'entretiens quantitatifs.

Comme on pouvait s'y attendre, cette crise mondiale Covid-19 sans précédent a fortement ralentie le déploiement de la fibre en France puisque le prévisionnel 2020 du nombre de prises fibres déployées est passé à 4,3 millions. Originellement fixé à 5,3 millions, ce ne sont donc pas moins d'un million de prises optiques en moins pour cette année.

Le secteur du numérique n'a pas été épargné par la crise et la filière des infrastructures numériques a subi de plein fouet les conséquences du coronavirus. L'étude annonce que la baisse du chiffre d'affaire généralisée dans le secteur est de 36% en moyenne. De plus, 30% des entreprises connaissent des difficultés de trésorerie et les surcoûts engendrés par le retard du déploiement de la fibre sont d'environ "20% pendant le confinement, 14% actuellement et un résiduel de 6% au-delà du 4e trimestre 2020." Dans les 6 prochains mois, 11% des entreprises annoncent d'ailleurs envisager des licenciements.

Qu'est-ce que la fédération Infranum ? Anciennement FIRIP, la fédération InfraNum créée en décembre 2012 est composée de plus de 200 entreprises dans le secteur des infrastructures numériques. Elle se dédie à l'aménagement numérique et particulièrement le déploiement de la fibre et de la promotion des métiers et formations qui en découlent.

Le secteur du numérique : une activité essentielle ?

Le coronavirus a remis les choses à plat concernant les secteurs essentiels dans un pays où la population est confinée en temps de pandémie. À côté de l'agroalimentaire, des services postaux ou de santé, le secteur des télécoms est aussi un secteur essentiel comme l'explique Etienne Costes, associé en charge du département télécoms EY :

Quand la quasi-totalité de l’activité française a reposé sur le télétravail, que 92 à 95% de l’éducation est passé par les réseaux, que les téléconsultations médicales ont explosé (multipliées par 110 vs. février) et que le lien avec les personnes fragiles a été maintenu grâce à Internet, il devient évident que les télécommunications, après les secteurs de la santé et de l’alimentation, constituent une activité essentielle.

Le déploiement de la fibre n'a cependant pas pu être maintenu durant cette période de confinement, Infranur a cependant identifié 7 axes pour rattraper ce retard. Plusieurs mesures sont ainsi proposées avec notamment des actions "coup de poing" pour recruter de la main d'oeuvre en améliorant la communication sur les offres d'emploi, favorisant les formations digitales et l'interconnectivité entre formations et filières en difficulté.

De nombreuses autres mesures nécessaires sont mentionnées avec notamment le soutien financier aux TPE/PME fortement vulnérables qui peut prendre plusieurs formes : "avance de phase sur les subventions de l’Etat aux collectivités (via le FSN) de l’ordre de 200 millions d'euros, renforcement des fonds propres des entreprises via un fond de filière et gel des pénalités de retard liées à la crise sanitaire."

Pour relancer le déploiement de la fibre en France cet été, une fluidification des relations entre tous les acteurs est préconisée ainsi qu'une facilitation de tous les types de raccordements : "AG de copropriété, base adresse nationale, supports aériens sur appuis communs, pose en façade, etc".

Une dernière recommandation revient sur le caractère essentiel de l'activité numérique qui devrait être reconnue en tant que telle durant cette période et qui pourrait ainsi être maintenue dans le scénario catastrophe ou un autre confinement serait inévitable :

Comme pour l’eau et l’énergie, l’usager doit avoir un « droit d’accès » au numérique. Et dans ce cas, l’activité de la filière devenant essentielle, elle bénéficierait de garanties renforcées pour assurer la continuité de ses actions en cas de nouvelle crise sanitaire.

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