Le futur de la cybersécurité est-il féminin ?

Le futur de la cybersécurité est-il féminin ?

Où sont les femmes dans le secteur informatique, et plus particulièrement dans la cybersécurité ? Elles sont là, mais bien peu nombreuses. Pour pallier le problème, la Wild Code School fondée par Anna Stépanoff a décidé de proposer une formation 100 % féminine, laquelle est consacrée aux métiers de la cybersécurité. Une démarche nécessaire, alors que les cybermenaces ne cessent d’augmenter dans le monde de l’entreprise.


  • En bref : Wild Code School : féminiser le secteur de la cybersécurité grâce à des formations non mixtes
  • La cybersécurité est l’un des enjeux les plus importants du secteur de l’assurance, aux côtés du réchauffement climatique ;
  • En moyenne, une entreprise subit désormais 29 cyberattaques chaque année, et il est crucial qu’elle soit couverte et préparée face à ces risques. De fait, le nombre de cyberassurances augmente, mais il existe encore un manque dans la mise en place de solutions préventives ;
  • Cela passe notamment par l’embauche d’experts de la cybersécurité, un domaine où seuls 65 % des postes sont pourvus en raison du manque de candidats ;
  • De plus, côté parité, près de 90 % des postes sont occupés par des hommes ;
  • La Wild Code School veut donc remédier au problème, et a décidé de lancer une formation 100 % féminine dédiée aux métiers de la cybersécurité.

Cybersécurité : le secteur assurantiel face à son plus grand défi

La cybersécurité est un enjeu central du secteur assurantiel. Avec la démocratisation de la domotique dans nos vies, et l’intégration de plus en plus importante de l’innovation technologique dans les différents modèles assurantiels, garantir la cybersécurité des consommateurs est crucial.

Selon les chiffres du premier baromètre « Data Breach » par PwC et Bessé, en partenariat avec la Commission nationale de l’informatique et des libertés – ou CNIL –, plus de 1,6 million de personnes étaient concernées par des violations de données personnelles sur une année, tous secteurs d’activité confondus. Cela sous-entend « une violation de la sécurité entraînant, de manière accidentelle ou illicite, la destruction, la perte, l’altération, la divulgation non autorisée de données à caractère personnel transmises, conservées ou traitées d’une autre manière, ou l’accès non autorisé à de telles données » (Art. 4.12 du Règlement général sur la protection des données – dit RGPD).

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Il semble urgent que le secteur assurantiel se protège contre les cybermenaces.

Aujourd’hui, beaucoup s’accordent à dire que trop peu de mesures sont prises par le secteur de l’assurance afin de bien protéger leurs clients. Pourtant, les conséquences de ces failles sécuritaires sont grandes, et pas seulement pour les consommateurs, mais aussi pour les entreprises concernées : impact sur l’activité, atteinte à la réputation, pertes financières, suites judiciaires. Par ailleurs, avec la hausse des cyberattaques visant des entreprises, la demande pour des cyberassurances augmente. L’an dernier, Allianz publiait une étude qui identifiait les cyberincidents comme étant la crainte principale des entreprises en France. De fait, le secteur de l’assurance faisait le constat d’une forte hausse dans la demande de cyberassurances.

S’il est essentiel que les professionnels et les compagnies d’assurance se couvrent, la protection doit avant tout passer par une véritable sensibilisation des entreprises aux enjeux de la cybersécurité, et donc au déploiement de mesures concrètes et de solutions adéquates pour prévenir les cyberattaques. Cela exige donc de faire appel à des experts de la cybersécurité ou même, pour la Wild Code School, à des expertes !

Cyberrisques : le secteur de l’assurance est-il prêt ?Dans son baromètre des risques 2020, Allianz plaçait non seulement les cyberincidents en tête de liste des grands défis des entreprises pour la nouvelle décennie, mais également le réchauffement climatique. L’accent était mis sur le caractère évolutif et exponentiel des cyberrisques. Pour Joachim Müller, directeur général d’Allianz Global Corporate & Specialty – ou AGCS –, « planifier et se préparer aux risques liés aux cybermenaces et au changement climatique est à la fois une question d’avantage concurrentiel et de résilience commerciale à l’ère de la numérisation et du réchauffement climatique. »

Une formation aux métiers de la cybersécurité 100 % féminine

Les métiers de la tech se développent, et pour cause : ils sont aujourd’hui indispensables. En 2013, Anna Stépanoff a fondé la Wild Code School, une école entièrement consacrée à former ses élèves aux métiers numériques. Désormais, celle-ci est présente dans une grosse dizaine de villes partout en France, et des campus ont fleuri dans toute l’Europe – 24 sont présentes en Europe, et 13 rien qu’en France.

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Le chemin vers la parité dans le secteur informatique est encore long.

Anna Stépanoff veut donc œuvrer à la féminisation des métiers en lien avec la cybersécurité. Et cette volonté émerge d’un besoin concret, appuyé par des statistiques désastreuses en matière de parité dans les métiers de la tech. En 2017, Isabelle Collet, maîtresse d’enseignement et de recherche en sciences de l’éducation à l’université de Genève, expliquait ainsi au Monde : « L’informatique est le seul domaine où, après avoir été proportionnellement bien représentée, la part des femmes est en nette régression […] Dans les années 2010, les filières STIC (sciences et technologies de l’information et de la communication) diplôment seulement 11 % de femmes. »

En décembre 2019, la formation en cinq mois nommée « Cyber Sécurité ParisCode » – financée par la Mairie de Paris, Pôle Emploi et Digital Security –, était donc lancée par la Wild Code School. Une promotion exclusivement féminine. Et ce n’était que le début. L’école souhaite faire grandir son programme : « Nous avons fait le choix de rationaliser le temps pour proposer des formations plus efficaces et permettre aux personnes d’être opérationnelles au bout de cinq mois sur ces métiers qui sont en pénurie », a ainsi expliqué Anna Stépanoff à Challenges.

La Wild Code School désire développer deux sessions de sa formation par an. Et celle-ci a de quoi attirer les jeunes talents, avec des salaires mensuels moyens de départ compris entre 2 500 et 3 000 euros. Pour candidater pour la prochaine rentrée, qui se fera le 11 septembre 2020, rendez-vous sur le site officiel de l’école.

  • Métiers de la cybersécurité, quelques chiffres clés de la Wild Code School :
  • Une entreprise subit en moyenne 29 cyberattaques par an ;
  • Seuls 65 % des postes sont pourvus dans la cybersécurité par manque de candidats ;
  • Le secteur de la cybersécurité compte seulement 11 % de femmes salariées.
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