Démocratisation de la domotique : la sécurité des utilisateurs est-elle en danger ?

Alors que la démocratisation des objets connectés se poursuit à travers le monde, le succès grandissant de ces dispositifs fait aussi croître les questions liées au risque sécuritaire et à la confiance des utilisateurs. Une nouvelle étude d’ampleur, réalisée par Avast et l’Université de Stanford, apporte de nouveaux éclairages sur la situation.

Domotique : un marché toujours plus important

L’un des domaines de prédilection de la domotique – et l’un des plus demandés – est sans conteste la sécurité de la population. Les objets connectés nous protègent, et les produits allant en ce sens ont participé et participent encore largement à la démocratisation de l’Internet des objets – ou IoT – auprès du grand public. Un fait attesté par le succès des caméras intelligentes pour l’habitation, par exemple.

Mais au-delà de la sécurité de son chez-soi, la démocratisation de la domotique a permis la popularisation d’équipements très variés, qu’ils soient destinés à notre santé, à nos loisirs ou plus généralement à la vie de tous les jours. En cela, on parle désormais de maison connectée pour désigner les logements équipés d’un écosystème domotique complet, largement automatisé. Plus le temps passe et plus le marché continue de grandir, et les acteurs de se multiplier.

En France, si la population reste majoritairement méfiante à l’égard de ces outils technologiques, une étude de l’institut Sociovision datant de juin 2018 avançait que 72 % des personnes interrogées avaient peur de l’espionnage. Pour autant, la même année, le cabinet IDC estimait que, malgré les réserves actuelles concernant la domotique, le marché mondial de la maison connectée pourrait bien doubler d’ici 2022. Une tendance à la popularisation qui est régulièrement confirmée par les chiffres réalisés par les acteurs du marché, et la prolifération des nouveautés, semaine après semaine.

En juin 2019, une nouvelle étude a fait parler d’elle. Réalisée par l’entreprise Avast – à l’origine du logiciel antivirus du même nom – et l’Université de Stanford, elle vient attester de la vitalité du marché et de la démocratisation de la domotique. Son rapport estime qu’à travers le monde, en moyenne 40 % des ménages possèdent au minimum un objet connecté. L’étude sera présentée le 15 août 2019 à l’occasion de la conférence Usenix Security, mais son rapport de recherche est déjà disponible.

Les données exploitées pour réaliser l’étude ont été fournies par Avast et son WiFi Inspector, lequel permet une analyse du réseau domestique de ses utilisateurs. Par ce biais, il est possible de détecter les failles de sécurités.

Démocratisation domotique : une étude mondiale inédite et importante

Aux États-Unis, où la démocratisation de la domotique est en cours depuis plus longtemps qu’en France, 66 % des ménages posséderaient au moins un objet connecté. En Europe de l’Est, selon l’étude, ce pourcentage serait désormais de 57 %.

Avec l’utilisation de plus en plus généralisée de ces objets intelligents vient la question de la cybersécurité, ainsi que celle de l’augmentation des risques liés à l’usage de ces appareils. L’étude appelée « All Things Considered : An Analysis of IoT Devices on Home Networks » (en français : « Tout bien considéré : Une analyse des solutions IoT sur les réseaux domestiques », est une des études empiriques les plus ambitieuses du marché mondial à ce jour sur le sujet de l’IoT et de ses possesseurs. Parmi les informations les plus intéressantes du rapport, l’on peut citer :


Les solutions garantissant notre sécurité accompagnent-elles la proposition domotique grandissante ?

  • La domination des USA : c’est bel et bien aux États-Unis que l’on retrouve le plus d’objets connectés,
  • La multiplicité des acteurs : le marché domotique regroupe quelque 14 000 fournisseurs dans le monde pour ce qui est des objets connectés. Mais, seuls 100 d’entre eux fabriquent 94 % des objets connectés à l’échelle mondiale, et la moitié de ses 94 % est fabriquée par 10 de ces 100 fournisseurs. Des chiffres qui attestent de la concentration des pouvoirs sur ce marché.
  • Le vieillissement des protocoles : malgré leur vulnérabilité, les protocoles dits « obsolètes » tels que FTP et Telnet sont intégrés par plus de 7 % des objets connectés. Un constat qui vaut aussi pour 15 % des routeurs domestiques. Et c’est l’une des grandes causes de la vulnérabilité des équipements connectés.

Pour la réalisation de l’étude, 16 millions de foyers ont été pris pour sujet, ainsi que leurs quelque 83 millions d’objets connectés, et ce partout dans le monde. L’enjeu pour Avast et Stanford était d’explorer la façon dont se présente la distribution des objets connectés à l’échelle mondiale, et les profils sécuritaires de ceux-ci par catégorie et fabricant.

La question de la sécurité autour de la domotique existe depuis aussi longtemps que la naissance de celle-ci. De même pour les problématiques éthiques qu’elle pose. Le professeur adjoint d’informatique de Stanford, Zakir Durumeric, explique aussi qu’aujourd’hui, l’on manque encore de données à grande échelle concernant les différents types d’objets qu’utilisent les foyers. Un manque que cette étude tente de combler afin de mieux appréhender la démocratisation de la domotique et ses implications en matière de sécurité pour les utilisateurs.

Alors que le marché fait montre d’une grande vitalité, avec des investissements financiers de plus en plus importants dans les domaines de l’Intelligence artificielle – ou IA – et de l’Internet des Objets, les acteurs doivent se confronter à des problématiques clés.

En proposant des technologies leur donnant accès aux données personnelles des utilisateurs, il est de la responsabilité des fabricants de veiller à leur sécurité et de fournir des services adéquats en cas de problème.

Les conclusions de l’étude ont été validées par les équipes de recherche d’Avast et de l’Université de Sanford.

Créé le