Apple poursuit ses avancées dans la santé connectée

L’utilisation de la domotique au quotidien pour améliorer notre bien-être et suivre notre état de santé est désormais courante. Depuis quelques années, Apple multiplie les décisions stratégiques pour s’imposer comme leader de la e-santé, travaillant au développement de solutions connectées et intelligentes auprès de chercheurs et de start-ups spécialisées. Dernière actualité en date : la détection des signes de démence grâce aux objets connectés.

Apple : la santé, l’enjeu central du géant de la tech

Les actualités d’Apple ces dernières années viennent confirmer son ambition sur le long terme : s’imposer comme la marque incontournable du bien-être, mais plus encore de la santé. Au début de l’été, nous parlions notamment sur Selectra de l’intégration prochaine du suivi glycémique en temps réel à son Apple Watch pour les personnes diabétiques, ainsi que de certaines actions stratégiques appuyant sa volonté. En mai 2019, par exemple, l’entreprise de Tim Cook a racheté Tueo Health, une start-up développant une technologie et une application sur smartphone pour le suivi de l’asthme chez les enfants.

Récemment, c’est l’association d’Apple, du groupe Eli Lilly and Company, géant de l’industrie pharmaceutique américaine, et de la start-up Evidation Health qui a attiré l’attention des experts. En effet, durant la conférence annuelle Knowledge Discovery and Data Mining – ou KDD – de 2019, qui se déroulait en Alaska, les deux entreprises ont rendu publique une étude sur laquelle ils ont travaillé ensemble. L’objet de cette enquête ? La prévention des troubles liés à la démence, et donc de la démence elle-même, à l’aide des données recueillies – entre autres – par l’iPhone sur les habitudes de son utilisateur. Ces informations peuvent aussi évidemment provenir d’autres équipements, comme l’Apple Watch, le tracker de sommeil Beddit ou être récoltées grâce à des applications mobiles dédiées.

Une étude plus approfondie nous permettra peut-être de dépister les personnes à risque élevé ou de détecter plus tôt la démence et la maladie d’Alzheimer avec les appareils que nous utilisons dans notre vie quotidienne. Ces premiers résultats suggèrent le potentiel de nouvelles mesures numériques basées sur des données générées et contrôlées par des individus, a expliqué Christine Lemke, cofondatrice et présidente d’Evidation Health.

Durant 12 semaines, dans le cadre de leurs recherches, les scientifiques ont étudié un groupe de 82 personnes en bonne santé et 31 atteintes de différents troubles cognitifs liés à la démence, toutes âgées de 60 à 75 ans.

Au total, cela représente 16 téraoctets de données collectées et analysées.

En ce qui concerne la commercialisation de ces technologies, il faudra attendre encore un peu. Néanmoins, cela n’empêche pas Apple de lancer d’autres services et produits en lien avec la santé en attendant.

Santé connectée : la démence, un problème grandissantD’après les résultats d’une étude publiée en 2018 et menée par l’Université de Melbourne et l’Université de Washington, depuis 1990, les taux mondiaux de démence ont doublé. Entre 1990 et 2016, le nombre de personnes atteintes de démence est passé de 20,2 millions à 43,8 millions.

Santé et domotique : quelles futures sorties pour Apple ?

De telles techniques de prévention de la maladie grâce à la domotique n’en sont encore qu’à leurs débuts. Pour autant, dans le cas de l’identification et la détection des troubles cognitifs légers et les premiers signes d’Alzheimer à un stade peu avancé, les chercheurs de l’étude susmentionnée ont déjà réussi à reconnaître plusieurs d’entre eux : vitesse de frappe sur les touches d’un clavier, recours excessif à certaines applications pour mieux vivre et se faire aider, etc.

Comme toujours se pose la question de la gestion des données personnelles, de leur encadrement légal et des limites morales applicables à ces innovations invasives pour notre intimité. Jusqu’à quel point voulons-nous que des entreprises privées s’immiscent dans nos quotidiens et exploitent nos données à des fins commerciales ? C’est une question que chacun d’entre nous est en droit de se poser.

En attendant la sortie de son tracker de glycémie et de son identificateur des troubles cognitifs, Apple continue de développer et d’améliorer ses services déjà disponibles.

La prochaine mise à jour de l’application santé d’Apple sur iOS 13, qui se fera cet automne, intégrera ainsi de nouvelles mesures pour surveiller sa santé – notamment auditive – et permettra à l’utilisateur d’accéder à davantage de données pour prendre soin de lui. Les résultats seront présentés avec un contexte et une explication sur leur signification. En janvier 2019, le PDG d’Apple Tim Cook expliquait à CNBC que la « plus grande contribution [de son entreprise] à l’humanité » concernerait le domaine de la santé.

Domotique et santé : qui protège nos données ?Comme toujours dans la tech, s’il faut applaudir le progrès et ce qu’il nous apporte au quotidien, il est important de questionner les pratiques des entreprises concernées, lesquelles collectent nos données à l’envi. Pour elles, la santé est un moyen facile d’accéder à de nombreuses informations – que les utilisateurs sont moins récalcitrants à fournir pour prendre soin d’eux –, des informations peuvent revendre à des entités privées telles que celles de l’industrie pharmaceutique ou du secteur des assurances. La démocratisation de la domotique dans la santé pose de nombreuses questions éthiques.

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