Villes intelligentes : des chercheurs proposent quatre modèles pour aider leur développement

La ville de demain semble bel et bien se construire aujourd’hui. Ces dernières années, le développement des villes intelligentes dans le monde s’est accéléré, sans pour autant que les urbanistes n’adoptent de plan spécifique. Des chercheurs américains ont décidé de leur venir en aide en élaborant quatre prototypes de smart cities, à partir desquels les villes pourront travailler.

Villes intelligentes : la recherche à l’aide des urbanistes

Nos quotidiens se connectent, nos maisons aussi, et petit à petit nos villes deviennent intelligentes. Alors que la domotique se démocratise jusqu’à envahir chaque aspect de notre vie et de notre environnement, la recherche, elle, étudie ses effets et ses différentes manifestations.


À quoi ressemblera la ville intelligente du futur ?

Aux États-Unis, à l’Université d’État de Pennsylvanie, une équipe de chercheurs menée par le Dr Krishna Jayakar, professeur de télécommunications, a décidé d’étudier 60 villes intelligentes – appelées smart cities – afin de les comparer. Rien qu’en France, on compte à ce jour 27 agglomérations, communes et villes œuvrant activement à leur transformation en mettant en place des services intelligents à disposition de leurs habitants. Cela peut s’incarner par l’exploitation à grande échelle des nouvelles technologies, de la domotique, de l’intelligence artificielle et du big data. Généralement, l’amélioration des services se concentre sur des secteurs clés d’une ville, à l’instar des transports publics, du traitement des eaux et des déchets, du bâtiment ou encore de l’énergie.

Pour le Dr Krishna Jayakar, « les villes intelligentes sont celles qui utilisent les nouvelles technologies de l’information et des communications pour résoudre des problèmes urgents – tels que le logement, le transport et l’énergie – dans l’urbanisme et la gouvernance ». De fait, ce que recoupe le terme « smart city » est aujourd’hui assez vaste, et les communes qui souhaitent se transformer n’ont pas de guide tout fait pour mettre en pratique ces changements. C’est ce qu’explique donc le chercheur : « le terme “ville intelligente” demeure plus un mot à la mode qu’un programme d’action clairement articulé. Notre recherche vise à trouver des modèles de ville intelligente à partir de la base, en examinant les programmes que les planificateurs municipaux ont effectivement mis en œuvre ».

C’est donc à ce manque que tentent de répondre les chercheurs américains par l’étude comparative de 60 villes à travers le monde. Les catégories sont destinées à aider les urbanistes afin qu’il puisse facilement identifier celle qui correspond le mieux à leur ville, en fonction de ses spécificités et de ses objectifs socioéconomiques.

Villes intelligentes : quatre prototypes de références à consulter

Pour réaliser leur comparatif, les chercheurs ont utilisé un outil statistique, appelé partitionnement de données (cluster analysis), afin d’identifier quels projets sont le plus souvent combinés pour connecter les villes. En somme, déterminer quels secteurs concentrent l’attention des municipalités dans la transition pour devenir des smart cities.

Au total, quatre modèles de smart cities ressortent de l’étude :

  • Le modèle « services essentiels » (Essential Services Model) : ce modèle repose sur l’utilisation des réseaux mobiles pour la gestion des urgences, ainsi que les services de soins de santé. L’étude cite Copenhague et Tokyo en guise d’exemples ;
  • Le modèle « transports intelligents » (Smart Transportation Model) : il s’agit du modèle reposant principalement sur l’amélioration des services de transports par leur fluidification, et donc la lutte contre la congestion urbaine. Ce modèle repose aussi sur l’usage des technologies de l’information et des communications, est-il précisé. L’étude cite Dubaï et Singapour en guise d’exemples ;
  • Le modèle « spectre étendu » (Broad Spectrum Model) : ce modèle englobe plusieurs services urbains : la distribution de l’eau, la gestion des déchets, le traitement des eaux usées, et s’intéresse en particulier aux technologies pouvant limiter la pollution. L’étude cite Barcelone, Pékin et Vancouver en guise d’exemples ;
  • Le modèle « écosystème d’entreprise » (Business Ecosystem Model) : ce modèle se concentre quant à lui sur l’exploitation des technologies de l’information et des communications afin de dynamiser l’activité économique de la ville. L’étude cite Amsterdam, Le Cap et Édimbourg en guise d’exemples.

Les quatre modèles proposés par les chercheurs peuvent être consultés par les villes afin de trouver celui qui leur convient le mieux et ainsi enclencher leur métamorphose en smart city. Ces prototypes leur procurent une base, cohérente par rapport à leur situation socioéconomique, et ce pour développer leur propre plan de transition.

L’étude, intitulée « Identifying smart city archetypes from the bottom up: A content analysis of municipal plans » et originellement publiée le 5 juillet 2019 dans la revue Telecommunications Policy, a été partagée en ce mois d’octobre par le site d’information Science Daily.

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