Et si Angers représentait le futur de la ville connectée française ?

Les enjeux liés à la ville intelligente sont nombreux : économiques, écologiques, sociaux… Et, si les choses sont faites de façon éthique et avec ambition, ces défis peuvent être relevés avec à la clé une optimisation de la qualité de vie des habitants et des infrastructures. Comment mettre en place une politique de la ville connectée à l’ère de la démocratisation de la domotique. Le cas d’Angers pourrait nous mettre sur la voie.

Angers : le futur de la ville intelligente à la française ?

Les choses bougent-elles en France concernant les infrastructures connectées ? Ou plus exactement, sommes-nous sur le chemin de la smart city, autrement dit : de la ville intelligente ?

Si la situation évolue indéniablement vers une démocratisation de la domotique auprès des particuliers, il est aussi intéressant de voir comment cette popularisation de l’Internet des objets s’incarne sur des communes entières. En ce sens, si Dijon est souvent cité comme l’un des exemples de villes intelligentes françaises, le cas d’Angers est aussi particulièrement intéressant, une ville qui depuis 2015 détient le label French Tech.

Située dans l’ouest de la France, cette ville a réussi à faire un peu parler d’elle dans la presse, et ce pour une raison bien précise : sa volonté affichée de passer au monde connecté. En 2017, déjà, Angers était le lieu clé du World Electronic Forum, un rassemblement important lors duquel se retrouvent les grands patrons des entreprises dédiées à l’électronique à l’international. Depuis plusieurs années, les politiques de la ville sont allées dans le sens d’une mise en avant d’Angers et de sa métropole sur le front de l’innovation.

Il faut d’abord construire un socle de territoire intelligent (une plateforme de monitoring) et des infrastructures, puis définir des usages intelligents, grâce à des capteurs, des data, des centres d’hypervision... Nous allons encourager les initiatives d’entreprises innovantes qui viendront se plugger et tester leurs solutions dans un environnement technologique mature, a expliqué Christophe Béchu, le maire d’Angers, à La Tribune.

Comme chaque année, en 2019, le Consumer Electronic Show de Las Vegas qui se déroule en janvier a été l’occasion immanquable pour les grands acteurs de l’électronique de faire des démonstrations de force. Durant le salon, le journal La Tribune avait notamment eu l’opportunité de discuter avec Christophe Béchu, le maire d’Angers depuis 2014 – membre des Républicains – et président de la communauté urbaine. Il a alors pris le temps d’expliquer l’envie d’une démarche concrète à l’échelle du territoire mais aussi de placer la smart city au cœur des ambitions économiques de sa plateforme politique.

  • La smart city, ça sert à quoi ?
  • Amélioration de la qualité de vie des habitants,
  • Automation des services,
  • Réalisation d’économie sur les dépenses énergétiques,
  • Réduction des coûts des services citoyens,
  • Optimisation des dépenses énergétiques à vocation écologique.

Angers : une stratégie de démocratisation domotique précise et sur le long terme


La participation citoyenne pourrait être une des clés dans la démocratisation domotique à l’échelle des villes, créant un engagement à grande échelle et sur la durée.

Les ambitions d’Angers sont donc claires, et si aujourd’hui il n’existe pas à proprement parler de smart cities, les démarches mises en place par la ville française vont dans le sens de la réalisation d’un tel projet, plus si futuriste à ce jour.

Concrétiser ce rêve implique d’injecter de l’argent dans le secteur de l’innovation et de la domotique. Ainsi, Angers projette d’investir quelque 120 millions d’euros en ce sens-là sur les douze prochaines années. Parmi les démarches effectives, l’on pourrait par exemple évoquer l’installation de capteurs à travers la ville afin de surveiller les dépenses énergétiques et le projet d’une tour de contrôle numérique afin de superviser le tout. Cette connectivité étendue pourrait par exemple s’incarner par le remplacement des vieux lampadaires de la ville et l’installation à leur place de luminaires LED avec détecteurs de mouvements, ou même, à grande échelle, à la gestion des déchets urbains.

La clé serait donc d’abord de s’attaquer aux infrastructures, qui définissent le paysage urbain, puis ensuite d’intégrer des solutions connectées aux usages des citoyens au cœur de la ville. Angers avec ses 150 000 habitants et sa métropole de 300 000 habitants rêve grand. Pour autant, la stratégie semble bien rodée. Afin d’être précurseure dans l’Internet des objets, la ville sait qu’il est essentiel d’investir dans les start-ups et de laisser une place importante à l’expérimentation. En cela, elle n’a pas froid aux yeux. Et cette audace permet aussi d’attirer des jeunes générations avec des envies de futurs connectés et des esprits pleins d’idées.


Angers, première smart city française ?

En 2015, le Programme accélérateur de la ville Intelligente et Citoyenne voyait le jour – ou PAVIC (sous un nom alors différent). Cette association offre entre autres une plateforme afin de faciliter l’expérimentation des projets d’IoT et recoupe des acteurs incontournables du secteur. Le but est de donner des moyens à celles et ceux qui n’en ont pas et de booster l’innovation au sein de la ville. Le PAVIC peut à la fois accompagner les entrepreneurs indépendants et les collectivités locales à passer à la domotique, ce qui en soi est une force non négligeable dans une politique économique à l’échelle du territoire. Enfin, l’appui des habitants passe aussi par la mise en place de plateformes collectives décisionnaires comme les budgets participatifs, ce qu’Angers n’a pas manqué de faire.

Il reste donc à voir ce que réservera 2019 pour Angers et quels projets seront portés dans le futur. Cette année devrait entre autres être celle de la création d’un Technocampus, soit un espace dédié à la recherche et à l’entrepreneuriat dans le domaine de la domotique. De quoi offrir un terrain fertile à l’innovation domotique.

Internet des objets : comment financer l’innovation à l’échelle régionale ?En 2015, la Cité de l’objet connecté voyait le jour à Saint-Sylvain-d’Anjou, non loin d’Angers. Cette structure, que l’on appelle plus couramment un incubateur, dévoue son travail à l’innovation domotique. Le but est évidemment de financer des projets en lien avec l’Internet des objets, et de vitaliser l’économie de ce secteur, tout comme l’imagination et les ambitions de ses acteurs. Environ 450 projets auraient bénéficié du soutien de l’incubateur sur les trois dernières années.

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