Le message tombe sans prévenir et prend les allures d'un rappel administratif. Une contravention resterait impayée, une majoration suivrait, et un lien renvoie vers une page aux couleurs de l'État. Cette vague d'hameçonnage usurpe le nom de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions, l'ANTAI, qui édite les avis de contravention.

Un rappel d'amende, une menace de majoration, un lien

Le scénario varie peu. Le SMS annonce une infraction récente : un stationnement ou un excès de vitesse relevé par un radar. Il affiche un montant crédible, souvent quelques dizaines d'euros, jamais une somme qui ferait sursauter.

Vient ensuite la pression. Le message évoque une pénalité automatique, une transmission au Trésor public ou un dossier confié à la justice. L'urgence est le vrai moteur de l'arnaque, car elle pousse à cliquer avant de vérifier quoi que ce soit.

La page qui s'ouvre copie fidèlement un service public : bandeau tricolore, logo, typographie, mentions légales. Elle réclame vos coordonnées bancaires, et souvent davantage. L'ANTAI signale que ces faux sites collectent aussi le numéro fiscal, le numéro de permis de conduire, la carte d'identité ou le certificat de cession du véhicule. Ces données valent parfois plus que le paiement lui-même : elles alimentent d'autres fraudes, comme le détournement de votre numéro de mobile.

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Les signes qui trahissent le faux avis

Le premier indice suffit à trancher : c'est le canal utilisé. Un SMS qui réclame le paiement d'une amende est frauduleux dans tous les cas, quelle que soit la qualité de la mise en page.

Le deuxième se lit dans l'adresse du lien. Ne regardez que le morceau situé entre https:// et la première barre oblique : c'est le domaine, la seule partie qu'un fraudeur ne peut pas usurper. Les 3 adresses officielles sont amendes.gouv.fr pour le paiement, stationnement.gouv.fr pour le stationnement payant et antai.gouv.fr pour la consultation. Une adresse du type antai.gouv.fr.paiement-securise.com n'est pas un site de l'État : seule la fin de l'adresse compte, ici paiement-securise.com.

Collez l'adresse reçue ci-dessous, sans l'ouvrir, pour voir quel domaine se cache derrière.

Domaine réellement visité


Vérification faite dans votre navigateur. Aucune adresse saisie ici n’est envoyée ni conservée.

3 détails achèvent de démasquer le message. Les fautes d'orthographe et les accords approximatifs restent fréquents. Le montant annoncé ne correspond à aucun barème connu. Enfin, le texto ne contient ni numéro de télépaiement ni clé. Ces 2 identifiants sont imprimés sur un vrai avis, et vous les saisissez vous-même au moment de payer.

Ce que l'ANTAI envoie vraiment, et ce qu'elle n'envoie jamais

Sur ce point, l'agence est catégorique, et elle l'écrit sur son site.

Pour information, l'ANTAI n'envoie jamais de SMS.
ANTAI Attention aux SMS, courriels et sites frauduleux, 18 octobre 2024

La nuance est souvent mal comprise. L'ANTAI envoie bien des courriels, dans un cas précis : l'avis de contravention électronique, réservé aux usagers qui ont accepté ce mode de notification. Ces courriels partent d'une seule adresse, [email protected].

Surtout, ces courriels ne réclament aucun paiement immédiat et ne contiennent aucun formulaire bancaire. Ils invitent à ouvrir votre avis au format PDF sur le portail usagers.antai.gouv.fr. Si vous ne l'ouvrez pas sous 7 jours, l'avis part par courrier. La menace d'une pénalité déclenchée par un simple message est donc sans fondement.

La majoration existe, mais elle suit un calendrier écrit sur l'avis. Elle intervient après 45 jours, ou 60 jours si vous payez en ligne. Vous la recevez alors sous la forme d'un nouvel avis officiel.

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Vérifier une amende réelle sans toucher au lien

La méthode tient en une phrase : ne cliquez pas, ouvrez vous-même le site officiel. Tapez amendes.gouv.fr dans la barre d'adresse, ou passez par un favori enregistré.

Sur le vrai site, le paiement exige le numéro de télépaiement et la clé qui figurent sur l'avis papier ou sur son fichier PDF. Sans ces identifiants, aucune transaction n'aboutit. Le faux site saute justement cette étape : il affiche un dossier tout prêt, qui n'existe nulle part.

Une vraie amende se paie aussi par l'application mobile officielle, chez un buraliste agréé, ou par téléphone au 0806 20 30 40, un numéro non surtaxé indiqué par l'ANTAI. Si vous doutez d'un flash récent, notre guide explique comment savoir si vous avez été flashé, et un autre article détaille le délai de réception d'une amende. Pour un avis que vous estimez injustifié, la procédure pour contester un PV passe elle aussi par les canaux officiels.

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Signaler le message et agir vite en cas de paiement

Le signalement prend quelques secondes. Transférez le SMS au 33700, le service de signalement des spams par SMS et par appel. Un message automatique vous demande ensuite le numéro de l'expéditeur, à renvoyer de la même façon. Notre article dédié détaille la marche à suivre pour signaler un SMS frauduleux, et notre liste recense les numéros suspects déjà repérés.

Le faux site se signale sur internet-signalement.gouv.fr, la plateforme du ministère de l'Intérieur citée par l'ANTAI. Le site public cybermalveillance.gouv.fr propose en outre un parcours dédié aux victimes d'hameçonnage.

Si vous avez saisi votre carte, faites immédiatement opposition auprès de votre banque, sans attendre le premier débit. Déposez ensuite plainte en commissariat, en gendarmerie ou en ligne, puis demandez le remboursement par écrit.

Un paiement non autorisé doit vous être remboursé

L'article L133-18 du code monétaire et financier impose à la banque un remboursement rapide des opérations de paiement non autorisées. Elle doit vous rembourser au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant votre signalement, et remettre le compte dans son état d'origine. L'article L133-24 du même code vous laisse 13 mois après le débit pour signaler l'opération, mais mieux vaut ne pas attendre.

La banque peut invoquer une négligence grave de votre part, mais c'est à elle de la prouver. Gardez donc tout : capture du message, adresse exacte du site, heure du paiement, récépissé de plainte. Ces pièces font la différence dans la discussion qui suit.

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