Plusieurs sites de l'État dépendant du ministère de la Transition écologique sont hors service depuis le mercredi 2 septembre. Le ministère a confirmé à l'AFP avoir subi « une attaque informatique sophistiquée la semaine dernière, ciblant des outils de messagerie », et indiqué qu'« un signalement au parquet a été fait ». L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information intervient sur place, « suite à des suspicions de compromission de certains comptes utilisateurs ».

C'est le troisième ministère touché en trois mois, après la Direction générale des finances publiques et l'Éducation nationale. Et cette fois, un pirate affirme publiquement détenir les fichiers du personnel.

Ce que le pirate affirme détenir

La revendication a été publiée le 2 septembre sur un forum criminel, sous le pseudonyme « mondial », et repérée par le site spécialisé FrenchBreaches. Elle porte sur deux fichiers, décrits avec une précision inhabituelle.

Le premier, controleurs.csv, contiendrait 14 656 enregistrements relatifs à des contrôleurs : noms, prénoms, dates de naissance, numéros d'agrément, métiers et fonctions, organismes de rattachement et numéros de téléphone mobile. Le second, all_users.json, porterait sur 8 166 utilisateurs, avec les noms, prénoms, adresses électroniques professionnelles, numéros de téléphone fixe et mobile, matricules professionnels et identifiants de connexion.

L'auteur a publié des extraits des deux ensembles pour appuyer sa revendication. Deux réserves s'imposent toutefois : l'authenticité et l'origine de l'intégralité de ces données restent à confirmer de façon indépendante, et le ministère n'a communiqué aucun chiffre. À ce stade, ce sont les affirmations d'un pirate, pas un bilan officiel.

Notre relevé : les sites régionaux sont toujours à l'arrêt

Nous avons vérifié l'état des services ce jeudi 3 septembre, en fin de matinée. La panne est loin d'être résorbée, contrairement à ce que le silence retombé pourrait laisser croire.

Le site des consultations publiques en matière d'environnement, celui qui permet à chacun de donner son avis sur un projet d'arrêté ou de décret, affiche toujours le même message : « Maintenance en cours. Ce service est en cours de mise à jour. Merci de réessayer plus tard, vous serez bientôt en mesure de réutiliser ce service. »

Capture de la page d'accueil du site des consultations publiques du ministère de la Transition écologique affichant Maintenance en cours
La page servie par le site des consultations publiques, capturée le 3 septembre 2026 à la mi-journée.

Les sites régionaux du ministère, ceux des directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement, sont dans le même état. Sur les treize que nous avons interrogés, onze servent cette page de maintenance et les deux autres ne répondent pas du tout. Aucun n'était revenu à la normale. Vous pouvez refaire le test vous-même, par exemple sur celui des Hauts-de-France ou sur celui d'Occitanie.

État des services du ministère au 3 septembre 2026
ServiceÉtat constaté
Consultations publiques environnementPage de maintenance
Sites régionaux du ministère (13 testés, exemple)11 en maintenance, 2 sans réponse
ecologie.gouv.frFonctionne normalement
MaPrimeRénov'Fonctionne normalement
GéorisquesFonctionne normalement

Relevé Selectra effectué le 3 septembre 2026 en fin de matinée, par interrogation directe des adresses publiques.

Bonne nouvelle dans ce tableau : les services les plus utilisés par le grand public tiennent. Le portail du ministère, la plateforme des aides à la rénovation et le site qui recense les risques naturels d'une adresse répondaient normalement au moment de notre vérification.

Expert disponible

Une connexion fiable pour vos démarches en ligne ?

Un conseiller Selectra compare gratuitement les offres pour vous aider à payer moins cher.

  • Service gratuit Selectra
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

Pourquoi cela vous concerne, même sans être fonctionnaire

Un vol d'annuaire interne paraît lointain. Il ne l'est pas, et la raison tient à la cible choisie : les outils de messagerie. Quand des boîtes professionnelles sont compromises, un escroc n'a plus besoin d'imiter une adresse officielle, il peut écrire depuis une vraie. Et il dispose des noms, des fonctions et des services de rattachement pour rendre le message plausible.

Le scénario n'est pas théorique. Après le vol des données du fisc, de faux courriels reprenant la mise en garde officielle de la DGFiP ont circulé en quelques jours. Nous avions montré comment distinguer le vrai message de l'imitation, et le détail décisif : l'alerte authentique ne contenait aucun lien.

Pour ce ministère, les prétextes crédibles sont faciles à imaginer : une consultation publique à laquelle répondre, un dossier de rénovation énergétique à compléter, un contrôle à justifier. Le réflexe est toujours le même, et il est simple.

  • Ne cliquez jamais sur un lien reçu par courriel pour accéder à un service public. Tapez l'adresse en .gouv.fr vous-même.
  • Une administration ne demande jamais un identifiant, un mot de passe ou une coordonnée bancaire par courriel ou par téléphone.
  • Une urgence assortie d'une menace, amende, suspension de dossier, remboursement à réclamer, est le signal d'alarme le plus fiable.
  • Activez la double authentification partout où c'est proposé, à commencer par votre messagerie.
  • En cas de doute ou de préjudice, passez par le guichet public 17Cyber, gratuit et ouvert à toute heure.

Le fisc, l'école, l'écologie : trois ministères piratés en trois mois

Cette attaque referme une séquence qui n'a laissé aucun répit depuis juin.

Le premier coup a visé le fisc, avec un vol massif portant sur au moins 678 000 particuliers et professionnels, auxquels s'ajoutent 200 000 comptes présents dans les fichiers cadastraux. Nous avons fait le point complet sur ces trois fuites et sur ce qu'elles changent pour votre argent.

Le deuxième a touché l'Éducation nationale. Le ministère a révélé le 31 juillet un vol commis le 25, portant sur des données dont des adresses postales d'un « nombre important » d'agents. À la mi-août, des pirates ont affirmé détenir les données personnelles de plusieurs dizaines de milliers d'enseignants et d'élèves, en particulier dans les académies de Créteil et de Versailles. Nous avions détaillé cet épisode et la réponse du ministère.

S'y ajoute un épisode plus discret : le site Zéro logement vacant, rattaché au ministère de la Ville et du Logement, a été rendu inaccessible dimanche après que les pirates du fisc ont revendiqué le vol de données hébergées sur cette plateforme.

Face à cet enchaînement, le premier ministre Sébastien Lecornu a demandé le 19 août à l'Anssi de constituer une « nouvelle unité cyber », capable d'une « réponse opérationnelle plus réactive ». Il s'agit d'une équipe d'intervention de première ligne, mobilisable dès la suspicion d'atteinte grave à l'intégrité des systèmes de l'État, pendant la crise et après. Le ministère de la Transition écologique est le premier gros dossier depuis cette demande.

Expert disponible

Besoin d'un conseil sur votre offre internet ?

Un conseiller Selectra compare gratuitement les offres pour vous aider à payer moins cher.

  • Service gratuit Selectra
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

Ce qu'il faut attendre maintenant

Deux échéances comptent. La première est technique : le rétablissement des services régionaux, qui dépend de la fin des investigations, l'Anssi prévenant elle-même que ses « mesures de remédiation » peuvent provoquer « l'interruption temporaire de certains services numériques ».

La seconde est juridique. Si des données personnelles ont bien été exfiltrées, le ministère devra notifier la Cnil et informer les personnes concernées. Dans le cas du fisc, ce délai avait fait polémique, les victimes ayant été prévenues sept semaines après les faits. C'est sur ce point qu'il faudra juger la réactivité promise, plus que sur les communiqués.

Une chose est déjà acquise : le silence d'un ministère ne signifie pas que le service est revenu. Onze sites régionaux affichaient encore une page de maintenance ce jeudi.

Expert disponible

Comparer les offres box et fibre disponibles chez vous ?

Un conseiller Selectra compare gratuitement les offres pour vous aider à payer moins cher.

  • Service gratuit Selectra
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

ADSL sans engagement, dès 20,99 € par mois

Boîte Sosh ADSL

Sans engagement 20 Mbit/s 1 Mbit/s WiFi 5
Selectra Score B
20,99 €/mois
Tarifs vérifiés le
1er prix et tarif fixe

RED Box Fibre

Sans engagement 1 Gbit/s 1 Gbit/s WiFi 5
Selectra Score C
22,99 €/mois
Tarifs vérifiés le

Offre 4GFIX Vital

Sans engagement 150 Mbit/s 30 Mbit/s WiFi 6
Selectra Score C
24,90 €/mois puis 29,90 €/mois après 6 mois
Tarifs vérifiés le

Avez-vous trouvé les informations utiles ?

Merci pour votre retour !