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COP 25 2019 à Madrid : la conférence pour le climat

COP 25 2019

Initialement prévue au Chili, la conférence de Santiago sur le changement climatique a été déplacée à Madrid en Espagne. Quels sont les enjeux et les objectifs de cette dernière édition de la convention des parties des Nations Unies ? Doit-on s’attendre à des changements radicaux pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement climatique mondial ? Toutes les alertes sont au rouge pour la COP 25, les promesses seront-elles au rendez-vous ? Focus sur la convention des nations 2019.

COP 25 : de Santiago à Madrid, les enjeux n’ont pas changé

La COP 25 2019 aura bien lieu et ce, aux dates initialement prévues : du 2 au 13 décembre 2019. Seul le lieu change, au lieu de se dérouler à Santiago au Chili, la COP 25 se tiendra à Madrid en Espagne sous la présidence Chilienne comme prévue à l’origine. En cause, une crise sociale similaire aux Gilets Jaunes en France qui secoue la capitale chilienne et a poussé son gouvernement à annuler sa participation en tant qu’hôte au sommet des nations unies pour le climat. Ceci étant dit, si le lieu change, les enjeux restent plus que d’actualité. Et une actualité brûlante, si l’on place le curseur sur les dernières données scientifiques énoncées en septembre 2019.

Les océans au cœur de la lutte pour le réchauffement climatique

Le dernier rapport de septembre 2019 du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est sans équivoque : si rien n’est fait dès aujourd’hui pour réduire les émissions de GES dans le monde, la planète va subir non seulement une hausse de +3°C mais également une catastrophe écologique sans précédent. La hausse des températures atmosphériques impacte la température des eaux. Les conséquences vont être dévastatrices et en particulier pour les océans et la cryosphère (i.e tout ce qui est gelé comme les glaciers, lacs et banquises etc.)

planète carbone

Source de toute vie, l’eau fournit plus de 50% de l’oxygène présente sur Terre. La hausse des températures annoncée va d’une part accentuer la montée du niveau des océans, et d’autres part avoir un impact vital sur la vie présente dans les eaux. L’acidification de l’eau provoquée par les émissions de CO2 et sa désoxygénation vont détruire peu à peu les diverses formes de vie (algues, coraux, planctons etc.), et menacer de ce fait toute la chaîne alimentaire jusqu’aux hommes.

Et cela ne va pas s’arrêter là puisque l’environnement autour des mers et des océans est également concerné : la cryosphère va disparaître à l’image de la fonte des glaciers qui ne va faire que s’accentuer, et les littoraux et îles menacés de submersions marines.

Une augmentation des objectifs des Etats

Les objectifs pris par chaque Etat en matière de quota d’émissions de GES – notamment lors de la COP 21 - doivent être revus à la hausse, pour le bien de la planète et de l’humanité. La Cop 25 va être le théâtre de négociations serrées pour les partisans d’une lutte acharnée contre le réchauffement climatique. Les décisions attendues lors de la Cop 25 étant qu’une large majorité des pays membres s’engagent à doubler leurs objectifs respectifs.

co2 en fumée dans le ciel

Et surtout, une mise en action concrète de ces objectifs. L’Accord de Paris signé en 2015 par les 196 Etats sur 197 que compte la convention cadre des Nations Unies, comporte des objectifs très ambitieux : une réduction de près de 50% des émissions de GES d’ici 2050. Autant dire, que l’urgence est de mise en 2019 !

COP 25 date : Après la COP 24, où en sont les Etats membres ?

Quid des engagements pris lors de la COP 24 censée établir une mise en place de ledit Accord de Paris ?

L’accord de Paris de la COP 21 enfin opérationnel ?

Signé en 2015, l’Accord de Paris s’est retrouvé au centre des enjeux des précédentes COP que sont la COP 23 (2017) et la COP 24 (2018). Ces éditions antérieures furent les lieux de négociations ardues pour adopter une feuille de route concrète sur la mise en œuvre des mesures phares de l’Accord de Paris.

Problème : La COP23 et la COP24 n’ont abouti sur rien de concret et même sur une absence de cohésion de certains pays. A l’image du rétropédalage de la Russie, la Turquie et l’Iran qui n’ont pas ratifié le traité, ou l’Australie qui a revu certains de ses engagements… Et cerise sur le gâteau : les Etats-Unis (1er émetteur de GES dans le monde !) qui ne veulent plus rester dans l’Accord de Paris – Une sortie actée officiellement en novembre 2019. La partie est donc loin d’être gagnée pour les défenseurs de la planète !

Autre problème de taille, le manque de prise de conscience face aux projections des scientifiques du GIEC voire leur contestation par certains chefs d’Etats. Le GIEC tire pourtant la sonnette d’alarme sur le réchauffement climatique. Les projections des scientifiques sont sans équivoque, car au-delà de la fonte des glaciers et de la montée des eaux, c’est la perte de la biodiversité et des catastrophes humanitaires qu’il faut craindre : la montée des océans menace l’existence de certaines îles et littoraux, il faut donc s’attendre à des mouvements de populations et de fortes migrations vers des pays d’accueil. La question n’est pas de savoir comment arrêter la montée des températures, celle-ci aura bien lieu, mais comment enrayer le phénomène pour limiter la casse !

Seulement voilà, face à l’urgence climatique, tous les pays ne sont pas égaux pour mettre en place une ingénierie et des programmes de développement durable. C’est un autre point embarrassant pour l’Organisation des Nations Unies (ONU) : le financement de l’Accord de Paris.

Quid du Fond Verts pour les Climat dans les pays en développement ?

L’accompagnement des pays en développement plus vulnérables face au changement climatique est une nécessité si l’on veut que l’avancée soit efficiente pour la planète. L’enjeu est qu’il ne peut y avoir de lutte à deux vitesses dans la course contre le réchauffement climatique.

picto éolienne

Les Etats membres se sont donc engagés à réunir près de 100 milliards de dollars d’ici 2020. Ce fond monétaire - destiné à accompagner la transition écologique et énergétique des pays démunis – pâtit du climat géopolitique : l’administration Trump en actant la sortie de l’Accord de Paris, a de fait suspendu son financement (3 milliards de promesses de dons). Les pays premiers producteurs d’énergies fossiles – les pays du Golfe et la Russie – n’ont pas voulu y participer. Il est vrai que certains pays d’Europe - comme la France, le Royaume-Uni, la Norvège et la Suède – ont augmenté leur participation respective, mais cela va-t-il suffire dans un contexte de crise climatique sans précédent ?

Toute la question est là et fera sûrement l’objet de débats houleux entre des pays émergents avec de fortes attentes économiques et des pays développés davantage intéressés par leurs problématiques nationales.

Critiques et bilan de la COP 24

La Cop 24 a laissé un goût amer pour beaucoup, et nombres critiques ont jalonné l’après concertation des parties. Parmi lesquelles on peut évoquer :

  • l’absence de prise de conscience – le mépris ? - de certains Etats sur les recommandations des scientifiques du GIEC ;
  • le manque de considération pour certains pays particulièrement touchés par les conséquences actuelles et futures du dérèglement climatique ;
  • malgré l’adoption d’un mode d’emploi de l’Accord de Paris, on note un manque de cohésion entre les Etats souvent centrés sur leurs intérêts économiques au détriment d’un objectif écologique mondial ;

Les objectifs de la France pour la COP 25 sont-ils atteints ?

La France comme tous les pays membres de la Convention des Parties (Convention of parties pour COP) a un certain nombre d’engagements à remplir pour être conformes aux objectifs de réduction de ses émissions de GES. Suit-elle le bon chemin de la transition énergétique ?

La France mauvaise élève européenne

Malgré ses promesses de réduire ses émissions de GES de l’ordre de 40% d’ici 2030 en parallèle d’une baisse de sa consommation d’énergies fossiles de 30%, la France est encore à la traîne et aura du mal à tenir les échéances.

Elle a d’ailleurs été épinglée dans le dernier rapport du Haut Conseil pour le Climat de juin 2019 : en substance, il est reproché à la France son manque d’actions concrètes pour boucler son programme « budget carbone 2015-2018 ». Ce budget prévoit une baisse annuelle de -3%, or elle atteint à peine -1% sur cette période. La France va devoir mettre les bouchées doubles voire triples pour atteindre ses objectifs de réduction de GES d’ici 2050 (diviser par 6 ses émissions de GES par rapport au niveau de 1990). Et être en accord avec les engagements pris pour atteindre la neutralité carbone.

En cause, le secteur du transport routier dont les émissions de dioxyde d’azote n’ont pas baissé depuis 10 ans (près 122 millions de tonnes en 2016), et le secteur du bâtiment dont les programmes de rénovation de la performance énergétique ne sont pas assez nombreux (pour rappel, les passoires thermiques représentent près de 7.5 millions de logements avec une norme DPE de niveau F ou G).

La France a été condamnée également par la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) en octobre 2019 pour « […] manquement aux obligations issues de la directive qualité de l’air » de 2008. La pollution de la qualité de l’air, outre la conséquence environnementale, a un impact sanitaire important sur la population.

Comment peut-on réduire sa consommation d’énergie ?

Tout le monde peut à son niveau réduire son empreinte carbone et prendre le chemin de la transition énergétique en France. A l’heure des différentes marches pour le climat et du mouvement de la jeunesse pour secouer les dirigeants du monde entier, c’est une nécessité et non plus un choix que d’apporter sa pierre à l’édifice.

Comment agir concrètement pour le Climat ?

Différentes éco-gestes du quotidien peuvent être accomplis pour réduire sa consommation d’énergie sans pour autant totalement bouleverser sa vie. Après tout, le changement est généralement bénéfique !

  • baisser le chauffage de 1°C dans les pièces à vivre, c’est 7% d'économies réalisées ;
  • entreprendre des travaux d’isolation du logement pour moins chauffer et avoir moins recours à la climatisation en été. Ces travaux peuvent être financés tout ou en grande partie par des dispositifs financiers tels que la prime énergie, le coup de pouce isolation ou les crédits d’impôt ;
  • remplacer son mode de chauffage par un dispositif plus économe et écologique. Les dispositifs financiers – nombreux - sont similaires à ceux des travaux d’isolation (coup de pouce chauffage, prime énergie etc.);
  • utiliser des coupe-circuits pour les appareils électriques en veille ;
  • résilier son abonnement d'énergie actuel pour une offre d'électricité verte ;
  • consommer des produits avec moins d’emballages plastiques ;
  • acheter des produits alimentaires locavores ;
  • changer son mode de transport : voiture électrique, vélo, transport en commun, covoiturage ;
  • privilégier le train à l’avion lorsque les trajets le permettent ;
  • etc.

Les COP 24, 21 etc., définition et historique

Les COP se sont succédées depuis 1992, date du premier engagement pour le climat : le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro. Pendant des décennies, ces réunions internationales ont été jalonnées d’avancées, de mises en doute et de reculs sur le plan de la lutte contre le dérèglement climatique. Pourquoi et qu’est-ce que veut dire une COP ? Quelle est son utilité et peut-on s’en passer ?

C’est quoi une COP ?

Mains planète

Le terme COP veut dire Conférence des Parties (conference of parties en ang.), soit en tant que Parties, les pays membres de l’Organisation des Nations Unies (ONU) ayant adopté la Convention-cadre contre le changement climatique.

Cette rencontre internationale annuelle se déroule dans un pays différent chaque année. Pour exemple, la COP 25 devait initialement se faire au Brésil, puis au Chili suite au refus du nouveau président Bolsenaro et enfin en Espagne. Une situation inédite, certes, qui ne devrait toutefois pas faire perdre de vue l’objectif principal : la mise en place d’actions concrètes en termes d’économies d’énergie, de développement des énergies renouvelables etc. pour réduire le réchauffement climatique mondial.

Appelés également les conférences pour le climat, les COP se sont succédées pendant plus de 20 ans en réunissant un parterre d’acteurs variés - des représentants de chaque pays membres, des scientifiques, des ONG et des entreprises privées – réunis pour trouver un consensus sur des problématiques dépassant largement le cadre écologique.

Toutes ces parties ont un rôle à jouer pour arbitrer sur les mesures à mettre en place, qui répondent à des objectifs communs mais également propres à chaque pays. En effet, parmi les 200 pays intervenant lors d’une COP, beaucoup n’ont pas les mêmes quotas d’émissions de GES à respecter, ni les mêmes moyens financiers pour les mettre en place.

Parmi les différentes COP, on peut en citer deux comme étant historiques dans leurs objectifs :

Logo COP 21

  • le protocole de Kyoto de 1997 qui signe de manière officielle de la prise de conscience des Etats sur le rôle joué par les émissions de GES d’origines anthropiques sur le réchauffement climatique. Ce traité est aussi le premier du genre à contraindre juridiquement les 37 pays signataires à baisser leurs émissions de GES de 5% par rapport à une année de référence 1990. Cet objectif a été atteint et reconduit jusqu’en 2020. L’objectif est là beaucoup plus ambitieux puisque la baisse des émissions demandées est de 18% par rapport à 1990 ;
  • l’Accord de Paris lors de la COP 21 en 2015 a réussi le challenge de mettre d’accord 195 pays sur la question du Climat. Historique par sa forme, il l’est aussi par le fond puisque tous les pays signataires s’engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre afin de maintenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2°C ;

Pourquoi est-il urgent d’agir pour le climat ?

S’il y a un argument à mettre en avant pour tous les climato-sceptiques de l’hexagone : tout ce que l’on a aujourd’hui est voué à disparaître, et ce sur le court-moyen terme. Jamais dans l’histoire de l’humanité, l’impact des activités humaines n’aura eu autant de conséquences.

En l’espace de moins de 2 siècles, depuis la révolution industrielle précisément, la température moyenne de la Terre ne cesse d’augmenter. En cause, l’augmentation de l’effet de serre, pourtant un phénomène naturel, accentué lui par des phénomènes qui ne sont loin d'être naturels : les activités anthropiques. Cette augmentation de la température (de l’ordre de 1°C dont 0.5°C entre 1970-2010 !) est trop rapide pour que les populations puissent s’adapter.

Les conséquences néfastes ne vont faire que s’accentuer au fil du temps : multiplication des évènements météorologistes (ouragans, tornades, inondations, sécheresse), mouvements migratoires, crises économiques, guerres etc.

Il est plus qu’urgent de réagir et d’agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, d’autant plus que les énergies fossiles sont vouées à une disparation avant la fin du 21e siècle. Revoir nos modes de vie et notre façon de consommer est une priorité. Et celle-ci ne peut que se faire qu’avec la participation de tous – citoyens, entreprises, gouvernement. La résilience vis-à-vis du changement climatique peut permettre d’avancer et ce, efficacement vers une adaptation salutaire. On ne peut stopper le changement climatique, à nous d’en ralentir les impacts et surtout trouver des solutions alternatives pour s’y adapter.

Le marché de l’Energie par exemple a besoin de restructurations fondamentales, rapides et efficientes, et de se tourner vers les énergies renouvelables. Les politiques climatiques doivent être encouragées et se développer vers le plus grand nombre.

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