🔥 Remplacer sa chaudière par une pompe à chaleur : combien de classes de DPE en plus ?
Selon une analyse de 8 000 simulations d'artisans réalisée par la société CASAM, remplacer une chaudière au gaz ou au fioul par une pompe à chaleur assurant le chauffage et l'eau chaude fait gagner au moins deux classes de DPE dans 75 % des cas. Avec la réforme du coefficient électrique prévue en 2027, certains logements pourraient même en gagner trois.
Points clés
- Dans 75 % des cas, passer d'une chaudière à une pompe à chaleur (chauffage et eau chaude) ferait gagner au moins deux classes de DPE, selon CASAM ;
- la réforme du coefficient électrique (de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027) peut porter le gain à trois classes pour certains logements ;
- double effet : la facture d'énergie baisse et l'étiquette DPE grimpe ;
- CASAM est un acteur commercial (il fournit des simulations à des fabricants de pompes à chaleur comme Mitsubishi Electric ou Atlantic) : ces gains sont une modélisation, pas une garantie ;
- les propriétaires déjà tout électrique, eux, profitent surtout de l'attestation gratuite (voir notre décryptage dédié).
Le chiffre est frappant, mais il mérite d'être décortiqué : une partie du gain vient du remplacement lui-même, l'autre du coup de pouce réglementaire de 2027. Voici ce qui se joue vraiment.
Pourquoi la réforme 2027 amplifie le gain d'une pompe à chaleur
Le DPE compte chaque kilowattheure d'électricité en énergie primaire. En abaissant ce coefficient de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027, la consommation affichée d'un logement électrique baisse d'environ 10 %, et de près de 26 % au total depuis la méthode d'avant 2026. Pour une pompe à chaleur, déjà très efficace, cet abattement s'ajoute au gain de performance de l'équipement : le même appareil « pèse » encore moins sur l'étiquette.
Cette baisse du coefficient est encore au stade du projet d'arrêté, soumis à consultation publique jusqu'au 6 août 2026 pour une entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2027. Nous en avons détaillé le mécanisme et les gagnants dans notre décryptage sur le nouveau coefficient électrique du DPE. Ici, l'angle est différent : ce que la réforme change pour qui veut changer de chauffage.
Le double gain : facture allégée et meilleure étiquette
Le remplacement d'une chaudière fossile par une pompe à chaleur agit sur deux tableaux à la fois. Il réduit la facture, car une pompe à chaleur restitue plusieurs kilowattheures de chaleur pour un seul consommé. Et il fait grimper l'étiquette DPE, désormais amplifiée par le coefficient 2027. Ce cumul est précisément ce que vise le gouvernement pour accélérer la sortie du fioul et du gaz.
Prenons Karim et Sophie, propriétaires d'un pavillon des années 1990 chauffé au fioul, classé E près de Tours. En installant une pompe à chaleur air-eau pour le chauffage et l'eau chaude, ils passent en C selon la simulation de leur artisan, et allègent nettement leur facture dès le premier hiver. Leur cas illustre le double bénéfice, sans en faire une promesse universelle : le gain réel dépend du bâti et de la situation de départ.
Pour qui le gain est réel (et pour qui il ne l'est pas)
Tous les logements ne sont pas logés à la même enseigne. Le coefficient seul ne fait bouger que les logements électriques ; le vrai saut de classes suppose, lui, de remplacer un chauffage fossile. Le tableau ci-dessous résume l'effet du seul changement de coefficient selon le mode de chauffage, d'après les simulations de CASAM.
| Mode de chauffage | Consommation DPE | Classe |
|---|---|---|
| Électrique ou pompe à chaleur | environ −26 % | +1 classe |
| Électrique + appoint granulés | environ −20 % | +1 classe |
| Gaz ou fioul avec appoint électrique | environ −7 % | inchangé |
| Gaz ou fioul seul | environ −1 % | inchangé |
Source : CASAM, exemples de simulations sur logiciels DPE (juillet 2026). Valeurs indicatives, hors travaux, non garanties.
La lecture est nette. Un logement déjà tout électrique gagne environ une classe grâce au coefficient, sans rien faire : c'est l'objet de notre décryptage sur la sortie du statut de passoire sans travaux. Un logement au gaz ou au fioul ne gagne quasiment rien tant qu'il garde son chauffage : pour lui, la vraie bascule est le passage à la pompe à chaleur, qui cumule alors gain de performance et coefficient. C'est là que se logent les deux à trois classes annoncées.
Un point de vigilance : un coefficient qui reste contestable
CASAM pointe aussi une fragilité juridique. Le coefficient de l'électricité est encadré au niveau européen : la directive sur l'efficacité énergétique retient une valeur par défaut de 1,9, et un État membre peut en choisir une autre à condition de la justifier sur des bases techniques transparentes et vérifiables. Selon Julien Besnard, dirigeant de CASAM, l'État présente surtout cette baisse comme une nécessité liée à sa stratégie d'électrification, une justification qui, en l'état, pourrait exposer le texte à une contestation.
À prendre pour ce que c'est : l'analyse d'un acteur privé, sur un texte encore en consultation. Rien n'est acquis avant la publication au Journal officiel, que nous suivrons dans nos actualités de la rénovation énergétique.
En pratique : attestation gratuite et aides pour la pompe à chaleur
Deux réflexes utiles. D'abord, pour l'étiquette : à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, aucun nouveau diagnostic ne sera nécessaire pour bénéficier du coefficient. Il suffira de saisir le numéro de son DPE sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME pour télécharger une attestation officielle à jour, valable pour les diagnostics réalisés depuis juillet 2021. Ensuite, pour le chauffage : un projet de pompe à chaleur peut mobiliser MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie.
Notre conseil
Avant de signer, faites chiffrer votre projet et vérifiez le gain de classe attendu sur un DPE projeté. Comparez ensuite le coût et les aides d'une pompe à chaleur : le double gain facture plus étiquette ne vaut que si l'équipement est bien dimensionné.
Questions fréquentes
Combien de classes de DPE gagne-t-on avec une pompe à chaleur ?
Selon CASAM, remplacer une chaudière par une pompe à chaleur assurant chauffage et eau chaude fait gagner au moins deux classes dans 75 % des cas, et jusqu'à trois avec le coefficient 2027. Ce sont des modélisations : le gain réel dépend du bâti, de l'isolation et de la classe de départ.
La réforme du coefficient suffit-elle sans changer de chauffage ?
Pour un logement déjà tout électrique, le coefficient 2027 fait gagner environ une classe sans travaux. Pour un logement au gaz ou au fioul, il ne change quasiment rien : seul le passage à un chauffage électrique performant, comme la pompe à chaleur, déclenche un vrai saut de classes.
Faut-il refaire un DPE après la réforme ?
Non. Une attestation officielle à jour sera téléchargeable gratuitement sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME dès le 1ᵉʳ janvier 2027, sans repayer de diagnostic, pour tout DPE réalisé depuis juillet 2021.
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