🔢 De 1,9 à 1,7 : ce que change le nouveau coefficient du DPE

Le ministère de la Transition écologique a soumis à consultation, du 9 juillet au 6 août 2026, le projet d'arrêté qui abaisse le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire de 1,9 à 1,7. Conséquence au 1ᵉʳ janvier 2027 : la note DPE des logements chauffés à l'électricité s'améliore mécaniquement, sans le moindre chantier.

Points clés

  • Le coefficient électricité du DPE passera de 1,9 à 1,7 au 1ᵉʳ janvier 2027 ;
  • la consultation publique s'est achevée le 6 août 2026, et sa synthèse publiée le 13 août maintient la valeur de 1,7 ;
  • les premières estimations évoquent 300 000 à 500 000 logements sortis du statut de passoire, dont environ 125 000 locations privées ;
  • l'attestation mise à jour sera gratuite via l'observatoire de l'ADEME, sans refaire de diagnostic ;
  • les logements chauffés au gaz ou au fioul ne sont pas concernés.

C'est la troisième baisse de ce coefficient en six ans. Hérité des années 1970 à 2,58, il est passé à 2,3 en 2021, puis à 1,9 au 1ᵉʳ janvier 2026, pour refléter un mix électrique largement décarboné. Le gouvernement assume l'objectif : accélérer l'électrification du chauffage. À ne pas confondre avec le rééquilibrage du DPE qui avait déjà sorti 850 000 logements du statut de passoire : cette fois, seul le facteur électricité bouge.

🏠 Qui gagne, qui ne gagne pas : le match électricité contre gaz et fioul

Le DPE se calcule en énergie primaire : chaque kilowattheure d'électricité consommé compte aujourd'hui pour 1,9. En passant à 1,7, la consommation affichée des logements chauffés par radiateurs électriques, pompe à chaleur ou chauffe-eau électrique baisse d'environ 10 % d'un trait de plume. Selon Révolution Énergétique, près d'un tiers des passoires chauffées à l'électricité changeraient ainsi de classe.

Prenez Léa, propriétaire d'un T3 des années 1980 classé F, chauffé par radiateurs électriques. Au 1ᵉʳ janvier 2027, son logement repasserait en E sans qu'elle ait engagé un seul chantier : elle échapperait au gel des loyers et, si la loi Relance du logement votée au Sénat aboutit, elle cumulerait deux portes de sortie. Les propriétaires chauffés au gaz ou au fioul, eux, ne gagnent rien : l'écart réglementaire avec l'électrique se creuse encore.

✅ Attestation gratuite : comment récupérer sa nouvelle étiquette

Aucun nouveau diagnostic à payer. À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, il suffira de saisir le numéro de son DPE sur l'observatoire DPE-Audit de l'ADEME pour télécharger gratuitement une attestation officielle à jour, valable pour tous les diagnostics réalisés depuis juillet 2021. Les audits énergétiques réglementaires suivent la même mécanique, y compris pour un dossier MaPrimeRénov' déposé après cette date, et la durée de validité du DPE d'origine ne change pas. La synthèse ajoute une précision juridique : pour les DPE, cette attestation fera foi pour justifier du nouvel état de performance énergétique.

⚖️ 78 avis défavorables, et le texte ne bouge pas

Le ministère a mis en ligne le 13 août 2026 la synthèse de la consultation publique sur le coefficient électrique du DPE. Elle recense 110 contributions, dont 108 uniques : 78 défavorables et 29 favorables. Le gouvernement maintient malgré tout la valeur à 1,7, une réforme qui « vise donc à soutenir l'électrification des usages ».

Le reproche dominant n'est pas technique mais économique : 71 contributions pointent les conséquences pour la filière et pour les ménages, dont le risque d'électrifier un logement sans l'avoir isolé d'abord. La synthèse leur répond en rappelant deux dispositifs déjà en place, MaPrimeRénov' pour les rénovations d'ampleur et le gel des loyers qui protège les locataires des logements F et G.

Un point à ne pas confondre : le texte DPE publié au Journal officiel le 13 août n'est pas celui-ci. C'est un autre arrêté, celui qui crée la mention « A0 » des bâtiments à émissions nulles. Le projet sur le coefficient, lui, garde la même date de cible, le 1ᵉʳ janvier 2027.

Prudence tout de même : à ce stade, il s'agit toujours d'un projet d'arrêté. Le Conseil supérieur de l'énergie l'a examiné le 23 juillet, indique Révolution Énergétique, et la consultation s'est achevée le 6 août : rien ne sera acquis avant la parution au Journal officiel, que nous suivons.

Votre logement resterait F ou G même à 1,7 ?

Le coefficient ne fait pas tout : pour les passoires chauffées au gaz ou au fioul, et pour les logements électriques les plus énergivores, la sortie du statut passe toujours par les travaux. Faites le point avec un DPE récent, priorisez l'isolation, puis mobilisez les aides à la rénovation pour chiffrer le projet.

La suite (avis du Conseil supérieur de l'énergie, parution au Journal officiel) est à retrouver dans nos actualités de la rénovation énergétique.

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