Points clés
🔑 L'essentiel à retenir
- Les saisines liées au photovoltaïque ont été multipliées par six entre 2022 et 2025, selon le médiateur national de l'énergie ;
- Un seul installateur, JPME, est passé de 190 saisines en 2024 à 580 en 2025 avant de perdre son agrément ;
- Le marché a explosé : près d'un million d'installations photovoltaïques chez les particuliers, dont 800 000 en autoconsommation ;
- Après un démarchage à domicile, vous avez 14 jours pour vous rétracter sans justification ;
- La plupart des recours sont gratuits : rétractation, médiateur national de l'énergie, SignalConso.
🚨 Pourquoi les litiges solaires explosent en 2026
Les litiges autour du photovoltaïque résidentiel n'ont jamais été aussi nombreux. Selon le médiateur national de l'énergie, les saisines liées aux panneaux solaires ont été multipliées par six entre 2022 et 2025. En cause : un parc qui a explosé, avec près d'un million d'installations chez les particuliers, et une réforme de juin 2026 qui a relancé le démarchage agressif.
Le cas le plus emblématique est celui de l'installateur JPME : ses saisines auprès du médiateur sont passées de 190 en 2024 à 580 en 2025, avant qu'il ne perde son agrément, laissant des milliers de clients sans interlocuteur. Retards de raccordement, dossiers Consuel incomplets, mises en service qui traînent : les déboires se multiplient à mesure que le marché grossit.
La loi se durcit contre le démarchage abusif
Le législateur a réagi. La loi du 30 juin 2025 contre les fraudes aux aides publiques interdit déjà le démarchage non sollicité (téléphone, SMS, e-mail, réseaux sociaux) pour la rénovation énergétique. Surtout, à partir du 11 août 2026, tout démarchage téléphonique sans consentement préalable sera interdit, tous secteurs confondus. La même loi limite la sous-traitance à deux rangs depuis le 1er janvier 2026, et imposera le label RGE à l'entreprise qui facture les travaux dès le 1er janvier 2027 (source : service-public.fr).
⚠️ Les litiges les plus fréquents
Derrière la hausse des litiges, on retrouve toujours les mêmes situations. La plupart démarrent par un démarchage à domicile ou téléphonique, suivi d'une signature précipitée. Voici les quatre cas les plus souvent signalés aux associations de consommateurs et au médiateur de l'énergie en 2026 :
- Le démarchage abusif et le crédit déguisé : signature le jour même, « bon d'étude » qui cache en réalité un prêt à la consommation à taux élevé ;
- L'installateur défaillant ou en faillite : chantier abandonné, garanties envolées, comme dans le cas JPME ;
- Les retards de raccordement et de mise en service : plusieurs mois sans produire ni revendre, avec une perte financière à la clé ;
- Les promesses de rendement intenables : factures censées tomber à zéro, autoconsommation totale annoncée sans batterie.
Pour le détail de chaque arnaque et des pièges classiques (panneau « gratuit » ou « à 1 euro », faux partenaires EDF), consultez notre guide complet des arnaques aux panneaux solaires.
🛡️ Comment réagir : vos recours étape par étape
Si vous êtes déjà engagé ou victime, plusieurs recours existent, et la plupart sont gratuits. Le premier réflexe dépend du délai : après un démarchage à domicile, vous disposez de 14 jours pour vous rétracter sans justification (article L221-18 du Code de la consommation). Passé ce délai, d'autres voies restent ouvertes.
- 1 Faire jouer la rétractation : 14 jours à compter du lendemain de la signature, par lettre recommandée. Si l'installateur ne vous a pas informé de ce droit, le délai grimpe à 12 mois ;
- 2 Mettre l'installateur en demeure par écrit de terminer ou de reprendre le chantier ;
- 3 Saisir le médiateur national de l'énergie (gratuit) pour un litige de raccordement ou de rachat du surplus avec EDF OA ;
- 4 Signaler l'entreprise sur SignalConso et à la DGCCRF en cas de pratique commerciale trompeuse ;
- 5 Se rapprocher d'une association de consommateurs agréée, voire saisir la justice pour les montants importants.
Deux interlocuteurs publics centralisent ces démarches : le médiateur national de l'énergie pour les litiges de raccordement et de rachat, et SignalConso pour les pratiques commerciales abusives.
Cas concret
Un démarchage signé, puis annulé à temps
Sophie, en Haute-Garonne, signe un bon de commande de 21 000 € pour une installation photovoltaïque lors d'un démarchage à domicile, sans aucun devis comparatif. En relisant les documents le lendemain, elle découvre un crédit à la consommation joint au contrat. Elle envoie sa rétractation par lettre recommandée dès le 9e jour : dans les 14 jours légaux, l'opération est annulée sans frais, crédit compris.
✅ Les réflexes avant de signer
La meilleure protection reste la prévention. Les services publics ne démarchent jamais à domicile : toute sollicitation spontanée doit éveiller la méfiance. Avant de signer un devis solaire, prenez le temps de vérifier l'entreprise et de comparer plusieurs offres :
- Ne jamais signer ni payer le jour même d'un démarchage ;
- Vérifier la certification RGE de l'installateur sur l'annuaire officiel France Rénov' ;
- Demander au moins trois devis détaillés et les comparer ligne à ligne ;
- Se méfier de toute promesse de gratuité, de rendement garanti ou de facture ramenée à zéro ;
- Lire chaque ligne du bon de commande, y compris la mention d'un éventuel crédit.
La certification RGE conditionne aussi vos aides : sans elle, pas de TVA à 5,5 % ni de contrat de rachat du surplus. Notre guide de l'artisan RGE explique comment la vérifier sur l'annuaire France Rénov'.
❓ Vos questions sur les litiges solaires en 2026
Que faire si j'ai été victime d'une arnaque aux panneaux solaires ?
Si le démarchage date de moins de 14 jours, exercez votre droit de rétractation par lettre recommandée : le contrat et le crédit éventuel sont annulés sans frais. Au-delà, mettez l'installateur en demeure par écrit, saisissez le médiateur national de l'énergie (gratuit), signalez l'entreprise sur SignalConso et à la DGCCRF, et rapprochez-vous d'une association de consommateurs agréée.
Quel est le délai pour se rétracter après un démarchage à domicile ?
Le délai légal est de 14 jours, à compter du lendemain de la signature du contrat ou de la livraison du bien (articles L221-18 et L221-19 du Code de la consommation). Si le professionnel ne vous a pas informé de ce droit, le délai est prolongé jusqu'à 12 mois.
Mon installateur de panneaux solaires a fait faillite, que faire ?
Déclarez votre créance auprès du mandataire judiciaire de l'entreprise. Pour la garantie des équipements, contactez directement les fabricants des panneaux et de l'onduleur, dont les garanties sont indépendantes de l'installateur. Pour finir le raccordement, un autre professionnel RGE peut reprendre le dossier ; le médiateur national de l'énergie aide à débloquer la mise en service avec EDF OA.
Comment vérifier qu'un installateur de panneaux solaires est fiable ?
Vérifiez sa certification RGE sur l'annuaire officiel France Rénov', exigez au moins trois devis détaillés, et ne signez jamais le jour même d'un démarchage. Méfiez-vous des promesses de gratuité ou de rendement garanti, et vérifiez l'absence d'un crédit caché dans le bon de commande.
À qui s'adresser pour un litige sur le rachat du surplus avec EDF OA ?
Le médiateur national de l'énergie est l'interlocuteur dédié aux litiges de raccordement et de rachat du surplus avec EDF OA. Sa saisine est gratuite et se fait en ligne, après une première réclamation écrite restée sans réponse satisfaisante sous deux mois.
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