Les réserves de gaz européennes abordent l’automne à un niveau que le continent n’avait plus connu depuis des années. Derrière la moyenne se cache pourtant un écart considérable entre pays, et c’est lui qui compte pour votre facture : la France remplit correctement ses stocks, mais elle paiera le prix d’un marché où son voisin allemand est à moitié vide.

Gaz −25 %

sur le prix du kWh vs Prix Repère Gaz Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre Avantage Gaz 2 ans de EDF et le Prix Repère Gaz publié par la CRE (consommation de référence 5 420 kWh/an (appartement chauffé au gaz), zone tarifaire 1). Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

Votre remise est disponible par téléphone

Contactez Selectra pour en profiter dès maintenant !

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Sans coupure

Où en sont vraiment les stocks, pays par pays

Au 31 août, les stockages français étaient remplis à 71,3 %, soit 88,3 TWh sur une capacité utile de 123,9 TWh. La France se situe donc au-dessus de la moyenne de l’Union, qui s’établit à 65,4 %. Mais la moyenne masque des écarts considérables, et la comparaison avec l’an dernier est sans appel.

Remplissage des stockages de gaz au 31 août 2026
Pays31 août 202631 août 2025Écart
Union européenne65,4 %77,7 %−12,2 pt
France71,3 %86,5 %−15,2 pt
Allemagne53,3 %71,0 %−17,7 pt
Italie83,1 %89,1 %−6,0 pt
Espagne73,5 %85,3 %−11,9 pt
Autriche66,8 %81,3 %−14,5 pt
Belgique55,1 %90,9 %−35,8 pt
Pays-Bas47,3 %64,8 %−17,5 pt
Pologne93,5 %89,9 %+3,6 pt

Source : plateforme AGSI+ de Gas Infrastructure Europe, relevés du 31 août 2026 et du 31 août 2025.

Deux enseignements sautent aux yeux. D’abord, presque tous les pays sont nettement en dessous de leur niveau de l’an dernier à la même date : la Belgique perd près de 36 points, l’Allemagne et les Pays-Bas plus de 17. Ensuite, une seule exception, la Pologne, qui progresse de 3,6 points et affiche le meilleur taux du continent.

Le cas allemand pèse plus lourd que les autres, pour une raison mécanique : avec près de 247 TWh de capacité utile, l’Allemagne dispose du plus grand parc de stockage d’Europe, deux fois celui de la France. Ses 53,3 % représentent donc un déficit en volume bien supérieur à celui de n’importe quel voisin, et c’est lui qui tire la moyenne européenne vers le bas.

Ces chiffres sont publiés chaque jour par la plateforme AGSI de Gas Infrastructure Europe, alimentée par les opérateurs de stockage eux-mêmes.

La règle européenne de remplissage, et la souplesse qu’elle autorise

Les obligations de remplissage sont fixées par le règlement européen sur le stockage de gaz. L’objectif est de 90 % de la capacité, et depuis la révision de 2025, il peut être atteint à n’importe quel moment entre le 1er octobre et le 1er décembre plutôt qu’à une date unique. Le dispositif court jusqu’au 31 décembre 2027.

Le texte prévoit en outre une marge : un État membre peut s’écarter de dix points en cas de conditions de marché difficiles, ce qui ramène le seuil à 80 %. La Commission peut élargir cette flexibilité si les tensions persistent.

Cette souplesse a un intérêt direct pour le consommateur. Une obligation rigide, à date fixe, oblige les acheteurs européens à se fournir quoi qu’il en coûte pendant l’été, ce que les vendeurs anticipent : la contrainte réglementaire devient elle-même un facteur de hausse des prix. En élargissant la fenêtre et en tolérant un écart, la règle permet d’étaler les achats et d’éviter que le remplissage ne se paie au pire moment.

Expert disponible Nos conseillers vous rappellent

Votre offre suivra-t-elle la hausse de cet hiver ?

Un conseiller Selectra compare gratuitement les offres de gaz et vous indique celle qui protège le mieux votre facture avant l’hiver.

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

01 88 24 13 65

La vraie cause : l’Europe achète désormais au prix mondial

Le niveau des stocks n’est qu’un symptôme. La cause tient à la façon dont l’Europe s’approvisionne depuis qu’elle a rompu avec le gaz russe. Le gaz naturel liquéfié représente environ 45 % des importations européennes, contre une part bien plus faible avant 2022.

La différence est décisive. Un gazoduc relie deux points fixes par un contrat de long terme, souvent indexé et prévisible. Un méthanier, lui, se dirige vers le port qui paie le plus. Quand une vague de froid frappe l’Asie, les cargaisons changent de cap et l’Europe doit surenchérir pour les retenir. En sortant du gaz russe, le continent a gagné en indépendance politique ce qu’il a perdu en protection tarifaire : il est désormais exposé au prix mondial.

Cette exposition est ce qui transforme la crise du détroit d’Ormuz en hausse de facture pour un foyer français. Les exportations qataries de gaz liquéfié sont à l’arrêt depuis fin février, et le marché européen absorbe le choc directement, sans amortisseur contractuel.

La nuance que le chiffre brut ne dit pas

Comparer les stocks d’aujourd’hui à ceux de 2021 en térawattheures donne une image trompeuse, pour une raison simple : l’Europe consomme nettement moins de gaz qu’avant. D’après le suivi de la demande européenne de gaz publié par l’institut Bruegel, la consommation de l’Union est restée en 2025 inférieure de 17 % à la moyenne des années 2019 à 2021, soit 835 TWh de moins. Le recul tient aux prix, à l’efficacité énergétique et à la substitution par les renouvelables.

Des stocks plus bas en volume ne signifient donc pas mécaniquement une couverture plus faible en nombre de jours de consommation. Mais l’argument a ses limites : les obligations de remplissage ont été renforcées précisément parce que le gaz liquéfié offre moins de souplesse que les anciens contrats par gazoduc. Le stockage joue aujourd’hui un rôle d’amortisseur plus important qu’avant, pas moins.

Reste le facteur que personne ne maîtrise : la météo. Un hiver doux passera sans encombre. Un hiver froid, avec des stocks européens entamés et une Allemagne en retard, ferait grimper les prix sur un marché déjà tendu.

Ce que cela change sur votre facture

Le lien est direct, et il est déjà visible. Le prix repère se construit sur les cotations des mois précédents. Les achats faits cet automne pour terminer le remplissage, aux prix élevés actuels, alimenteront donc les barèmes de l’hiver.

La mécanique s’est déjà enclenchée. Selon nos calculs, le prix repère atteindra un record absolu au 1er octobre : pour un foyer chauffé au gaz consommant 10 000 kWh par an, la facture théorique passera de 1 705 € en septembre à 1 812 €, soit 107 € de plus. Sur douze mois, l’écart est bien plus large : la même facture s’élevait à 1 364 € en octobre 2025. Elle aura donc gagné 448 € en un an, près d’un tiers.

Reste à comprendre pourquoi des stocks allemands vides concernent un foyer français. Chaque pays a son propre marché de gros : la France cote au PEG, l’Allemagne au THE, les Pays-Bas au TTF, et c’est bien le PEG qui sert de base au prix repère. Mais ces places ne sont pas des îles. Les interconnexions permettent au gaz de circuler vers le pays qui paie le plus, si bien que les écarts entre hubs voisins se limitent à quelques euros par mégawattheure, sauf congestion du réseau.

Conséquence : un déficit allemand tend l’ensemble du système nord-ouest européen et tire le PEG vers le haut avec lui. Des stockages français bien remplis sécurisent donc l’approvisionnement physique, pas le prix. C’est la limite de l’argument rassurant selon lequel la France passera l’hiver : elle le passera sans doute sans rupture, mais pas sans facture.

Ce que vous pouvez faire d’ici l’hiver

Une seule mécanique permet de sortir du calendrier mensuel du prix du gaz : l’offre à prix fixe, qui gèle le prix du kilowattheure hors taxes pour un, deux ou trois ans. Le verrou ne porte pas sur les taxes ni sur l’acheminement, et il joue dans les deux sens si les cours refluent. Pour un particulier, changer de fournisseur reste gratuit et sans pénalité, y compris en cours de contrat.

Le classement ci-dessous affiche les offres de gaz à prix fixe du moment. Toutes ne figent pas la même chose : certaines bloquent le kilowattheure mais pas l’abonnement, à vérifier offre par offre. Si les grilles vous rebutent, un conseiller Selectra fait le point gratuitement avec vous au 01 88 24 13 65.

Meilleur prix

Classement par prix annuel TTC croissant (du moins cher au plus cher).

La coche Selectra signale un fournisseur partenaire : l'appel est alors pris en charge par le centre d'appels interne de Selectra. Les numéros sans cette coche renvoient directement vers le fournisseur.

Simulation pour 10 000 kWh/an de gaz, prix TTC.

Expert disponible Nos conseillers vous rappellent

Bloquer votre prix du gaz avant la saison de chauffe ?

Selectra prend en charge gratuitement toute la démarche, sans coupure ni frais, et vous restez libre de changer d’avis ensuite.

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

01 88 24 13 65

L’Europe abordera donc l’hiver avec des réserves inégales et une règle qu’elle a elle-même assouplie pour ne pas alimenter la flambée qu’elle cherchait à éviter. Pour un foyer français, la conclusion pratique tient en une phrase : le niveau des stocks nationaux ne dit rien de ce que coûtera le chauffage, parce que le prix se fixe à l’échelle du continent. Un passage par un comparateur d’offres permet de mesurer, sur votre propre consommation, ce que votre contrat actuel vous coûtera si l’hiver est froid.

Avez-vous trouvé les informations utiles ?

Merci pour votre retour !