Un four encastrable se branche sur une prise de courant, la hotte aussi. Une table à induction pleine largeur, non. Elle réclame à elle seule le double de ce qu'une prise standard accepte, et la norme lui réserve un circuit qui ne dessert rien d'autre.

Le raccourci existe pourtant dans les cuisines anciennes : la fiche posée sur la prise du plan de travail, parfois via un adaptateur. Le danger ne vient pas de la table, il vient du contact de la prise, qui n'a jamais été calibré pour ce courant. Un contact forcé s'échauffe, puis se dégrade. Promotelec décrit où mène une prise dégradée.

Une prise électrique en mauvais état peut entraîner des courts-circuits, des chocs électriques et même un début d'incendie.
Promotelec Prises électriques anciennes : les signes d'alerte à ne pas ignorer

La proportion compte autant que l'alerte. Une table posée sur son circuit dédié de 32 A ne présente pas ce risque. Le câble de 6 mm², le disjoncteur et le différentiel sont dimensionnés pour ce courant. Le risque naît du branchement sur une prise standard, pas de l'induction.

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Ce que l'induction appelle, ce qu'une prise standard accepte

Une table à induction Bosch de 60 cm affiche une puissance de raccordement de 7,4 kW, soit environ 32 A sous 230 V. Son plus grand foyer monte seul à 2,6 kW, et 3,7 kW en PowerBoost, d'après la fiche du modèle PIJ63KBB5E.

Une prise de courant domestique, elle, est calibrée à 16 A, soit 3 680 W. Un seul foyer poussé au maximum dépasse donc déjà ce que la prise entière admet, et deux foyers en booster atteignent 7,4 kW, soit le double. Le plafond des multiprises est le même.

L'induction est le cas le plus exposé de la famille. La fiche d'une vitrocéramique Bosch de 60 cm annonce 6,6 kW de raccordement et une zone maximale de 2,2 kW. Aucune de ses zones n'approche le plafond d'une prise. Un foyer à induction en booster le franchit à lui seul. Notre comparatif des plaques de cuisson chiffre leur consommation annuelle.

Ce que la cuisson appelle, ce que la prise admet
ÉlémentPuissanceIntensité sous 230 V
Prise domestique3 680 W16,0 A
Zone la plus puissante d'une vitrocéramique2 200 W9,6 A
Un foyer à induction en PowerBoost3 700 W16,1 A
Circuit spécialisé de 32 A7 360 W32,0 A
Raccordement de la table à induction7 400 W32,2 A

Fiches techniques Bosch PIJ63KBB5E et PKE645CA1E, documentation Legrand. Puissances et intensités ramenées à 230 V par Selectra.

Ce que la norme réserve à la cuisson

La norme NF C 15-100 classe la cuisson parmi les circuits spécialisés : un circuit qui part du tableau et n'alimente que lui. Legrand le chiffre dans sa fiche sur le disjoncteur des plaques à induction. Il faut un disjoncteur de 32 A et un câble de 6 mm², soit 7 360 W admissibles sous 230 V, le double d'une prise. Les 7,4 kW annoncés par Bosch y tiennent grâce au bridage détaillé plus bas.

S'y ajoute une protection différentielle de 30 mA de type A, imposée à la plaque parce que son électronique produit des courants continus qu'un différentiel ordinaire détecte mal. Ce circuit ne dépend pas de l'appareil posé le jour des travaux, rappelle Promotelec.

Ce circuit spécialisé 32 A de section de conducteur 6 mm² est obligatoire dans tous les cas, y compris dans le cas d'une cuisinière gaz, en prévision d'un changement d'équipement.
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Ce n'est pas la plaque qui chauffe la prise

Une prise n'est pas un fil continu, c'est un contact. Deux lames de métal pincent les broches de la fiche, et ce contact présente une petite résistance. Toute résistance traversée par du courant chauffe. Le socle reste calibré à 16 A même quand le circuit de la cuisine est protégé à 20 A. Selon ce calibre, la prise peut chauffer sans que le disjoncteur bronche.

Cette chaleur croît comme le carré de l'intensité : doubler le courant quadruple l'échauffement du contact. Une lame détendue ou une vis de bornier desserrée aggravent encore le phénomène. La table, elle, ne ressent rien et poursuit la cuisson pendant que le point faible s'échauffe derrière le meuble.

Promotelec décrit la même chaîne pour une multiprise surchargée. La chaleur excessive dans les câbles électriques « peut dégrader les matériaux, provoquer des courts-circuits et, dans certains cas, causer un incendie », écrit Promotelec. Legrand tient le même raisonnement pour le conducteur. À propos des plaques à induction, le fabricant écrit qu'un bon disjoncteur « branché à l'aide d'un câble inadéquat pourrait provoquer l'échauffement de celui-ci… et potentiellement un début d'incendie ». Le mécanisme ne dépend pas du support. Il dépend du courant qui traverse un contact trop petit pour lui.

  • La prise ou la fiche reste tiède, voire chaude, après une cuisson.
  • Le plastique jaunit, puis brunit autour des alvéoles.
  • Une odeur de plastique chaud apparaît près du plan de travail.
  • Le disjoncteur du circuit saute au moment précis où le booster démarre.

Une prise qui chauffe ne se surveille pas

Un contact échauffé ne revient pas à son état d'origine : l'échauffement s'aggrave à chaque cuisson. Coupez le circuit au tableau et cessez d'utiliser cette prise.

La coupure aide à situer le défaut. Un disjoncteur divisionnaire qui saute désigne le circuit de la plaque. Une coupure de tout le logement renvoie à la puissance souscrite. Nos articles sur le booster de l'induction et sur le disjoncteur qui saute avec un climatiseur détaillent la différence.

Une cuisine ancienne où le circuit n'existe pas

Le cas est fréquent dans les cuisines d'avant l'induction. Promotelec cite le baromètre de l'Observatoire national de la sécurité électrique. En 2022, 153 100 sinistres d'incendies d'habitation ont été déclarés auprès des assurances, et « entre 20 et 35 % sont de source électrique ». Le baromètre 2025 du même observatoire ajoute que 82,6 % des installations de plus de 15 ans comportent au moins une anomalie.

Ces chiffres portent sur tout le parc de logements, pas sur la cuisson seule. Ils situent le terrain : une prise sollicitée à 16 A par une table à induction se trouve souvent dans une installation qui accumule déjà d'autres défauts.

Le câble n'y est pas facultatif. Legrand indique qu'un ancien conducteur de 2,5 mm² doit être remplacé par du 6 mm². Changer le seul disjoncteur ne sert à rien : c'est le câble qui fixe le courant admissible, pas la protection posée devant lui.

Les travaux tiennent en trois gestes. Libérer un module au tableau électrique pour le disjoncteur de 32 A. Tirer le câble jusqu'à la cuisine. Remplacer la prise par une boîte de connexion, derrière le meuble. Le devis se joue sur le deuxième geste : en goulotte apparente, le passage se compte en heures ; encastré, en journées. Seul un électricien qui voit la cuisine peut le chiffrer.

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Fiche moulée, câble nu, et la trace écrite

Une exception existe, et elle est étroite. Les tables deux foyers de type domino, plafonnées autour de 3 500 W, sont parfois livrées avec une fiche. Elles se branchent alors sur une prise, à condition que le circuit qui l'alimente ne desserve rien d'autre. La marge reste mince : 3 500 W laissent moins de 200 W avant le plafond. Cette tolérance ne s'étend pas à une table pleine largeur.

Les tables pleine largeur arrivent d'ailleurs sans fiche. Bosch livre un câble de raccordement de 1,1 m à relier dans une boîte de connexion, par un professionnel. Il n'existe pas de prise renforcée pour la cuisson. Le seul socle prévu pour ce courant est la prise 32 A, réservée aux cuisinières mobiles. Une table encastrée, elle, se raccorde dans une boîte de connexion.

La même fiche Bosch documente une fonction PowerManagement, qui réduit la puissance de la table pour convenir à toute installation. Elle abaisse le plafond appelé, elle ne crée pas le circuit que la norme réclame.

Reste la trace écrite : l'attestation de conformité visée par le Consuel. Elle est obligatoire pour un logement neuf et pour une rénovation totale ayant exigé une mise hors tension par Enedis. En rénovation partielle, elle se demande volontairement. Elle atteste, des années plus tard, que le circuit a été posé au bon calibre.

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