Un étendoir sur le balcon, des draps à la fenêtre : beaucoup de ménages sèchent leur linge dehors pour éviter de lancer le sèche-linge. Aucune loi nationale ne l'interdit. Deux textes locaux peuvent pourtant le faire à votre adresse : un arrêté du maire et le règlement de copropriété. Le premier expose à une amende qui peut atteindre 150 €. Le chiffre de 38 €, qui circule encore, est périmé depuis 2022. Voici comment savoir ce qui s'applique chez vous.

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Étendre son linge dehors : ce que prévoit la loi nationale

En principe, vous avez le droit d'étendre votre linge à la fenêtre ou sur votre balcon, que vous soyez propriétaire ou locataire. Aucun texte national ne l'interdit. Ce droit connaît toutefois quelques limites : le règlement de copropriété, la sécurité et les règles d'urbanisme locales peuvent l'encadrer.

La sécurité est la seule limite qui vaut partout. Une pince qui lâche, une serviette emportée par le vent, un étendoir mal fixé qui bascule : la personne qui a étendu le linge répond des dommages causés par sa chute, qu'il s'agisse d'un passant blessé ou d'une voiture abîmée. Un étendoir bien arrimé, à l'intérieur du garde-corps, écarte l'essentiel du risque.

Arrêté du maire : pourquoi l'amende peut atteindre 150 €

L'amende peut atteindre 150 € parce qu'ignorer un arrêté de police, c'est-à-dire une règle locale prise par le maire, constitue une contravention de 2e classe depuis février 2022. Un maire peut ainsi encadrer le linge aux fenêtres et aux balcons. Ce plafond n'a rien de propre au linge : il vaut pour tous les arrêtés de police.

Le pouvoir du maire vient du Code général des collectivités territoriales, qui lui confie le bon ordre, la sécurité et la salubrité publiques. Le texte cite même l'interdiction d'exposer aux fenêtres ce qui pourrait blesser en tombant.

La sanction, elle, est fixée par l'article R610-5 du Code pénal. Il classe le non-respect d'un arrêté de police parmi les contraventions de 2e classe, dont le montant maximal est de 150 €. Ce niveau s'applique depuis le décret du 15 février 2022. Avant le 17 février 2022, la même infraction relevait de la 1re classe, plafonnée à 38 €.

Pas question ici d'une amende à payer tout de suite, comme pour un stationnement : l'infraction ne figure pas dans la liste des contraventions qui se règlent par un forfait. La police municipale ou le garde champêtre peut dresser un procès-verbal. C'est ensuite le juge qui fixe le montant, dans la limite de 150 €.

Il n'existe pas de liste nationale des communes concernées. Un cas récent vient du Rhône : Thizy-les-Bourgs a signé le 8 septembre 2026 un arrêté qui interdirait le linge et les objets suspendus aux fenêtres, balcons et façades visibles depuis la rue, selon LyonMag. Les étendoirs y resteraient permis sur le balcon s'ils ne dépassent pas le garde-corps. Cette tolérance est propre à cet arrêté, car chaque commune rédige le sien.

En copropriété, le règlement peut aussi l'interdire

En immeuble, le règlement de copropriété peut interdire ou limiter l'étendage aux fenêtres et aux balcons, même si la mairie ne dit rien. La loi du 10 juillet 1965 l'autorise à fixer les règles d'usage des logements et des balcons, tant qu'elles restent cohérentes avec la vocation de l'immeuble. Le locataire doit s'y conformer comme le propriétaire.

Même sans clause écrite, une installation peut être interdite si elle nuit à l'harmonie de l'immeuble. C'est le cas d'un balcon très encombré et visible, ou d'un étendoir qui dépare nettement la façade d'un immeuble de standing.

La sanction n'est pas une amende. Le syndic commence en général par une mise en demeure, un courrier officiel qui vous demande de vous mettre en règle. Si rien ne change, le syndicat des copropriétaires peut ensuite agir en justice.

Comment vérifier si vous avez le droit d'étendre chez vous

Deux lectures suffisent : les arrêtés de votre mairie, puis le règlement de copropriété si vous vivez en immeuble. Si aucun des deux n'interdit le linge visible de la rue, vous pouvez étendre librement, à condition que rien ne puisse tomber sur la voie publique.

01

Consulter les arrêtés de votre mairie

Ils sont publiés sur le site internet de la commune, ou affichés en mairie dans certaines communes de moins de 3 500 habitants. La mairie les communique aussi sur simple demande.

02

Relire votre règlement de copropriété

Cherchez la clause sur l'usage des logements ou l'aspect des façades. En cas de doute, interrogez le syndic. Si vous êtes locataire, demandez le document à votre bailleur.

03

Adapter l'installation si c'est interdit

Un étendoir posé au sol du balcon, invisible de la rue, peut rester une solution, à condition que le texte local ne l'exclue pas.

Si le linge doit finalement rentrer, la question devient celle de la facture, surtout au moment où le chauffage se rallume.

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Si c'est interdit : ce que coûte le séchage à l'intérieur

Dans un logement chauffé à l'électricité, un étendoir intérieur revient selon notre calcul à environ 0,28 € par machine, soit près de 22 € sur une saison de chauffe. Dehors, le séchage ne consomme aucun kWh. À l'intérieur, l'eau qui s'évapore du linge refroidit la pièce, et le chauffage compense.

Cette eau ne disparaît pas pour autant. Elle passe dans l'air, se dépose sur les vitres et entretient l'humidité du logement, qui favorise les moisissures. Étendez de préférence dans une pièce aérée, loin de la chambre où vous dormez.

Le sèche-linge prend souvent le relais. Il consomme en moyenne 301 kWh par an, soit environ 60,23 € au tarif réglementé en option Base. Le déshumidificateur posé à côté de l'étendoir n'est pas la parade qu'il paraît : il peut consommer davantage qu'un sèche-linge à pompe à chaleur pour la même lessive.

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Sèche-linge allumé jusqu'au printemps : payez-vous le bon prix du kWh ?

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Sécher plus vite : deux réglages qui allègent la facture

Deux réglages réduisent la facture de séchage : un essorage plus fort sur le lave-linge et, au moment de changer d'appareil, un sèche-linge à pompe à chaleur. Le premier ne coûte rien. Plus l'essorage est fort, moins il reste d'eau à évaporer, que le linge sèche sur un étendoir ou dans un tambour. Passer de 1 000 à 1 400 tours par minute fait gagner environ 24 minutes de séchage sur une charge de 7 kg, hors linge délicat.

Un sèche-linge à pompe à chaleur coûte plus cher à l'achat, mais se rembourse en 2 à 4 ans face à un modèle à condensation classique, s'il tourne environ 3 fois par semaine. Reste le prix du kWh, qui compte à chaque cycle : comparer les offres d'électricité du marché permet de vérifier que le vôtre reste compétitif.

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