Les Français voient la hausse arriver. Selon une étude YouGov publiée le 23 juillet 2026, 81 % d’entre eux s’attendent à payer plus cher leur énergie d’ici deux ans. Mais le même sondage révèle un réflexe déroutant : la moitié d’entre eux ne voit toujours aucun intérêt à changer de fournisseur. Un paradoxe qui coûte cher, et qui s’explique par trois freins bien identifiés.

ÉLECTRICITÉ −16 % sur le prix du kWh vs tarif réglementé
Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre Confort+ de Primeo Energie et celui du tarif réglementé de vente (TRV) en vigueur, à option tarifaire (Base) et puissance (6 kVA) identiques. Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

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81 % s’attendent à payer plus cher, et ils ont raison

L’étude menée par YouGov auprès de 1 000 Français dresse le portrait d’un pays qui a intégré l’idée que l’énergie coûtera plus cher. 81 % anticipent une hausse de leur facture au cours des deux prochaines années, et 73 % estiment que les tensions géopolitiques pèsent sur leur quotidien.

Cette intuition n’a rien d’irrationnel : elle est confirmée par le calendrier officiel. Les tarifs réglementés de l’électricité ont augmenté de 2,5 % le 1er août 2026, et une nouvelle hausse est déjà programmée pour février 2027. Les personnes interrogées ne redoutent donc pas un scénario hypothétique, elles décrivent une trajectoire déjà écrite.

Le prix écrase tous les autres critères

Quand il s’agit de choisir un fournisseur, la hiérarchie est sans appel. Le prix arrive en tête pour 70 % des sondés, très loin devant la réputation de la marque (32 %) et la qualité du service client (29 %). L’origine renouvelable de l’énergie ne pèse, elle, que 10 %.

La confiance, en revanche, reste très inégalement répartie. Les opérateurs nationaux ou semi-publics recueillent 39 % de confiance, contre 22 % pour les grandes compagnies pétrolières et seulement 10 % pour les fournisseurs alternatifs. Côté image de marque, EDF domine avec 57 %, devant Engie (33 %) et TotalEnergies (30 %).

Ces chiffres mesurent une perception, pas une facture. Un fournisseur très connu n’est pas mécaniquement le moins cher, et un acteur plus discret n’est pas plus risqué : tous sont soumis aux mêmes obligations, et l’électricité livrée est rigoureusement identique, puisqu’elle emprunte le même réseau.

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Le paradoxe : ils redoutent la hausse, mais ne bougent pas

C’est le résultat le plus frappant de l’étude. Alors que 81 % anticipent une facture plus lourde, 50 % des Français déclarent ne pas voir l’intérêt de changer de fournisseur. Seuls 18 % ont déjà franchi le pas, et 9 % envisagent de le faire dans les douze prochains mois.

L’inertie s’explique en partie par la satisfaction : 54 % se disent contents de leur fournisseur actuel. Mais les deux autres motifs cités sont d’une nature très différente. 29 % jugent les offres trop difficiles à comparer et 22 % redoutent des complications administratives. Ce ne sont pas des choix, ce sont des obstacles.

Les trois freins passés au crible

« Les offres sont trop difficiles à comparer » (29 %). C’est le frein le plus fondé, tant les grilles diffèrent. Il existe pourtant un étalon simple : le tarif réglementé de vente, révisé par les pouvoirs publics, sert de référence commune. Comparer le prix du kilowattheure d’une offre à celui du tarif réglementé, à puissance et option identiques, suffit à situer une proposition en quelques secondes.

« J’ai peur des démarches » (22 %). Ce frein repose sur une idée fausse. Changer de fournisseur ne provoque aucune coupure et n’exige aucune intervention technique : le compteur, le réseau et le gestionnaire de distribution restent les mêmes. C’est le nouveau fournisseur qui résilie l’ancien contrat. La démarche est gratuite, sans engagement, et rien n’interdit de revenir ensuite au tarif réglementé.

« Je n’y vois pas d’intérêt » (50 %). C’est le plus coûteux des trois, car il se vérifie en quelques minutes. L’écart entre le tarif réglementé et les offres de marché les moins chères se lit directement dans un comparateur d’offres, et il se chiffre chaque année en dizaines d’euros. Pour un foyer qui n’a jamais changé depuis l’ouverture du marché, l’addition sur plusieurs années devient loin d’être anecdotique.

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Ce que les Français font déjà pour compenser

Faute de changer de contrat, beaucoup ajustent leurs usages. L’étude montre que 47 % ont réduit ou envisagent de réduire leurs déplacements en voiture, 22 % se tournent davantage vers les transports en commun et 14 % réfléchissent à l’achat d’un véhicule électrique ou hybride. L’effort porte donc surtout sur la consommation, rarement sur le contrat.

L’étude dessine finalement le portrait d’un consommateur lucide sur la hausse à venir, mais résigné devant le seul levier qui lui appartienne vraiment. Anticiper une facture plus lourde sans vérifier son contrat revient à subir deux fois la même augmentation.

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