Geoffroy et sa femme emménagent à l'été 2022, dans une maison de Tournai, en Belgique, équipée de 28 panneaux solaires. Quatre ans plus tard, leur fournisseur leur réclame plus de 54 000 € d'électricité. Le compteur a enregistré 65 000 kWh, soit dix fois la consommation d'un foyer ordinaire, et personne, à ce jour, n'a su dire d'où ils viennent.

Électricité −9 %

sur le prix du kWh vs tarif réglementé Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre Online & Green de Mint Énergie et celui du tarif réglementé de vente (TRV) en vigueur, à option tarifaire (Base) et puissance (9 kVA) identiques. Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

Votre remise est disponible par téléphone

Contactez Selectra pour en profiter dès maintenant !

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Sans coupure

Tout commence par un appel téléphonique

À peine installé, le père de famille fait le nécessaire pour ouvrir son contrat d'électricité. Au bout du fil, un conseiller lui fait souscrire une offre à un tarif cinq fois supérieur au tarif moyen de l'époque, en insistant pour qu'il signe sans prendre le temps de comparer les autres propositions.

Sur le moment, la scène n'a rien de spectaculaire. C'est pourtant le premier élément d'une addition qui va devenir démesurée.

Un premier signal, dès septembre

Quelques semaines plus tard, une conseillère rappelle la famille pour l'avertir : sa consommation dépasse très largement la moyenne. Geoffroy fait alors procéder aux vérifications d'usage. Rien n'est détecté, ni sur le compteur, ni sur l'installation.

L'alerte reste sans suite. La consommation, elle, continue de courir.

21 000 €, puis 51 494 €

En décembre 2023 arrive la première facture, et elle porte un montant à cinq chiffres : 21 000 €. « Au début, on rigole parce qu'on se dit qu'il y a une erreur, que c'est une blague », raconte le père de famille.

Ce n'en était pas une. Le total réclamé n'a cessé de grossir depuis, pour atteindre 51 494 €, et dépasser les 54 000 € en incluant les frais. Une somme qui vaut le prix d'une voiture neuve, pour de l'électricité que la famille dit n'avoir jamais consommée.

65 000 kWh, dans une maison qui produit sa propre électricité

C'est le détail qui rend l'affaire incompréhensible. Un logement français moyen consomme de l'ordre de 4 700 kWh par an hors chauffage électrique, et une maison entièrement chauffée à l'électricité tourne autour de 12 000 à 15 000 kWh. Les relevés de cette maison affichent plus de 65 000 kWh.

Et le toit porte 28 panneaux photovoltaïques. La maison produit donc une partie de ce qu'elle consomme : sa facture devrait être inférieure à celle d'un logement comparable, pas dix fois supérieure.

Un professionnel de la fédération des électriciens, qui a épluché le dossier, ne cache pas sa perplexité : « en treize ans de carrière, c'est la première fois que je vois un montant pareil ». Il évoque un dysfonctionnement du compteur ou de l'installation électrique. Les deux ont déjà été contrôlés, plusieurs fois, sans rien révéler.

Quatre ans plus tard, toujours aucune explication

Faute de réponse, la famille a fini par prendre les choses en main : elle a changé de fournisseur et le compteur a été remplacé. Depuis, sa consommation serait redescendue à moins de 5 € par jour, un niveau parfaitement ordinaire.

Ce retour à la normale ne dit pas ce qui s'est passé pendant quatre ans, et il ne solde pas l'ardoise. Le montant reste réclamé, et le dossier n'est pas clos.

Expert disponible Nos conseillers vous rappellent

Votre facture d'électricité vous paraît anormale ?

Un conseiller Selectra compare gratuitement les offres et vous bascule vers un tarif moins cher, sans coupure ni engagement.

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

01 88 24 13 65

Pourquoi une telle facture serait impossible en France

Cette affaire se déroule en Belgique, et c'est ce qui la rend instructive pour les foyers français : deux articles du code de la consommation empêchent une addition de s'accumuler ainsi de ce côté-ci de la frontière.

Le premier est l'article L224-11, issu de la loi de transition énergétique de 2015. Il interdit à un fournisseur d'électricité ou de gaz de facturer une consommation datant de plus de quatorze mois avant le dernier relevé ou la dernière autorelève. Une ardoise courant de 2022 à 2026 ne pourrait donc pas être réclamée en bloc : le fournisseur serait limité aux quatorze derniers mois, quelle que soit l'ancienneté réelle de l'anomalie. Trois exceptions seulement, et elles sont étroites : un compteur rendu inaccessible, un index non transmis malgré une mise en demeure, ou une fraude. Un compteur défaillant n'en fait pas partie, ce qui est justement le cas de figure suspecté ici.

Le second est l'article L218-2, qui fixe à deux ans le délai au-delà duquel un professionnel ne peut plus réclamer en justice le paiement d'un service fourni à un particulier. Les deux règles se cumulent : la première limite ce qui peut être facturé, la seconde ce qui peut être recouvré. Une négociation amiable, une médiation en cours ou une mesure ordonnée par un juge suspendent toutefois ce délai. Le détail figure dans notre guide sur la prescription des factures d'énergie.

En France, c'est le premier motif de litige

Le cas belge est spectaculaire, mais la contestation d'une consommation jugée aberrante est loin d'être exotique de ce côté-ci de la frontière. Dans son rapport pour 2025, le médiateur national de l'énergie a enregistré 28 076 litiges, dont 10 475 saisines et 6 545 jugées recevables.

Et le premier sujet de médiation est précisément celui-là : les contestations du niveau de consommation représentent 2 586 saisines recevables, devant les prix et tarifs (844), la facturation (714) et les paiements (324). Les 6 812 recommandations émises cette année-là ont permis aux consommateurs d'obtenir plus de 10,5 millions d'euros de dédommagements et de remboursements. Le délai moyen de traitement est par ailleurs tombé à 86 jours, contre 131 l'année précédente. Nous avions détaillé les fournisseurs épinglés par ce rapport.

Ce qu'il faut faire si votre facture s'emballe

L'ordre des démarches compte, parce que sauter une étape ferme la suivante.

  • Relevez vous-même votre compteur et comparez l'index réel à celui de la facture. Une estimation erronée est la première cause de facture aberrante, et elle se corrige en un appel.
  • Demandez un contrôle du compteur au distributeur. S'il est défaillant, la facture est recalculée ; s'il est conforme, vous savez que l'anomalie vient de l'installation ou d'un usage non identifié.
  • Adressez une réclamation écrite au fournisseur, de préférence en recommandé avec accusé de réception. C'est cette lettre qui ouvre les droits suivants, et son absence est le motif de rejet le plus fréquent.
  • Saisissez le médiateur national de l'énergie si la réponse ne vient pas ou ne satisfait pas. La saisine est gratuite, sans avocat, et se fait entre deux mois et un an après la réclamation écrite. Nous avons détaillé l'étape que la plupart des dossiers oublient et qui rend le recours irrecevable.

Le détail qu'il ne faut pas manquer au moment de signer

Un élément du dossier mérite d'être isolé, parce qu'il est le plus facile à éviter : le contrat souscrit par téléphone à un tarif cinq fois supérieur à la moyenne, sous la pression d'un conseiller pressé de conclure.

Le prix du kilowattheure ne fabrique pas à lui seul une facture de 54 000 €, mais il en multiplie chaque ligne. Sur une consommation ordinaire de 4 700 kWh, l'écart entre une offre au tarif réglementé et une offre nettement plus chère se compte déjà en centaines d'euros par an. Quelques minutes suffisent pour comparer les offres d'électricité avant de signer, et rien n'oblige jamais à conclure pendant l'appel.

Meilleur prix

Classement par prix annuel TTC croissant (du moins cher au plus cher).

La coche Selectra signale un fournisseur partenaire : l'appel est alors pris en charge par le centre d'appels interne de Selectra. Les numéros sans cette coche renvoient directement vers le fournisseur.

Simulation pour 6 000 kWh/an · 6 kVA · option Base, prix TTC.

Expert disponible Nos conseillers vous rappellent

Envie de vérifier que vous ne payez pas trop cher ?

Un conseiller Selectra fait le point gratuitement sur votre contrat et vous oriente vers l'offre la moins chère en quelques minutes.

  • Gratuit
  • Sans engagement
  • Réponse immédiate
  • Conseil personnalisé

Appelez maintenant On vous rappelle

01 88 24 13 65

Avez-vous trouvé les informations utiles ?

Merci pour votre retour !