Le répit n’aura pas eu lieu. D’après nos calculs, le prix repère de vente de gaz va de nouveau grimper au 1er octobre 2026, et il franchira un seuil que la France n’avait jamais atteint. Pour un foyer qui se chauffe au gaz, la facture annuelle passera de 1 705 € à 1 812 €, soit 107 € de plus sur l’année.

Ces chiffres sont une estimation exclusive Selectra, calculée sur les cotations d’août 2026 selon la formule de la Commission de régulation de l’énergie. Le barème officiel ne sera publié que dans une dizaine de jours.

GAZ −13 % sur le prix du kWh vs Prix Repère Gaz
Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre Gaz Référence 3 ans de Engie et le Prix Repère Gaz publié par la CRE (consommation de référence 11 200 kWh/an (chauffage), zone tarifaire 1). Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

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Exclusif : la grille du prix repère du gaz au 1er octobre 2026

Le kilowattheure des foyers qui se chauffent au gaz passe de 0,13441 € à 0,14509 €, soit une hausse de 7,9 % en un mois. Pour les foyers qui n’utilisent le gaz que pour la cuisson et l’eau chaude, il passe de 0,16726 € à 0,17785 €, une progression de 6,3 %.

Les abonnements, eux, ne bougent pas : ils restent fixés à 360,79 € par an pour un profil chauffage et à 152,46 € pour un profil cuisson et eau chaude. Toute la hausse porte donc sur la part variable, celle qui dépend de ce que vous consommez.

Prix repère du gaz au 1er octobre 2026, estimation exclusive Selectra (zone GRDF)
ProfilAbonnementPrix du kWhÉvolution vs septembre
Chauffage360,79 €/an0,14509 €+7,9 %
Cuisson et eau chaude152,46 €/an0,17785 €+6,3 %

Estimation Selectra calculée sur les cotations d’août 2026, avant publication du barème par la CRE. Prix TTC, hors offres de marché.

Une précision utile : ce prix repère n’est pas un tarif réglementé. Il sert de référence aux offres indexées, que souscrivent environ 6 millions de foyers, et de boussole au reste du marché. Votre fournisseur n’est pas tenu de le suivre au centime près, mais la plupart des offres indexées répercutent la hausse dès le 1er du mois.

Sur la facture : 107 € de plus, et un record jamais atteint

Pour un foyer chauffé au gaz consommant 10 000 kWh par an, la facture théorique au prix repère atteindra 1 812 € en octobre, contre 1 705 € en septembre. Un ménage au profil cuisson et eau chaude, avec 4 000 kWh, verra sa note grimper d’environ 42 €.

Ce niveau n’est pas seulement un point haut de l’année. En remontant la série jusqu’à janvier 2013, aucun mois n’a jamais coûté aussi cher aux ménages français chauffés au gaz. Le précédent sommet datait de septembre 2026, battu un mois plus tôt. Le gaz enchaîne donc deux records consécutifs.

La comparaison sur douze mois donne la mesure du choc : en octobre 2025, la même facture s’établissait à 1 364 €. En un an, elle a donc gagné 448 €, soit près d’un tiers. Une partie de cet écart vient de l’abonnement, passé de 330,79 € à 360,79 € par an, mais l’essentiel tient au prix du kilowattheure, qui a bondi de 0,10337 € à 0,14509 €.

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Pourquoi le gaz flambe encore : deux compteurs montent en même temps

Le mécanisme mérite d’être détaillé, parce qu’il explique pourquoi la hausse s’accélère en octobre au lieu de s’essouffler : après 7,3 % en septembre, le kilowattheure de chauffage reprend 7,9 %. Le prix repère se calcule sur deux références d’approvisionnement : une composante mensuelle, assise sur la moyenne du marché du mois M-2, et une composante trimestrielle, plus lente.

En septembre, seule la première avait rattrapé la flambée de l’été. En octobre, les deux montent ensemble. La référence mensuelle passe de 53,71 à 61,19 €/MWh, et surtout la référence trimestrielle bondit de 46,67 à 60,68 €/MWh, soit 30 % de hausse d’un coup. C’est ce rattrapage simultané qui produit le record.

À la source, la cause n’a pas changé. Le détroit d’Ormuz est bloqué depuis fin février 2026 et le déclenchement des hostilités entre les États-Unis et l’Iran. Les exportations qataries de gaz naturel liquéfié sont à l’arrêt, ce qui prive l’Europe d’une part substantielle de son approvisionnement et maintient les cours à un niveau que le continent n’avait plus connu depuis la crise de 2022.

Nos relevés quotidiens du PEG confirment que la tension ne retombe pas : le contrat français s’échangeait à 66,54 €/MWh le 31 août, avec un plus haut à 67,94 € le 24 août. L’hiver 2026-2027 se négocie déjà à 64,28 €/MWh.

Les stockages, l’autre pression sur les prix

S’ajoute une contrainte de calendrier que les marchés surveillent de près. Au 29 août, les stockages français étaient remplis à 70,1 %, soit 86,8 TWh sur une capacité utile de 123,9 TWh. L’objectif européen impose 90 % au 1er novembre.

Il reste donc près de vingt points à combler en deux mois, et ces achats se font aux prix actuels, c’est-à-dire élevés. Or ce sont précisément ces achats d’automne qui alimenteront les références de novembre et de décembre. La mécanique se referme sur elle-même : plus les stockages coûtent cher à remplir, plus les factures de l’hiver s’en ressentent.

Octobre sera-t-il le sommet ?

C’est la question qui intéresse vraiment un foyer qui hésite à changer d’offre. À marché constant, c’est-à-dire si les cotations restaient à leur niveau d’août, nos projections font d’octobre le point haut, suivi d’un lent reflux : la facture reviendrait autour de 1 803 € en novembre et en décembre, 1 793 € en janvier, puis 1 742 € en mars.

Deux réserves s’imposent. Ces mois ne sont pas encore figés, contrairement à octobre : ils bougeront avec le marché jusqu’à leur publication. Et le reflux annoncé est minime, de l’ordre de 10 € sur la facture annuelle. Autrement dit, le palier atteint en octobre ne se dégonflera pas cet hiver. Il s’installe.

Comment échapper à la hausse du 1er octobre

Une seule mécanique permet de sortir du calendrier mensuel du prix repère : l’offre à prix fixe, qui gèle le prix du kilowattheure hors taxes pour un, deux ou trois ans. Quoi qu’il arrive ensuite sur les marchés, ce prix ne bouge plus.

Deux limites à connaître avant de signer. Le verrou ne porte que sur la part hors taxes : si l’État relève l’accise ou la TVA, votre prix TTC augmentera malgré le contrat. Et il joue dans les deux sens, puisque vous continuerez de payer le prix convenu si les cours refluent. Pour un particulier, en revanche, changer de fournisseur reste gratuit et sans pénalité, y compris en cours de contrat : le risque de se retrouver piégé est faible.

Un détail à vérifier offre par offre : toutes ne figent pas la même chose. Certaines bloquent le kilowattheure hors taxes mais pas l’abonnement, qui peut donc évoluer en cours de contrat. Cela reste une offre à prix fixe, mais la protection est partielle.

Le classement ci-dessous affiche les offres de gaz à prix fixe du moment, mises à jour en continu. Si les grilles tarifaires vous rebutent, un conseiller Selectra fait le point gratuitement avec vous au 01 88 24 13 65.

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Reste une dernière précision, souvent source de malentendus. Bloquer son prix protège du coût de la molécule, pas du reste : la part acheminement et les taxes s’appliquent à tous les contrats, quel que soit le fournisseur. Un prix fixe n’est donc pas un pari gagnant à coup sûr, c’est une assurance contre la volatilité, et son intérêt se mesure sur la durée. À deux mois du début de la saison de chauffe, un passage par un comparateur d’offres permet de chiffrer, sur votre propre consommation, l’écart entre votre contrat actuel et le marché.

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