La question revient à chaque vague de chaleur : l'eau du robinet perd-elle en qualité, voire devient-elle risquée, quand il fait très chaud ? Entre inquiétudes sur les réseaux sociaux et messages d'alerte, on démêle le vrai du faux. Réponse courte : c'est plutôt vrai, mais à nuancer.

Vrai : au-delà de 25 °C, la qualité peut se dégrader

Le seuil existe bel et bien. Selon la Direction générale de la santé, citée par e-sante, « les critères de potabilité de l'eau sont définis par la réglementation européenne et nationale. S'agissant de la température, la limite maximale est fixée à 25 °C ». Au-delà, le développement de certains micro-organismes est favorisé.

Le phénomène est officiellement documenté. Dans son guide « Faire face aux températures extrêmes », le ministère de la Transition écologique note que, pour les réseaux non enterrés, « l'influence des fortes chaleurs et du rayonnement solaire sur les cuves et les dessertes peut entraîner une détérioration de la qualité de l'eau en diminuant notamment la capacité d'action désinfectante du chlore qu'elle contient ».

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Pourquoi la chaleur fragilise l'eau

Deux mécanismes se combinent. D'une part, la chaleur accélère la disparition du chlore résiduel, celui qui assure la désinfection continue de l'eau tout au long du réseau jusqu'à votre robinet. D'autre part, une eau qui stagne dans des canalisations chaudes, entre 25 et 45 °C, constitue un milieu propice à la multiplication de bactéries.

Le cas s'est présenté concrètement : fin juin, à Paris, un bailleur a prévenu ses locataires que l'eau, sortant du robinet à plus de 30 °C, n'était temporairement plus considérée comme potable, avec distribution de bouteilles à la clé. Un épisode qui illustre le problème, sans pour autant être la norme.

À nuancer : l'eau distribuée reste contrôlée

Faut-il paniquer et se ruer sur les bouteilles ? Non. L'eau produite et distribuée en France reste l'un des aliments les plus surveillés, contrôlée en permanence par les agences régionales de santé (ARS). La dégradation évoquée concerne surtout les portions de réseau exposées au soleil et, à la maison, l'eau qui a stagné dans les tuyaux pendant les heures chaudes.

Autre nuance importante : le principal risque bactérien lié à la chaleur, la légionelle, ne se contracte pas en buvant, mais en inhalant de fines gouttelettes, typiquement sous la douche. L'eau chaude du robinet, elle, n'est de toute façon jamais destinée à la boisson.

Les bons réflexes en cas de forte chaleur

  • Laisser couler l'eau froide quelques instants avant de la boire, le temps qu'elle devienne bien fraîche : c'est le geste le plus efficace ;
  • ne jamais utiliser l'eau chaude du robinet pour boire ou cuisiner ;
  • conserver l'eau de boisson au réfrigérateur, dans une bouteille propre et fermée ;
  • après une absence prolongée, purger les robinets et la douche (eau froide et chaude) avant de les réutiliser.

Le cas du chauffe-eau : ne pas trop baisser la température

C'est un point souvent négligé, à la croisée de la santé et des économies d'énergie. Pour limiter sa facture, on peut être tenté de baisser fortement la température de son ballon d'eau chaude. Mauvaise idée : en dessous d'un certain seuil, on favorise justement la légionelle.

Les agences régionales de santé recommandent de maintenir l'eau chaude sanitaire à une température d'au moins 55 à 60 °C : la bactérie cesse de proliférer à 50 °C et est détruite en une trentaine de minutes à 60 °C. Le bon arbitrage entre confort, sécurité et budget passe donc par un réglage correct du chauffe-eau, et par le choix d'une offre adaptée : pensez à comparer votre offre d'électricité.

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