Nuit agitée de l'autre côté de la Méditerranée. Une panne électrique géante a plongé dans le noir une grande partie de l'est de l'Algérie mardi soir, en pleine canicule à 49 °C, avant un rétablissement dans la nuit. Dans le même temps, la Tunisie multiplie les délestages, aggravés par l'incident algérien via l'interconnexion des deux réseaux. Pour les nombreuses familles qui suivent la situation depuis la France, voici ce qu'il s'est réellement passé.
En Algérie, une panne à Biskra qui a fait tache d'huile
Tout part de la wilaya de Biskra, aux portes du Sahara. Mardi en début de soirée, une installation de Sonelgaz à Sidi Okba est tombée en panne « en raison de la canicule qui sévit dans le pays », a expliqué le ministre de l'Énergie Mourad Adjal, cité par TSA. Le réseau électrique étant interconnecté, l'incident a provoqué des fluctuations en cascade qui ont fait disjoncter une grande partie de l'est du pays.
Selon la presse algérienne, plusieurs wilayas se sont retrouvées dans le noir, dont Alger, Constantine, Jijel, Bouira et Tizi-Ouzou, au pire moment : celui des fortes chaleurs, quand ventilateurs et climatiseurs tournent sans relâche.
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21 378 MW : le record de consommation qui a mis le réseau à genoux
La panne n'arrive pas par hasard. Avec des températures atteignant 49 °C dans le sud du pays, la consommation électrique algérienne s'est envolée ces derniers jours : un pic historique de 21 378 mégawatts a été enregistré lundi, un record absolu pour le pays, sous l'effet de la climatisation. C'est ce cocktail chaleur extrême + humidité + demande record qui a eu raison de l'installation de Sidi Okba, alors que le pays combat aussi plusieurs feux de forêt.
Un rétablissement en quelques heures
Le courant est revenu progressivement dans la nuit de mardi à mercredi, à Alger comme dans les autres wilayas touchées, pour un rétablissement complet au petit matin. Le Premier ministre Sifi Ghrieb s'est déplacé au centre national de conduite de l'électricité pour superviser les opérations, et le gouvernement a salué la réactivité des équipes de Sonelgaz, qui ont bouclé en quelques heures une remise sous tension qui peut prendre bien plus longtemps ailleurs.
En Tunisie, l'onde de choc est passée par l'interconnexion
L'incident ne s'est pas arrêté à la frontière. La Tunisie, qui s'appuie sur des accords d'échange d'électricité avec l'Algérie pour passer les pics de demande, a vu ces transferts se réduire au plus mauvais moment. Le PDG de la STEG, Fayçal Trifa, a reconnu que les coupures de ces derniers jours résultent de trois facteurs : la canicule exceptionnelle, une consommation record aux heures de pointe (13 h - 17 h, climatisation oblige) et l'incident survenu à Sidi Okba, comme le rapporte La Presse de Tunisie.
Pour éviter le pire, la STEG procède à des délestages ciblés : des coupures temporaires, zone par zone, destinées à préserver l'équilibre du réseau et à écarter le risque d'un blackout généralisé, dont le rétablissement pourrait prendre plus de 24 heures. La compagnie cite en exemple la panne géante qui avait paralysé l'Espagne en 2025, et appelle les Tunisiens à modérer leur consommation aux heures les plus chaudes.
Ce que cet épisode dit des réseaux sous canicule
Le scénario est désormais bien connu des électriciens du monde entier : la canicule fait exploser la demande (climatisation) au moment même où elle dégrade les performances des installations, des lignes et des centrales. L'Europe n'y échappe pas, et c'est précisément pour muscler les échanges de secours entre pays que se développent les grandes interconnexions électriques de nouvelle génération. En France aussi, la vague de chaleur a fait tourner la climatisation à plein régime ces derniers jours, avec un épisode caniculaire qui ne s'achève que cette semaine.
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