Changer ses fenêtres est le chantier que l'on décide en octobre et que l'on aurait dû lancer en septembre. Entre la signature du devis et la pose, il s'écoule rarement moins de 3 mois : le temps de comparer les devis, de faire fabriquer des menuiseries sur mesure et de trouver une place dans le planning d'un artisan. Reste à savoir ce que coûte vraiment l'opération, ce qu'elle rapporte sur la facture de chauffage et quelles aides subsistent depuis le 1er septembre 2026.

Électricité −8 %

sur le prix du kWh vs tarif réglementé Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre PleniWeb Électricité de Plenitude et celui du tarif réglementé de vente (TRV) en vigueur, à option tarifaire (Base) et puissance (9 kVA) identiques. Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

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Un devis signé en septembre, une pose calée en hiver

Les carnets de commandes des entreprises artisanales du bâtiment représentaient 80 jours de travail au premier trimestre 2026, d'après la note de conjoncture de la CAPEB du 29 avril. Soit près de 4 mois de chantiers déjà programmés, auxquels s'ajoute le délai de fabrication des menuiseries sur mesure. La prime CEE et l'éco-prêt imposent en outre de passer par un artisan certifié RGE, une catégorie déjà très demandée. Une demande déposée début septembre laisse le temps de faire chiffrer 3 devis et d'obtenir une pose avant le cœur de l'hiver. La même démarche engagée en novembre ne le permet plus.

Ce que coûte une fenêtre posée, matériau par matériau

Le prix dépend d'abord du matériau de la menuiserie. Notre guide du prix d'une fenêtre en double vitrage situe le PVC entre 300 € et 800 €, le bois entre 400 € et 1 000 €, l'aluminium entre 500 € et 2 000 €. À ce montant s'ajoute la pose : de 100 € à 300 € en dépose partielle, de 200 € à 600 € en dépose totale.

Prix d'une fenêtre selon la menuiserie, pose en dépose partielle comprise
MenuiserieFenêtre seuleFenêtre posée
PVC300 à 800 €400 à 1 100 €
Bois400 à 1 000 €500 à 1 300 €
Aluminium500 à 2 000 €600 à 2 300 €

Fourchettes issues du guide Selectra sur le double vitrage, septembre 2026.

La dépose partielle conserve le dormant existant et évite de reprendre l'enduit, mais elle réduit la surface vitrée : la pièce y perd en lumière, et la fenêtre en performance.

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Simple vitrage, double vitrage ancien, VIR : les écarts réels

Tous les doubles vitrages ne se valent pas. Le vitrage à isolation renforcée, ou VIR, est devenu le standard : la lame qui sépare ses deux verres est remplie d'argon et l'une des faces intérieures reçoit une fine couche d'argent. Son pouvoir isolant est plus de 4 fois supérieur à celui d'un simple vitrage, et 2 à 3 fois supérieur à celui d'un double vitrage ordinaire, selon l'ADEME.

Remplacer un double vitrage des années 1990 encore étanche n'apporte donc qu'une fraction du gain obtenu sur un simple vitrage. Le triple vitrage fait mieux, avec 0,6 à 0,8 W/m².K contre 1,1 à 1,2 pour un VIR, mais il est plus lourd et laisse entrer moins de lumière.

Un devis se juge sur 2 chiffres, expliqués dans notre guide des coefficients d'isolation thermique. Le Uw mesure l'isolation de la fenêtre entière, cadre compris : il doit être le plus bas possible. Le Sw indique la part de la chaleur du soleil qui entre par la fenêtre : il doit au contraire être élevé.

Le gain sur la facture, calculé sans complaisance

Dans une maison ancienne, les fenêtres sont loin d'être le premier poste de déperdition. D'après l'Observatoire DPE 2025, l'ADEME répartit ainsi les pertes de chaleur d'une maison construite avant 1974 : 31 % par les murs, 27 % par la ventilation et les fuites d'air, 14 % par les fenêtres, 10 % par les planchers bas, 9 % par le toit et autant par les ponts thermiques.

Les fenêtres comptent donc davantage que la toiture, mais elles représentent moins de la moitié des pertes attribuées aux murs. Même en supprimant la quasi-totalité de ces pertes, le gain reste, selon notre calcul, de l'ordre de 10 % du besoin de chauffage. Sur 8 000 kWh de chauffage électrique par an, facturés 1 600,80 € au tarif réglementé en vigueur depuis le 1er août 2026 (0,2001 €/kWh en option base 6 kVA), cela représente environ 160 € par an. En face, 6 fenêtres PVC posées 750 € l'unité coûtent 4 500 €. Même prime CEE déduite, il faut plus de 25 ans pour rentabiliser la dépense, alors qu'un double vitrage monté sur une menuiserie PVC dure environ 35 ans, d'après notre guide.

Le vrai bénéfice est ailleurs : l'ADEME rappelle que dans un logement mal isolé, une pièce chauffée à 19 °C donne la sensation qu'il en fait 17. Des fenêtres performantes suppriment cet effet de paroi froide et permettent de baisser le thermostat sans perdre en confort. C'est cette baisse de la consigne, plus que le vitrage lui-même, qui se lit ensuite sur la facture.

Quand le remplacement n'est pas la priorité

  • Vos murs ne sont pas isolés : ils représentent 31 % des pertes, contre 14 % pour les fenêtres.
  • Votre double vitrage a moins de 20 ans et reste étanche : le gain se limite alors à quelques pour cent de la facture.
  • Votre logement n'a pas de ventilation efficace : l'ADEME prévient qu'isoler sans traiter le renouvellement de l'air revient à dépenser pour rien, et que des menuiseries neuves très étanches favorisent l'humidité dans un logement mal ventilé.

Avant d'engager plusieurs milliers d'euros dans des travaux, vérifiez le prix du kWh que vous payez : changer d'offre ne coûte rien et se voit dès la facture suivante.

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Les aides restantes, et celle qui a disparu le 1er septembre

Le décret n° 2026-822 du 25 août 2026 a retiré l'isolation, parois vitrées comprises, du parcours par geste de MaPrimeRénov', pour toute demande déposée à compter du 1er septembre 2026. Le seul remplacement des fenêtres n'ouvre donc plus droit à cette prime, qui reste accessible dans le cadre d'une rénovation d'ampleur.

Il reste 3 dispositifs, recensés dans notre guide des aides au changement de fenêtres : la prime CEE, comprise entre 18 € et 75 € par fenêtre selon la zone climatique, les revenus et l'opérateur ; la TVA à 5,5 % au lieu de 20 % ; et l'éco-prêt à taux zéro, plafonné à 7 000 € pour les seules parois vitrées.

Un devis qui n'indique pas les performances du vitrage doit être renvoyé à son auteur : la fiche CEE exige un Uw inférieur ou égal à 1,3 W/m².K avec un Sw d'au moins 0,3, ou un Uw de 1,7 au plus avec un Sw d'au moins 0,36. S'y ajoutent 3 conditions : le recours à un artisan RGE, un logement achevé depuis plus de 2 ans et, pour la prime CEE, le remplacement d'un simple vitrage.

Ces seuils permettent aussi de départager les matériaux : notre guide de l'isolation des fenêtres place le PVC et le bois devant l'aluminium, dont la performance thermique est la plus faible des trois, sauf à choisir un profilé mixte alu-bois ou alu-PVC. Sur un devis, exigez donc le Uw chiffré plutôt que le seul nom du matériau. Et si votre logement est classé F ou G au DPE, la rénovation d'ampleur reste la seule voie réellement financée. Pour votre contrat d'électricité, un conseiller Selectra répond au 01 88 24 13 65.

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