Ce mardi 1er septembre 2026, jour de rentrée scolaire, une série inhabituelle de mesures entrent en vigueur. Elles ne sont plus annoncées, elles s’appliquent : le prix du gaz a changé cette nuit, le téléphone est interdit au lycée depuis ce matin, et une taxe frappe désormais la mode ultra éphémère. Voici en détail ce qui change au 1er septembre 2026.

Une précision utile ce matin, parce que plusieurs mesures très commentées cet été n’entrent finalement pas en vigueur : elles ont été censurées, annulées ou repoussées. Le point est fait en fin d’article.

Les douze changements qui s’appliquent aujourd’hui :

  • le prix repère du gaz bat son record absolu, avec 103 € de plus par an pour un foyer chauffé au gaz ;
  • la saison Tempo repart à zéro, avec 22 jours rouges à replacer ;
  • MaPrimeRénov’ exclut six gestes de son parcours isolé, mais prolonge l’accès des logements F et G ;
  • la prime Coup de pouce chauffage ne finance plus que les pompes à chaleur agréées ;
  • l’aide à la voiture électrique d’occasion s’ouvre, sans condition de revenus mais avec cinq critères ;
  • le téléphone portable est interdit au lycée ;
  • un malus frappe les vêtements de la mode ultra éphémère ;
  • la redevance PFAS s’applique aux rejets industriels dans l’eau ;
  • l’indemnisation chômage après rupture conventionnelle perd trois mois ;
  • l’âge de départ à la retraite est gelé et les trimestres enfants comptent enfin ;
  • votre nouveau taux de prélèvement à la source s’applique ;
  • les arrêts de travail sont plafonnés et le tiers payant conditionné.
Gaz −25 %

sur le prix du kWh vs Prix Repère Gaz Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre Avantage Gaz 2 ans de EDF et le Prix Repère Gaz publié par la CRE (consommation de référence 5 420 kWh/an (appartement chauffé au gaz), zone tarifaire 1). Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

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Gaz : le prix repère bat son record depuis ce matin

C’est le changement le plus lourd de la rentrée, et il est effectif. Depuis ce 1er septembre, le prix repère de vente de gaz publié par la Commission de régulation de l’énergie a grimpé de 5,6 % TTC en moyenne et atteint 172,05 €/MWh TTC, selon le barème publié par la CRE. Environ 6 millions de foyers dont l’offre est indexée sur ce repère sont directement concernés.

La hausse n’est pas répartie également. Le kilowattheure des foyers qui se chauffent au gaz progresse de 7,3 %, celui des foyers cuisson et eau chaude de 5,7 %. Les abonnements, eux, ne bougent pas.

Prix repère du gaz au 1er septembre 2026 (zone GRDF)
ProfilPrix du kWhAbonnement
Chauffage0,13474 €360,79 €/an
Cuisson et eau chaude0,16757 €152,46 €/an

Source : CRE, prix repère de vente de gaz, septembre 2026.

Sur la facture, cela représente 103 € de plus sur l’année pour un foyer chauffé au gaz consommant 11 200 kWh : sa note annuelle théorique passe de 1 767 € en août à 1 870 € ce mois-ci. Un ménage cuisson et eau chaude paie environ 36 € de plus, à 823 € par an.

Ce niveau n’est pas un simple point haut. C’est le record absolu de la série, qui remonte à janvier 2013. En un an, la facture d’un foyer chauffé au gaz a gagné 359 €, soit près de 24 %.

Évolution de la facture de gaz pour un client chauffage (en €)

Évolution TRVG (zone 1) / PRG (part variable moyenne) pour une consommation de 11 200 kWh par an - Source : CRE, Calculs Selectra - Graphique : Selectra

L’explication tient en un mot : Ormuz. Le blocage du détroit a propulsé les cours européens, et le prix repère se calcule à 80 % sur la moyenne du mois précédent. Les achats d’été arrivent donc seulement maintenant sur les factures. Ceux qui veulent sortir de ce calendrier mensuel peuvent bloquer leur prix du kilowattheure.

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Tempo : les 22 jours rouges remis à zéro ce matin

Côté électricité, le tarif réglementé ne bouge pas : révisé au 1er août, il attend le 1er février 2027. Mais pour les foyers à l’option Tempo, les compteurs sont repartis de zéro aujourd’hui : EDF récupère 22 jours rouges, 43 blancs et 300 bleus à replacer sans calendrier annoncé.

Sur ces journées rouges, le kilowattheure d’heure pleine se paie 0,7295 €, contre 0,1356 € en heure creuse un jour bleu. La nouvelle saison démarre toutefois par deux mois sans risque : aucun jour rouge ne peut tomber avant le 1er novembre.

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MaPrimeRénov’ : six gestes écartés, un sursis pour les logements F et G

Le décret du 25 août 2026, publié au Journal officiel du 27, s’applique depuis ce matin. Six gestes quittent le parcours isolé : chauffage et eau chaude au bois ou à la biomasse, pompes à chaleur dédiées à l’eau chaude sanitaire, systèmes de ventilation, isolation, équipements de chauffage, et solaire thermique. Ces travaux restent finançables dans une rénovation d’ampleur, mais plus seuls.

Pour la rénovation d’ampleur en maison individuelle, conserver une chaudière au gaz après travaux ferme désormais la porte à l’aide : le chauffage et l’eau chaude doivent être décarbonés.

Le décret contient pourtant une bonne nouvelle passée inaperçue : l’accès au parcours par geste pour les logements classés F et G est prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 en France métropolitaine. Les propriétaires de passoires thermiques gardent seize mois de plus pour financer un geste isolé.

Un point capital pour les dossiers en cours : ce 1er septembre ne referme pas tout. Pour les dossiers gérés par l’Anah, une dérogation maintient les anciennes règles lorsque la demande a été déposée avant aujourd’hui, même si les travaux démarrent plus tard. C’est la date de dépôt du dossier qui compte, pas celle du devis. Le détail des aides à la rénovation énergétique mérite une lecture avant de signer.

Pompe à chaleur : la prime réservée aux modèles agréés

Voilà le piège de cette rentrée pour qui s’apprête à changer de chauffage. Depuis aujourd’hui, la prime Coup de pouce chauffage ne finance plus l’installation d’une pompe à chaleur que si le modèle figure sur une liste officielle d’appareils agréés au titre de la qualité et de la résilience industrielle.

Cette liste est fixée par un arrêté du 2 juillet 2026, déjà modifié une première fois fin juillet. Concrètement, un devis portant sur un modèle absent de la liste ne donne droit à aucune prime, quel que soit le sérieux de l’installateur. La référence exacte de l’appareil est donc à vérifier avant signature, et non après.

Voiture électrique d’occasion : une aide sans condition de revenus

L’achat ou la location d’une voiture électrique d’occasion chez un professionnel ouvre droit, depuis ce matin, à une prime financée par les certificats d’économies d’énergie et accessible sans condition de revenus. Son montant réel pour un particulier ressort toutefois autour de 337 €, loin des 2 000 € parfois annoncés.

Cinq conditions encadrent l’aide, d’après le récapitulatif de Bercy : le véhicule doit être 100 % électrique, avoir été immatriculé pour la première fois en France entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2023, être acheté ou loué auprès d’un professionnel habilité, conserver au moins 80 % de la capacité initiale de sa batterie, et l’acquéreur doit s’engager à le garder trois ans. Les professionnels de l’aide à domicile touchent une majoration d’environ 2 000 euros sous conditions de prix et de poids.

Les taxis disposent de leur propre dispositif, 3 500 à 5 500 € pour les commandes passées avant le 31 décembre. Pour les particuliers, la prime sur une voiture électrique neuve reste ouverte sous un plafond de 47 000 €.

Téléphone portable : l’interdiction s’applique aux lycées dès cette rentrée

Des millions de lycéens le découvrent ce matin. La loi du 24 août 2026, publiée au Journal officiel le 25, étend aux lycées l’interdiction du téléphone portable, déjà en vigueur dans les écoles et les collèges depuis 2018. Elle prend effet à la rentrée 2026-2027, donc aujourd’hui.

L’interdiction ne vise pas que le téléphone : elle couvre aussi les autres objets connectés, montres comprises. Chaque établissement fixe les modalités dans son règlement intérieur, et les solutions varient : casiers, boîtes collectives ou pochettes individuelles. L’usage reste autorisé pour un motif médical, et les lycées qui dispensent des formations supérieures peuvent prévoir un régime particulier.

Mode ultra éphémère : un malus jusqu’à 12 € par vêtement

C’est la mesure la plus inattendue de ce 1er septembre, et elle vise directement les plateformes de vente en ligne à bas prix. La loi du 8 juillet 2026 visant à réduire l’impact environnemental de l’industrie textile crée une pénalité sur les produits relevant de la mode ultra éphémère, et son arrêté d’application du 24 août la rend effective aujourd’hui.

Le principe : les contributions que les marques versent à l’éco-organisme de la filière textile sont modulées selon une pénalité de durabilité. Elle peut atteindre 50 % du prix hors taxes du vêtement, avec un plafond fixé à 12 € par article cette année, qui montera progressivement jusqu’à 19,50 € d’ici 2030.

Deux critères cumulatifs définissent la mode ultra éphémère : le nombre de nouvelles références mises sur le marché, et le faible encouragement à la réparation, mesuré par le rapport entre le prix du produit et le coût de sa réparation. La loi interdit par ailleurs la publicité pour ces produits. Sur un vêtement à quelques euros, la pénalité peut donc dépasser le prix de vente initial.

PFAS : les industriels paient pour leurs rejets dans l’eau

Le principe du pollueur-payeur s’applique depuis ce matin aux PFAS, ces composés fluorés surnommés polluants éternels parce qu’ils ne se dégradent pratiquement pas. Tout industriel exploitant une installation soumise à autorisation doit s’acquitter d’une redevance de 100 € par cent grammes rejetés, au-delà d’un seuil de cent grammes par an.

Le dispositif découle de la loi du 27 février 2025, qui vise une fin des rejets industriels d’ici février 2030. L’entrée en vigueur arrive après plus d’un an de reports, et elle compte pour les ménages : la dépollution de l’eau potable, aujourd’hui à la charge des collectivités, pèse in fine sur la facture d’eau.

Rupture conventionnelle : trois mois d’indemnisation en moins

Pour toute rupture conventionnelle prenant effet à compter d’aujourd’hui, la durée maximale d’indemnisation chômage passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans.

Au-delà de 55 ans, les deux paliers qui existaient jusqu’ici fusionnent en un seul, à 20,5 mois. Les 55-56 ans, qui pouvaient être indemnisés 22,5 mois, perdent deux mois. Les 57 ans et plus, dont la durée maximale atteignait 27 mois, en perdent six et demi. C’est cette tranche qui encaisse le choc le plus lourd.

Attention au critère qui déclenche la nouvelle règle, car ce n’est pas celui auquel on pense spontanément. Ni la date de signature de la convention, ni celle de son homologation ne comptent : les nouvelles durées s’appliquent aux salariés dont le contrat de travail est effectivement rompu à compter du 1er septembre. Une convention signée en juillet dont le contrat s’achève à la mi-septembre bascule donc dans le nouveau régime, et son signataire perd les mois concernés.

Le montant de l’allocation journalière et les conditions d’ouverture des droits, eux, ne changent pas. Seule la durée est raccourcie.

Retraite : l’âge gelé, et les trimestres enfants qui comptent enfin

Deux mesures s’appliquent aux pensions prenant effet à compter d’aujourd’hui. La suspension de la réforme des retraites gèle l’âge minimal de départ à 62 ans et 9 mois, une mesure qui concerne les assurés nés entre 1964 et 1968.

En parallèle, jusqu’à deux trimestres accordés au titre des enfants entrent enfin dans la durée réputée cotisée qui ouvre le droit au départ anticipé pour carrière longue. Maternité, adoption, éducation ou congé parental sont pris en compte, dans la limite de deux trimestres par assuré et non par enfant.

Le calcul de la pension évolue aussi : le salaire annuel moyen est désormais retenu sur 24 meilleures années pour un parent d’un enfant, et 23 à partir de deux enfants, au lieu de 25.

Impôts : votre nouveau taux de prélèvement à la source s’applique

Le taux de prélèvement à la source issu de la déclaration du printemps, calculée sur les revenus 2025, a remplacé automatiquement l’ancien ce matin. Aucune démarche n’est nécessaire, et le nouveau taux apparaîtra sur la fiche de paie de septembre.

Si votre situation a changé depuis, une modulation reste possible en ligne, à condition que l’écart dépasse 5 % par rapport au taux appliqué. Un solde d’impôt supérieur à 300 € reste étalé jusqu’en décembre.

Santé : arrêts de travail plafonnés et tiers payant conditionné

Une première prescription d’arrêt de travail ne peut plus dépasser 31 jours, et un renouvellement 62 jours, aux termes de l’article L. 162-4-1 du Code de la sécurité sociale. L’avis doit mentionner les éléments médicaux justifiant l’interruption, et le praticien peut déroger au plafond en le justifiant par écrit.

Côté pharmacie, le tiers payant ne s’applique plus si vous refusez la substitution d’un médicament biosimilaire ou hybride à la place du médicament de référence. Il faut alors avancer les frais.

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Ce qui n’entre finalement pas en vigueur aujourd’hui

Trois mesures très commentées cet été ont été annoncées pour ce 1er septembre et ne s’appliquent pas. La confusion est fréquente, et elle mérite d’être levée.

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ce volet figurait dans la même loi du 24 août que l’interdiction du téléphone au lycée. Il a été censuré par le Conseil constitutionnel le 14 août et n’a donc jamais pris effet. Seule l’interdiction du téléphone à l’école survit.

Le volet le plus contesté de la réforme des crèches. Le Conseil d’État l’a partiellement annulé avant l’échéance. Le texte s’applique aujourd’hui amputé de cette partie.

La hausse des franchises médicales. Le plafond annuel devrait passer de 100 à 140 €, mais au 1er octobre et une fois le décret publié, pas aujourd’hui.

Deux mesures complètent ce tableau sans peser directement sur le budget des ménages : une nouvelle grille des prix du tabac, qui laisse les grandes marques inchangées, et l’entrée en vigueur de la facturation électronique entre entreprises, obligatoire à la réception pour toutes les sociétés. Reste le poste le plus lourd de cette rentrée, le gaz. Face à une hausse qui ne dépend ni de votre consommation ni de votre fournisseur, le seul levier immédiat est le contrat lui-même : un passage par un comparateur d’offres mesure, sur votre propre consommation, l’écart entre votre offre actuelle et le marché, à deux mois du début de la saison de chauffe.

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