La troisième canicule de l'été aura marqué les livres de records. En quelques jours, des dizaines de villes ont battu leurs références de chaleur, avec des pointes jusqu'à 43 °C, plus de 80 stations au-dessus de 40 °C et, fait plus rare, des nuits historiques. Voici le bilan concret, chiffres à l'appui.

Jusqu'à 43 °C : les records marquants de l'épisode

La valeur la plus élevée a été relevée le 8 juillet à Moules-et-Baucels, dans l'Hérault, avec 43,0 °C. Mais c'est tout le pays qui a vu tomber des records, du Languedoc au Sud-Ouest jusqu'aux côtes bretonnes. Quelques relevés remarquables :

Quelques records de chaleur de l'épisode (juillet 2026)
Ville (dép.)TempératurePrécision
Moules-et-Baucels (34)43,0 °CValeur la plus élevée (8 juil.)
Villevieille (30)42,5 °CRecord de juillet (préc. 41,6 °C en 1982)
Pissos (40)42,4 °CRecord mensuel (12 juil.)
Fitou (11)42,4 °CRecord absolu (9 juil.)
Montpellier (34)40,7 °CRecord mensuel (8 juil.)
Perpignan (66)40,7 °CRecord mensuel (8 juil.)
Cognac (16)40,6 °CRecord (station ouverte en 1945)
Angoulême (16)40,4 °C12 juillet
Montauban (82)40,1 °CÉgale le record (station de 1885)
Lorient (56)38,1 °CRare sur la côte bretonne (12 juil.)

Températures maximales relevées et records associés, d'après Météo-France, Objectif Gard et Meteociel.

Record mensuel ou record absolu ?

Le vocabulaire change tout. Un record mensuel n'est pas « la valeur la plus haute de juillet 2026 » : c'est la température la plus élevée jamais mesurée à cette station pour un mois de juillet, toutes années confondues depuis son ouverture, parfois il y a plus d'un siècle. Un record absolu, lui, est la plus haute valeur relevée tous mois confondus. Battre l'un ou l'autre n'a donc rien d'anodin.

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31 records en une seule journée, 80 stations au-dessus de 40 °C

Le 12 juillet a été le jour le plus spectaculaire. D'après Meteociel, plus de 80 stations ont atteint ou dépassé les 40 °C et 31 records mensuels sont tombés en vingt-quatre heures. Le plus frappant : des villes réputées tempérées comme Lorient (38,1 °C) ou Belle-Île (37,7 °C), en Bretagne, n'avaient jamais connu pareilles valeurs.

Et ce n'était pas une première. Dès le 8 juillet, la vague de chaleur avait déjà fait chuter les références sur le pourtour méditerranéen : Météo-France avait relevé les 43 °C de Moules-et-Baucels, et Objectif Gard rapportait des records mensuels à Montpellier (40,7 °C), Istres (40,5 °C) et Perpignan (40,7 °C).

Des nuits, elles aussi, historiques

Le plus éprouvant n'est pas toujours le jour. Selon Météo-France, cité par L'Info Durable, plusieurs villes ont battu leur record de température nocturne : le thermomètre n'est pas descendu sous 24,8 °C à Tours, 24,6 °C à Poitiers et 24,1 °C à Bourges.

Ces « nuits tropicales » à répétition, où le corps ne parvient pas à récupérer, sont ce qui rend une canicule réellement dangereuse pour la santé, en particulier pour les personnes âgées et fragiles.

Après un mois de juin déjà historique

Ces records s'ajoutent à un début d'année hors norme. Météo-France a établi que juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec un indicateur thermique national de 22,7 °C, devant le précédent record de 22,5 °C de juin 2003. Les 24 et 25 juin, la moyenne sur 24 heures avait même atteint 30 °C pour la première fois, tous mois confondus.

Surtout, la canicule de fin juin a été, selon Météo-France, plus intense que celle d'août 2003, la référence historique, mais bien plus précoce dans la saison. Entre le 22 et le 28 juin, la quasi-totalité du territoire a été placée en vigilance rouge, un niveau maximal rarement atteint à une telle échelle, et le 23 juin est devenu la journée la plus chaude jamais mesurée à l'échelle nationale.

Le bilan humain a été lourd : d'après Santé publique France, cette seule semaine du 22 au 28 juin s'est traduite par environ 2 025 décès excédentaires, toutes causes confondues, avec une hausse de la mortalité particulièrement marquée à domicile (+91 %) chez les personnes de 45 ans et plus. Un rappel que la canicule est d'abord un enjeu de santé publique.

Une chaleur venue d'Afrique du Nord

Comment expliquer un tel emballement ? Cette vague, la troisième depuis le mois de mai, est alimentée par une masse d'air brûlante remontée d'Afrique du Nord, aspirée vers le nord puis piégée au-dessus du pays par un puissant anticyclone. Cet effet de « couvercle », souvent qualifié de dôme de chaleur, empêche l'air de se renouveler et fait grimper les températures jour après jour.

Mais le contexte de fond, c'est le réchauffement climatique : les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus intenses, plus précoces et plus longues. Selon Météo-France, le nombre de jours de vague de chaleur pourrait être multiplié par cinq d'ici 2050 (avec +2,7 °C) et par dix d'ici 2100 (avec +4 °C).

Autrement dit, ce qui reste aujourd'hui exceptionnel deviendra la norme : dans une France à +4 °C, la canicule d'août 2003, référence absolue il y a vingt ans, serait considérée comme un été ordinaire. La question n'est donc plus de savoir si ces records seront battus, mais quand.

Une chaleur qui pèse aussi sur la facture

Ces journées à plus de 40 °C font tourner ventilateurs et climatiseurs à plein régime, avec une consommation d'électricité qui grimpe. Pour ne pas payer l'été plus cher que nécessaire, pensez à comparer votre offre d'électricité. Et pour savoir quand la chaleur va enfin céder, retrouvez notre calendrier de sortie de canicule.

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