En quarante-huit heures, les modèles ont franchement basculé. Le vendredi 4 septembre, 98 % des scénarios européens dépassent 32 °C sur Toulouse, avec une médiane à 36 °C, là où ils n'étaient qu'un tiers à le faire vendredi dernier. Et cette fois, un paramètre resté jusqu'ici en retrait vient de rejoindre les autres : les nuits.

Électricité −9 %

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Ce que les modèles disaient il y a deux jours, et ce qu'ils disent ce soir

Le 28 août, l'ensemble du modèle européen, qui fait tourner 51 scénarios en parallèle, plaçait le pic sur le samedi 5 septembre avec 63 % des scénarios au-dessus de 32 °C à Toulouse, et une médiane à 32 °C. Le relevé de ce dimanche soir donne autre chose : le pic se décale au vendredi 4 septembre, la médiane monte à 36 °C, et 84 % des scénarios franchissent 35 °C, avec des pointes hautes à 40 °C.

Un tel raidissement en deux jours est le signe d'une configuration qui se verrouille. À six jours d'échéance, ce n'est plus une tendance : c'est une prévision.

Probabilité de dépasser 32 °C et température médiane, du 3 au 7 septembre
VilleJeudi 3Vendredi 4Samedi 5Dimanche 6Lundi 7
Toulouse33 °C (76 %)36 °C (98 %)35 °C (84 %)34 °C (75 %)32 °C (47 %)
Bordeaux30 °C (4 %)34 °C (73 %)31 °C (37 %)31 °C (41 %)28 °C (18 %)
Lyon29 °C (0 %)33 °C (84 %)34 °C (65 %)34 °C (69 %)32 °C (57 %)
Paris26 °C (0 %)28 °C (0 %)26 °C (0 %)27 °C (8 %)26 °C (0 %)
Lille22 °C (0 %)23 °C (0 %)21 °C (0 %)22 °C (0 %)22 °C (0 %)

Relevé Selectra du 30 août 2026 au soir sur les 51 scénarios de l'ensemble ECMWF via Open-Meteo. La médiane est la valeur qui partage les scénarios en deux moitiés ; le pourcentage indique la part des scénarios dépassant 32 °C ce jour-là.

Cette fois, les nuits suivent

C'est le paramètre qui décide, et c'est lui qui a changé. La canicule répond en France à une définition précise : les indicateurs biométéorologiques, qui combinent les températures minimales et maximales moyennées sur trois jours, doivent atteindre les seuils de leur département pendant trois jours et trois nuits consécutifs. Les après-midi ne suffisent jamais.

Or les minimales grimpent nettement dans le nouveau relevé. Sur Toulouse, la probabilité d'une nuit à 20 °C ou plus atteint 55 % le 5 septembre, 90 % le 6 et 82 % le 7. Sur Lyon, elle monte à 61 % le 6 et 67 % le 7. Il y a deux jours, ces mêmes probabilités plafonnaient sous les 50 %.

La durée aussi tient désormais : à Toulouse, la médiane reste au-dessus de 32 °C du 3 au 7 septembre, soit cinq jours d'affilée. Journées chaudes, nuits chaudes, et une séquence assez longue : les trois conditions du mot sont réunies dans le scénario central, ce qui n'était pas le cas vendredi.

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« Sixième canicule » : le compte qui circule n'est pas celui de Météo-France

L'expression tourne partout, elle mérite d'être remise à l'endroit. Météo-France a recensé trois vagues de chaleur nationales en 2026, et non cinq : quatorze jours en juin, seize en juillet, puis vingt-deux à partir de la fin juillet. Ce sont les 52e, 53e et 54e depuis 1947.

Le décompte à cinq ou six provient de méthodes différentes, qui intègrent des épisodes régionaux ou des seuils moins stricts. Selon le critère officiel, l'épisode qui se dessine serait donc la quatrième vague de chaleur nationale de l'année, pas la sixième.

Ce détail de comptage ne change rien à ce que 2026 restera. L'été a totalisé 52 jours de vague de chaleur, un record très net devant les 33 jours de 2022 et les 22 jours de 2003. L'épisode de fin juillet a duré vingt-deux jours, juste derrière les vingt-trois jours de juillet 1983, le plus long jamais mesuré.

Le nord du pays reste spectateur

Le contraste est brutal, et les titres alarmistes ne le précisent presque jamais. Sur Lille, aucun des 51 scénarios ne fait dépasser 32 °C, aucun jour de la période, et la médiane plafonne à 21 à 23 °C. Sur Paris, la probabilité culmine à 8 % pour la seule journée du 6 septembre, avec des médianes entre 26 et 28 °C.

La chaleur remonte d'Espagne et du Maghreb, elle s'installe sur le Sud-Ouest, gagne la vallée du Rhône, et s'épuise avant la Loire. Un habitant de Rouen ou de Roubaix vivra une première semaine de septembre parfaitement ordinaire.

D'ici là, une accalmie complète

Rien à signaler avant mercredi. Le bulletin de vigilance diffusé ce dimanche à 16 heures ne compte aucun département en orange, et vingt-quatre seulement en jaune. Les maximales du 31 août au 2 septembre restent entre 20 et 29 °C sur les cinq villes suivies, avec des nuits fraîches. La bascule se joue à partir du mercredi 2 et surtout du jeudi 3 septembre.

Ce que six jours d'échéance permettent de dire, et pas plus

Une réserve s'impose, et l'exemple est tout frais. Le 26 août, l'ensemble donnait le dimanche 30 août à 34 °C de médiane sur Toulouse avec 84 % des scénarios au-dessus de 32 °C. Deux jours plus tard, la même journée était ramenée à 32 °C et 39 %. Un pic annoncé peut fondre.

La différence, ici, tient à l'échéance et à la cohérence : six jours au lieu de neuf, un signal qui se renforce au lieu de s'éroder, et une convergence sur les maximales comme sur les minimales. C'est ce qui autorise à parler d'un épisode probable plutôt que d'une hypothèse. Ce n'est pas une certitude : 98 % des scénarios ne sont pas 100 %, et le seuil officiel de canicule dépend de seuils départementaux que seule Météo-France déclenche.

La climatisation rallumée en pleine rentrée

L'épisode tombe au pire moment pour les budgets : celui où l'on croyait la saison de climatisation terminée. Un climatiseur mobile de 2 500 watts qui tourne six heures par jour consomme 15 kWh, soit un peu plus de 3 € par jour au tarif réglementé en heures pleines. Sur les cinq jours chauds annoncés dans le Sud-Ouest, l'addition approche 16 € pour la seule climatisation.

Les nuits tropicales coûtent davantage encore, puisqu'elles prolongent l'usage sur les heures où le kilowattheure est le plus cher et le plus carboné. Nous avons montré que le contenu carbone de l'électricité passe du simple au triple selon l'heure, avec un creux en milieu de journée.

C'est aussi la dernière fenêtre calme avant la saison de chauffe : la consommation de l'été est derrière vous, celle du chauffage n'a pas commencé, et le prix du kilowattheure se négocie encore. Quelques minutes suffisent pour comparer votre offre d'électricité.

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