La taille des haies et le ramassage des feuilles reprennent avec la rentrée, et le tas de branches grossit vite au fond du jardin. Beaucoup de foyers finissent par y mettre le feu, en croyant le geste toléré hors période de sécheresse. Il ne l'est pas, et la note peut atteindre 750 €.

Électricité −8 %

sur le prix du kWh vs tarif réglementé Écart entre le prix du kWh TTC de l'offre PleniWeb Électricité de Plenitude et celui du tarif réglementé de vente (TRV) en vigueur, à option tarifaire (Base) et puissance (9 kVA) identiques. Comparaison sur le prix du kWh seul (hors abonnement), donnée indicative.

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Une interdiction permanente, pas un arrêté de saison

Le code de l'environnement ne laisse aucune marge. Son article L. 541-21-1, issu de la loi du 10 février 2020, prévoit que les biodéchets, notamment ceux issus de jardin ou de parc, ne peuvent être éliminés par brûlage à l'air libre ni au moyen d'équipements ou matériels extérieurs. Tontes, feuilles mortes et résidus de taille entrent tous dans cette définition.

La règle est plus ancienne que la loi : l'interdiction figurait déjà dans les règlements sanitaires départementaux, et elle a été rappelée aux préfets par la circulaire du 18 novembre 2011, consacrée au seul brûlage à l'air libre des déchets verts. Elle ne ressemble pas aux arrêtés sécheresse, qui se lèvent au retour de la pluie. Celle-ci ne se lève jamais, et elle couvre l'incinérateur de jardin, ce fût métallique percé que beaucoup croient réglementaire.

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750 €, et d'où sort exactement ce montant

La fiche du site Service Public, vérifiée le 26 février 2025, est sans ambiguïté : la personne qui brûle des déchets verts peut avoir à payer une amende de 750 €. La même sanction vise celui qui vend ou met à disposition un incinérateur.

Ce chiffre n'est pas une estimation. L'article R. 541-78 du code de l'environnement range l'infraction parmi les contraventions de 4e classe, dont l'article 131-13 du code pénal fixe le maximum à 750 €. L'alerte passe par les services d'hygiène de la mairie, qui peut ensuite prendre les mesures nécessaires pour faire cesser la pratique.

La sanction reste pourtant rare. Selon l'étude sociologique publiée le 3 avril 2023 par l'ADEME, 84 % des personnes qui brûlent leurs déchets verts déclarent n'avoir jamais été sanctionnées, et 15 % des Français disposant d'un jardin reconnaissaient encore brûler en 2022.

50 kg de branches brûlées émettent autant de particules que 13 000 km de diesel

Un feu de jardin brûle mal, et c'est le problème. Végétaux humides, tas mal ventilé, combustion à basse température : une partie de la matière part en particules fines et en composés imbrûlés, à hauteur d'homme et sans le moindre filtre. S'y ajoute le risque d'incendie, dans un pays où 9 départs de feu de forêt sur 10 viennent d'un geste humain.

L'ADEME chiffre l'écart dans sa publication « Alternatives au brûlage des déchets verts » : brûler 50 kg de végétaux à l'air libre émet autant de particules fines qu'une voiture diesel récente qui parcourt 13 000 km. Près d'un million de tonnes partent ainsi en fumée chaque année en France.

L'entretien d'un jardin produit 160 kg de déchets verts par personne et par an. Tout brûler revient donc, en appliquant le ratio publié par l'agence, à 41 600 km de diesel pour une seule personne, un peu plus qu'un tour de la Terre à l'équateur (40 075 km). Cette conversion est la nôtre.

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Déchetterie, broyage, paillage : ce que coûtent vraiment les solutions

La déchetterie reste la sortie la plus simple pour les gros volumes, selon les conditions d'accès de votre commune. Beaucoup de collectivités organisent aussi une collecte de branchages à l'automne, ou prêtent un broyeur contre une caution.

Le broyage commande les 2 autres solutions : réduites en broyat, les branches deviennent un paillage qui protège le sol et limite l'arrosage, ou la matière sèche d'un compost équilibré. La même étude de l'ADEME désigne l'absence d'équipement comme le premier frein.

Côté facture, un broyeur électrique pèse peu. Un modèle de 2 500 W tourne rarement plus de 2 heures d'affilée, soit 5 kWh. Au tarif réglementé de vente en vigueur depuis le 1er août 2026, soit 0,2001 €/kWh en option base 6 kVA, la séance revient à 1,00 €. En option heures pleines et heures creuses, elle tombe à 0,79 € si le broyage a lieu pendant ces heures creuses, placées la nuit ou en milieu d'après-midi selon les communes.

Coût d'une séance de broyage avec un broyeur de 2 500 W
Durée de broyageConsommationCoût au tarif réglementé
1 heure2,5 kWh0,50 €
2 heures5 kWh1,00 €
4 heures10 kWh2,00 €

Calcul Selectra, tarif réglementé de vente option base 6 kVA au 1er août 2026 (0,2001 €/kWh).

L'amende maximale, elle, vaut 3 748 kWh à ce tarif, soit près de 1 500 heures de broyage. Le coût réel dépend du prix du kWh de votre contrat : s'il date de plusieurs années, confrontez-le aux offres du marché avec le comparateur d'offres Selectra, ou appelez un conseiller Selectra au 01 88 24 13 65.

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Compostage, collectes communales et les 2 seules dérogations

Depuis le 1er janvier 2024, chaque collectivité doit proposer une solution de tri à la source des biodéchets : composteur individuel, site de compostage partagé, point d'apport ou collecte séparée. Les déchets verts pèsent environ 12 % des déchets ménagers et assimilés collectés en France.

Le compost domestique digère feuilles et tontes, à condition d'alterner matières humides et matières sèches. Les branches passent d'abord par le broyeur.

Il existe 2 dérogations, et elles sont étroites. La première joue lorsque la commune n'a ni déchetterie ni collecte sélective des déchets verts. La seconde est individuelle : elle se demande au préfet du département où le brúlage aurait lieu, pour éradiquer une maladie des végétaux ou éliminer des espèces envahissantes, et n'est accordée qu'en l'absence de solution alternative efficace d'élimination. Elle vaut un an au maximum, renouvelable sur demande. Les branches issues du débroussaillement obligatoire suivent les mêmes règles.

3 informations à demander à votre mairie

Ces 3 réponses règlent le sort du tas de branches.

  • Les dates de la collecte de branchages de cet automne.
  • Le prêt d'un broyeur, ou l'aide à sa location.
  • La distribution d'un composteur individuel aux habitants.

Le tas de septembre n'a donc pas vocation à partir en fumée : il redevient du paillage, du compost, ou un chargement de coffre pour la déchetterie.

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