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Ondes, surveillance, incendies : le vrai/faux des arguments des anti-Linky qui refusent le compteur

Nous avons vérifié point par point les arguments mis en avant sur les dangers du Linky.

Le compteur connecté Linky, installé en France depuis 2015, devrait couvrir 95 % des foyers d’ici à 2022. Conçu dans l’objectif de mieux gérer les besoins d’énergie et d’optimiser l’utilisation du réseau grâce aux innovations technologiques, ce compteur est aussi annoncé comme un outil de réduction de facture. Or une résistance s’organise depuis les premières expérimentations afin d’empêcher leur mise en place ; Linky est accusé de nombreux maux, notamment d’émettre des ondes électromagnétiques puissantes, de couper intempestivement le courant ou encore de permettre l’espionnage de la vie privée des consommateurs. Qu’en est-il vraiment ? Selectra fait le point sur les arguments principaux contre l’installation ou l’utilisation du nouveau compteur 'd'ENEDIS.

Histoire et déploiement du compteur Linky

Pour mieux comprendre les intérêts, les doutes et les conséquences de ce changement de compteur ; il nous faut considérer l’origine et l’objectif de ces compteurs communicants.

Europe

L’idée d’un compteur permettant de savoir qui consomme quoi à un instant précis n’est pas récente. L'objectif pour les acteurs au amont de la chaine de valeur de l'énergie est de déterminer en temps réel quelle puissance de production d'électricité mobiliser, de pouvoir savoir quand le réseau est surchargé ou encore de réduire le nombre d’interventions des techniciens. De plus, la loi du 13 juillet 2005 fixant les orientations de la politique énergétique en France prévoit que « les gestionnaires des réseaux publics de transport et de distribution d’électricité mettent en œuvre des dispositifs permettant aux fournisseurs de proposer à leurs clients des prix différents suivant les périodes de l’année ou de la journée et incitant les utilisateurs des réseaux à limiter leur consommation pendant les périodes où la consommation de l’ensemble des consommateurs est la plus élevée. » Dès 2006, les premières directives européennes voient le jour : ces nouveaux compteurs permettent de repenser l’interconnexion des réseaux électriques sur le plan européen. Ainsi est née la volonté de concevoir un compteur intelligent au niveau européen.

La directive européenne concernant l’installation des compteurs connectés de 2009 a donc lancé un plan de modernisation des compteurs électriques. Comme dans toutes les situations, certains pays ont demandé des aménagements dus à leur situation ou à leur marché de l’énergie, comme en Allemagne, en Belgique ou en Slovaquie, où tous les clients ne seront pas équipés de la même manière. Toutefois, à terme, une majeure partie des consommateurs verront leurs compteurs remplacés, que cela soit par des compteurs communicants ou des compteurs "à relève moderne" ("Moderne Messeinrichtung") : en Allemagne, où l'intégralité des compteurs seront remplacés d'ici à 2032.

compteur Linky

En France, les premières expérimentations ont eu lieu à Lyon et en Indre et Loire en 2009, avec environ 300 000 compteurs installés. Cette première expérience a par ailleurs été étendue à un certain nombre de villes disposant de réseaux “intelligents” (appelés couramment “Smart Grids”), afin de déterminer la compatibilité des compteurs avec un réseau plus moderne que le classique réseau Enedis. Issy-les-Moulineaux a ainsi aussi pu bénéficier des expérimentations sur le compteur Linky, essentiellement par son réseau intelligent Issy Grid, premier réseau intelligent de France.

Suite à cette période d’essai, la Commission de Régulation des Énergies (CRE) valide le projet dès 2011. Quelques modifications et changements sont apportés aux compteurs, qui commencent leur déploiement national fin 2015. Ce délai long permet aux députés de voter la loi sur la Transition Énergétique pour la croissance Verte. Cette loi fixe l’objectif de 95 % des compteurs remplacés d’ici à 2022.

En parallèle du déploiement de Linky, GRDF remplace progressivement ses anciens compteurs par de nouveaux compteurs de gaz connectés nommés Gazpar. Certaines communes voient aussi leurs compteurs d’eau remplacés par des compteurs communicants ; toutefois, cela dépend aussi de l’entreprise en charge de la distribution d’eau potable. L’objectif pour tous ces gestionnaires est le même : optimiser la gestion des réseaux de distribution, tant pour l’eau, le gaz que l’électricité.

Linky danger : les anti-Linky ont-ils raison de s'inquiéter ?

Les sources d'inquiétudes au sujet de Linky ne manquent pas : de nombreux sites relaient des informations, plus ou moins exactes, qui polarisent les opinions au sujet d'un supposé risque sanitaire autour de Linky. Certains vont même jusqu'à parler de danger de mort.

Ondes et CPL : Linky est-il dangereux pour la santé ?

Comme tout objet électronique et électrique, Linky émet des ondes électromagnétiques. Le compteur est parfois pris pour cible, tandis que d’autres accusent les câbles du Courant Porteur Ligne d’être responsables de fortes émissions d’ondes électromagnétiques. Malgré le nombre élevé de mesures rassurantes aux alentours du compteur et le long du câble, les craintes ne diminuent pas à ce sujet, au point où Enedis a proposé d'effectuer des relevés pour les clients inquiets.

Les ondes émises par le Linky sont-elle nocives ?

Ondes et interférences

Les relevés de l’ANSES (Agence Nationale Sécurité Sanitaire de l’alimentation, environnement et du travail) permettent de dire que Linky en soi n’est pas particulièrement dangereux, surtout que le compteur n’est généralement pas à un endroit fréquenté du domicile. Le rapport désigne les risques sanitaires comme “peu probables” que ce soit au long ou au court terme. Les valeurs d’exposition, que ce soient les données 2016 ou celles révisées en 2017, démontrent que les émissions sont bien inférieures au seuil réglementaire, et sont similaires à celles d’objets du quotidien déjà répandues dans les domiciles des Français : plaques de cuisson, télévision ou encore chargeur d’ordinateur portable sont aussi des sources d’émissions bien plus importantes que celles mesurées aux alentours de Linky et de son câble.Le compteur en lui-même s’avère être moins nocif qu’un grille-pain :

Pour mesurer ces champs électromagnétiques, on utilise la fréquence de l’onde émise, exprimée en Hertz (Hz).

Tableau comparatif de différentes ondes électromagnétiques du quotidien
Objet ou dispositif émetteur Fréquence de l'onde
Courant électrique en France et appareils électriques basiques 50 Hz
Plaques de cuisson à induction 25 kHz
Télécommande de télévision (RC5) 36 kHz
Radio AM entre 0,15 MHz et 26 MHz
Radio FM entre 87,5 MHz et 108 MHz
Télévision hertzienne entre 50 MHz et 215 MHz
GPS entre 1,2 GHz et 1,5 GHz
Téléphone fixe sans fil 1,9 GHz
Téléphone portable (GSM) / 2G / 3G entre 0,85 GHz et 1,9 GHz
4G entre 0,8 MHz et 2,6 GHz
Wi-Fi 2,4 GHz ou 5 GHz
Bluetooth 2,4 GHz
Four micro-onde (à l’intérieur) 2,45 GHz

Le principe général des effets de ces ondes sur la santé est simple : plus la fréquence de l’onde est élevée, plus elle véhicule de l’énergie et est alors potentiellement dangereuse. L’intensité du rayonnement émis est alors définit par l'association d'un champ électrique (mesure en Volts par mètre - V/m) et d'un champ magnétique (mesure en Tesla - T) et qui se propagent dans l'espace.

En tant qu’appareil électrique traversé par un courant électrique de 50 Hz, le compteur Linky émet un rayonnement électromagnétique très faible, de 50 Hz au maximum, et qui diminue très fortement à quelques centimètres de l’appareil (Linky n’est en effet pas destiné à propager ces ondes, ce n’est pas une antenne-relais).

Pour s’assurer du très faible rayonnement des compteurs Linky, 4 principales études ont été menées par des organismes indépendants : l’ANFR, l’INERIS, le CSTB et l’ANSES.

Ces 4 études concluent toutes à des résultats très clairs : à 20 cm du boitier Linky, l’exposition aux champs électromagnétique est très largement inférieure à la valeur limite réglementaire.

  • le champ électrique est plus de 100 fois inférieur à la valeur limite réglementaire (moins de 1 V/m) ;
  • le champ magnétique est plus de 200 fois inférieur à la valeur limite réglementaire (moins de 0,03 µT).

Comme tout appareil électrique, le compteur Linky émet donc des ondes électromagnétiques, mais à des niveaux extrêmement faibles et inoffensifs pour la santé. On peut donc rassurer les porteurs de Pacemaker ou d’appareils électroniques sensibles aux ondes : le compteur Linky n’ajoute aucune précaution supplémentaire comparé aux compteurs précédents.

L’OMS classe les champs électromagnétiques comme possiblement cancérigène

Les effets sur la santé des ondes électromagnétiques qui nous entourent au quotidien soulèvent plusieurs questionnements. L’OMS se pose notamment la question de savoir si une exposition faible mais prolongée à ces dernières est susceptible d'entraîner des problèmes de santé, notamment vis-à-vis de leur accumulation au quotidien. A ce titre, l’OMS dirige depuis 1996 le projet de recherche international CEM. Après vingt années d'études (où environ 25 000 articles scientifiques ont été publiés), l'OMS conclut pour l’instant que les données actuelles ne confirment pas l'existence d'effets nocifs suite à une exposition à des champs électromagnétiques de faible intensité.

Concernant le cancer, les champs électromagnétiques (basses fréquences comme radiofréquences) sont classés “peut-être cancérigènes” (classification 2B) par le CIRC qui dépendant de l’OMS). Cette catégorie concerne les agents pour lesquels on dispose d'indications “limitées” ou “insuffisantes” de cancérogénicité chez l'être humain. Deux autres catégories lui sont supérieures : “agent cancérigène pour l’homme” (groupe 1) et “agent probablement cancérigène pour l’homme” (groupe 2A).

Comme les radiofréquences, le café et certains légumes vinaigrés comme les cornichons figurent aussi dans le groupe 2B.

Légitimement, certains pensent que les recherches sont encore insuffisantes, et l’OMS l’admet en affirmant que la recherche comporte encore certaines lacunes et qu’elle doit se poursuivre pour les combler. En particulier, certains liens statistiquement significatifs montrent une corrélation entre ondes et cancers dans certains cas précis, mais aucun effet médical sur la santé n’a jamais été identifié par la recherche, ce qui ne permet pas d’expliquer ce lien et de tirer des conclusions pour l’instant. Si les ondes sont peut-être cancérigènes pour l’homme, on ne sait donc pas pourquoi et on n’est pas certain qu’elles soient vraiment les responsables (d’où leur classification 2B).

Le cas de l’électrosensibilité (EHS)

Si certaines personnes souffrent réellement de symptômes, jusqu'à présent, les recherches scientifiques n’ont pas réussies à prouver l’existence d’un lien entre ondes électromagnétiques et nuisance au bien-être. Si les ondes sont communément tenues pour responsables, leur rôle n’est pas prouvé scientifiquement pour l’instant, bien que la recherche se poursuive pour essayer d’expliquer ce phénomène.

Les câbles CPL de Linky rayonnent-t-ils ?

L’autre crainte relevée à l’encontre des compteurs Linky sont les ondes émises par les câbles de communication. ENEDIS utilise la technologie CPL (Courant Porteur en Ligne) afin de récupérer les informations de consommation du foyer collectées par le compteur communicant.

Cette technologie fonctionne en émettant des ondes électromagnétiques qui se superposent au courant dans les fils électriques, permettant la transmission d’informations. Le CPL permet alors la communication entre le compteur Linky et le concentrateur Enedis, mais aussi entre certains appareils électriques de la maison et le compteur. Les ondes se diffusent donc dans tout le logement via les fils électriques. Cette technologie vieille de plus de quatre-vingts ans était déjà utilisée par les anciens compteurs Heures Pleines - Heures Creuses et Tempo. Elle est aussi fréquemment utilisée dans les domiciles afin de facilement connecter son matériel à internet.

Cables connexion internet

Comme pour toute transmission, soit-elle filaire ou “aérienne”, le câble CPL émettra des ondes. Ces ondes basses fréquences, comprises entre 35 et 90 kHz, sont sur la même fréquence que les signaux électriques du son audible. Si l’on branche le câble CPL sur une enceinte musicale, la majorité des sons émis pourront être perçus par l’oreille humaine. On est loin des fréquence micro-ondes (de l’ordre de 2,4 GHz) des fours en cuisine. De plus, la technologie CPL ne rayonne que très peu : la puissance dans le câble est limitée à 0,1 W, dont seulement une partie minime est perdue lors du transport. En effet, les câbles ne sont pas des antennes : ainsi, passés les premiers centimètres d’éloignement du câble, le rayonnement est tellement infime qu’il n’est pas relevé par les outils de mesure, pourtant très précis, d’après le magazine spécialisé CanardPC Hardware. Comparées aux ondes émises par des antennes grandes ondes, spécialement conçues pour “rayonner” au maximum depuis maintenant près de quatre-vingts ans, les ondes émises par un câble CPL sont ridiculement faibles.

Il est vrai que les câbles électriques du réseau Enedis et les fils électriques des logements ne sont pas blindés pour empêcher le rayonnement d’ondes électromagnétiques. Mais comme on l’a vu, ce rayonnement étant pratiquement nul, il n’est pas nécessaire de blinder les câbles électrique pour empêcher la propagation d’ondes électromagnétiques. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le réseau électrique non blindé d’Enedis est utilisé pour transmettre des informations :

  • le téléphone fixe transmet nos appels avec des fréquences comprises entre 300 Hz et 3,4 MHz ;
  • l’ADSL connecte les foyers à internet avec des fréquences allant jusqu'à 1,1 MHz.

Deux types de technologie CPL sont utilisées par les compteurs Linky : CPL G1 pour les premiers modèles et CPL G3 pour les modèles plus récents. Selon les anti-Linky, les compteurs seraient alors “évolutifs” et le CPL G3 serait encore plus nocif pour la santé. En vérité, les fréquences utilisées par le CPL sont encore une fois très faibles :

  • 63,3 kHz ou 74 kHz pour le CPL G1 ;
  • entre 35,9 kHz et 90,6 kHz pour le CPL G3.

Cet ordre de grandeur classe le CPL du compteur Linky dans les champ électromagnétiques très basse fréquence, loin derrière de nombreuses autres ondes du quotidien (radio, téléphonie mobile, 3G et 4G, WiFi, etc.), fonctionnant en MHz (1000 fois plus que le CPL) ou en GHz (1 000 000 de fois plus que le CPL).

Ces ondes sont par ailleurs contenues dans les fils électriques et les murs des logements, atténuant alors ce rayonnement électromagnétique déjà extrêmement faible. Pour s’en assurer, les quatre mêmes organismes indépendants ont mesuré le rayonnement électromagnétique issu de la technologie CPL, à proximité des interrupteurs ou des prises électriques des logements. Une fois encore, les résultats sont sans équivoque :

  • le champ électrique est plus de 100 fois inférieur à la valeur limite (moins de 1 V/m) ;
  • le champ magnétique est plus de 6 000 fois inférieur à la valeur limite (moins de 0,001 µT).

La technologie CPL, bien qu’utilisant des ondes électromagnétiques d’une fréquence supérieures à celles du courant électrique basique, ne présente donc pas de risque pour la santé.

Les Antennes-Relais de Linky

Antenne Relai

Les données transmises par le courant CPL n’ayant pas une portée illimitée, elles sont regroupées dans des concentrateurs, qui les accumulent et les transmettent à une base de données centralisée et sécurisée. Le signal utilisé pour la transmission est un signal GSM classique, utilisé par nos téléphones mobiles depuis la première génération. Les craintes majeures résident dans les antennes-relais, dont les ondes electro-magnétiques émises ne représentent pas plus de risques sanitaires que celles déjà déployées pour les télécoms. Les antennes-relais pour Enedis utilisent en effet le même type de fréquence utilisé depuis la fin des années 90. En appliquant les mêmes précautions que pour les antennes classiques, il n'y a pas une hausse des risques encourus.

Paradoxalement, essayer d'empêcher l'installation du concentrateur-émetteur peut avoir des conséquences inattendues. Enedis est en droit d'installer cette antenne chez un particulier contre un dédommagement. Les communes interdisant s'opposant à l'installation des antennes-relais sur les terrains publics pourront donc voir des antennes apparaître sur des terrains privés.

Les Émetteurs Radio Linky seont-ils dangereux pour la santé ?

Les ERL (Émetteurs Radio Linky) sont un émetteur en préparation à clipser sur le compteur afin de le connecter à tous les appareils de la maison contenant des puces pour récupérer leurs informations de consommation. Selon les détracteurs de Linky, cette technologie serait encore plus dangereuse que le CPL et propagerait des ondes radio comparables à un “super wi-fi”.

Il est vrai que des ERL sont en préparation. Ils sont développés par le projet Smart Electric Lyon, qui est un des plus importants programme d’expérimentation sur l’évolution des usages de l’électricité. Ce projet, porté par EDF et vingt-et-un autres partenaires, est soutenu par l’ADEME. Le projet Smart Electric Lyon teste régulièrement auprès de 25 000 foyers particuliers et entreprises des nouvelles solutions de gestion d’énergie. Une des solutions en cours de test est effectivement l’ERL, qui a pour finalité de transmettre des informations en temps réel du compteur Linky vers l’habitat.

Pour l’instant, le compteur Linky communique ses informations seulement avec Enedis via le CPL, mais pas directement à l’usager - bien que les relevés de consommation soient ensuite disponibles sur le site d’Enedis. L’ERL a alors pour objectif de permettre au client d’accéder directement aux informations de son compteur Linky, via l'affichage de la consommation sur une tablette mobile comme en Grande-Bretagne par exemple. L’ERL, qui se branche sur le compteur Linky, transmet alors ses informations par le réseau sans fil Zigbee HA 1.2. Derrière ce nom un peu barbare, se cache un réseau déjà largement utilisé en domotique pour faire fonctionner toute sorte d’objets connectés. La fréquence de ce réseau est de 2,4 GHz, exactement comme le wi-fi domestique.

Par ailleurs, seuls les objets connectés (thermostats connectés, réfrigérateurs connectés, etc.) et compatibles avec le réseau Zigbee peuvent potentiellement être concernés. Il est techniquement impossible pour le compteur Linky de “connecter de force” n’importe quel objet “contenant une puce” pour récupérer ses informations, tout aussi électronique soit-il. Si l’ERL utilise donc bien des ondes nettement supérieures à la technologie CPL (GHz vs. kHz), il n’est donc pas plus dangereux que le wifi domestique.

Principe de précaution pour les technologies du LinkyLe principe de précaution s’appliquerait si l’on avait aucune expérience dans le domaine - or on utilise les antennes-relais ou le CPL depuis longtemps pour de nombreux thèmes, notamment Internet ou les anciens compteurs électriques. L’étude approfondie de l’ANSES, notamment depuis sa révision en 2017, a pris en compte la crainte d’émissions liées aux câbles CPL. Ses conclusions sont inchangées, les émissions demeurent proches de celles des autres objets du quotidien. Les calculs et les tests effectués depuis confirment par ailleurs cette thèse, avec des relevés très faibles proches du câble, et inexistants à distance. Dans tous les cas, l’on peut s’accorder pour dire que cette solution ne peut qu’être plus acceptée qu’une communication “aérienne” fonctionnant directement en réseau GSM, comme les téléphones mobiles.

Données Personnelles et Vie Privée avec Linky

surveillance-données

Un autre grand sujet de préoccupation est l’intrusion dans la vie privée des consommateurs. De nombreux internautes s’inquiètent que quelqu’un, que ce soit le fournisseur, Enedis ou un tiers mal intentionné, puisse avoir accès à l’intégralité des données personnelles et les utiliser pour un profit ou un intérêt personnel. Ces préoccupations sont légitimes, mais pas toujours totalement fondées.

Le principe même du compteur intelligent est de récupérer un certain nombre d’informations sur notre consommation avec des données plus fines que les compteurs traditionnels. Ces informations permettent alors :

  • aux usagers de mieux maîtriser leur consommation ;
  • à Enedis et aux fournisseurs d’énergie d’effectuer les relevés de consommation à distance, et surtout de mieux équilibrer le réseau en optimisant la distribution d’électricité.

Mais ces données de consommation relèvent de la vie privée et leur récupération par Enedis ou les fournisseurs d’électricité inquiète.

Intrusion dans la vie privée

La préoccupation majeure est la peur que l’on puisse connaître chaque détail de la vie quotidienne du consommateur grâce à son compteur. Une vidéo circule notamment sur les réseaux sociaux montrant le directeur de Communication d’Enedis expliquant le fonctionnement du nouveau compteur.

 

Sur l’écran devant lui est visible la courbe de consommation. M. Lassus commente en direct l’évolution de la courbe en évoquant la mise en route d’un four ou d’une machine à laver. Il en a donc été déduit maladroitement que ce compteur est capable de déterminer quel objet s’allume et s’éteint durant la journée et permettrait de savoir chaque faits et gestes du quotidien : combien de douches l’on prend, combien de personnes sont présentes et à quelle heure...

Toutefois, ces conclusions sont hâtives, car elles se fondent sur une situation bien particulière :

  • La situation présentée est une simulation en milieu fermé. Cela signifie que lors de la présentation, il a un contrôle sur l’intégralité des facteurs, notamment quel appareil s’allume.
  • Par défaut, le compteur mesure la “courbe de charge”, mais ne la transmet qu’une fois par jour à Enedis. Le relevé est effectué toutes les trente minutes.

Il est impossible avec Linky de savoir quel objet s’allume ou s’éteint mais simplement la consommation totale à un instant T, par tranche de 30 minutes, est connue. Savoir à quelle heure on se lève ou se couche est donc possible, mais il est techniquement impossible de relier un objet à sa consommation.

Allumer un sèche-cheveux aura le même effet sur le compteur qu’un grille-pain, chauffer une pièce peut se confondre avec l’allumage automatique du chauffe-eau, allumer la télévision aura la même variation sur la courbe que deux ampoules allumées ou un frigidaire basse-consommation...

Linky n’est donc pas capable de déterminer les habitudes exactes de consommation, mais peut effectivement déterminer une activité plus ou moins importante dans le domicile, sans toutefois déduire la nature de cette activité. Une simple prise avec minuterie fausserait toutes les conclusions basées sur une courbe de charge.

Les compteurs Linky collectent-ils nos données personnelles sans notre consentement ?

Dans son mode par défaut, et donc sans consentement particulier, le compteur Linky permet de collecter seulement la consommation globale d’électricité sur une journée (sans possibilité de déduire des habitudes précises sur le foyer). Ces relevés sont envoyés une fois par mois au fournisseur d’électricité afin d’établir la facture mensuelle, et sont aussi disponibles sur le site d’Enedis pour suivre sa consommation.

Le compteur Linky peut également collecter et envoyer des données de consommation plus fines à Enedis et aux fournisseurs, au maximum toutes les 10 minutes. Dans ce cas, la règle fixé par la CNIL et l’ADEME est simple : les données fines de consommation sont privées et appartiennent à son usager. Il faut donc un consentement explicite pour qu’elles soient transmises à Enedis ou à un tiers commercial (comme le fournisseur d’électricité).

Mode par défaut

Dans son mode par défaut, le compteur Linky ne remonte à Enedis que les données de consommation globale, une seule fois par jour, entre 00h et 6h du matin, via la technologie CPL. Avec leur accumulation au fil des jours, ces relevés permettent de constituer la courbe de charge du foyer, stockée toutes les 30 minutes, indiquant comment évolue la consommation d’électricité et permettant d’anticiper si un foyer va consommer beaucoup d’électricité à tel ou tel moment. Il n’est en aucun cas possible pour Enedis de déduire des informations précises sur les habitudes du foyer (heures de lever et de coucher par exemple, nombre de personnes présentes dans la maison, occupation des pièces, etc.). Il ne s’agit que des données de consommation globale du foyer.

Mode plus précis

Il est uniquement possible de déduire plus d’informations avec des relevés plus fréquents. Le principe est simple, plus les relevés sont réguliers, plus il est possible d’établir une courbe de charge précise et d’en déduire des informations sur les habitudes du foyer. Or, pour l’instant, la CNIL, qui est le régulateur des données personnelles en France, limite les relevés à toutes les 10 minutes au maximum (et avec accord du client). Avec cette limite, il est en pratique possible de connaître la plupart des habitudes du foyer. Cette information plus précise permet alors aux fournisseurs d’électricité d’adapter au maximum la fourniture d’électricité avec les besoins des consommateurs, et de proposer des offres d'électricité personnalisées moins chères.

Collecte et monétisation des données personnellesCertains services du quotidien, comme les réseaux sociaux, les moteurs de recherche ou les terminaux de paiement, connaissent davantage de choses sur les consommateurs que Linky ne pourra jamais savoir...

Pour arriver à déduire l’utilisation de tel ou tel appareil électrique dans la maison (comme la télévision, voir même quelle chaîne est regardée), il est nécessaire d’effectuer des relevés beaucoup plus fréquents (de deux fois par seconde ou plus). Si pour l’instant la CNIL limite les relevés à toutes les 10 minutes ; techniquement le compteur Linky permet le relevé et la transmission d’informations en permanence. Légitimement, certains craignent alors un revirement de situation où il “suffirait de 10 secondes au Gouvernement pour changer les règles” et autoriser la collecte de plus de données. Mais cette crainte est largement infondée : en effet la CNIL est un organisme indépendant, destiné à protéger les usagers et non à les espionner, et un revirement de situation est donc peu probable. Dans tous les cas, elle n’est en aucun cas soumise au bon vouloir des politiques.

Il est également possible de craindre qu’à terme, ce consentement ne se retrouve dans les petites lignes en bas des contrats. Mais pour l’instant la CNIL semble veiller avec attention à ce que l’accord de l’usager soit bien explicite. Pour preuve, elle a mis en demeure le fournisseur Direct Energie le 27 mars dernier, car ce dernier ne demandait pas assez explicitement le consentement de ses clients pour la transmissions de leurs données fines de consommation.

Sur son espace personnel sécurisé Enedis, il est à tout moment possible d’activer ou de désactiver la collecte de données détaillées, et de supprimer tout l’historique des données enregistrées.

Peut-on pirater Linky ?

Enfin, certains consommateurs s’inquiètent du risque de piratage des données à des fins malveillantes. Que cela soit à des fins de chantage ou de terrorisme, les sujets de préoccupations ne manquent pas. Pour cela, Enedis a imité la sécurité des informations concernant les centrales nucléaires, avec des serveurs hautement sécurisés et des systèmes anti-intrusion qui ont fait leurs preuves.

Protection Piratage

En ayant un accès physique au compteur Linky, il n’est pas impossible de se faire pirater ses données du compteur, notamment via l’interface TIC (télé-information client). Mais à ce niveau, les compteurs Linky ne sont pas plus vulnérables que les anciens modèles de compteur. Par ailleurs,, un piratage à distance est lui aussi improbable. La crainte est pourtant légitime : les données de consommation circulent sur le réseau public public via le CPL. Une telle tentative serait très certainement vaine car les données sont chiffrées (chiffrage AES-128 qui n’a jamais été cassé à ce jour). Par ailleurs, ces données ne contiennent aucune information permettant d’identifier directement l'usager (nom, adresse, etc.). De plus, s’il devait tout de même avoir une tentative fructueuse, les données personnelles demeureraient sauves puisque les serveurs sont conçus pour effacer leurs contenus s'ils sont accédés sans les clés d'accès. En outre, seul circule le numéro de série du compteur. La correspondance entre les données de consommation et l’usager concerné est uniquement effectuée uniquement dans les systèmes d’information sécurisés d’Enedis.

Les données étant à la fois anonymisées et les informations cryptées, on ne peut donc pas compter sur un agent infiltré chez Enedis pour informer des cambrioleurs d’une éventuelle absence.

D’autres problèmes majeurs seront cependant à prévoir : un tel piratage, si réalisé à grande échelle, pourrait causer un “black-out”, une surtension massive sur le réseau déclenchant une coupure du courant sur une portion importante du territoire. Cela relèverait d’une attaque organisée de grande ampleur et ne pourrait qu’être organisé que par un acteur disposant de ressources considérables. Cette hypothèse demeure donc très peu probable.

Une Caméra dans le compteur Linky ?

Protection Piratage

En relation avec les questions de vie privée est apparue une autre rumeur sur internet : le compteur abriterait en son cœur une caméra afin d’enregistrer ce qu’il se passe dans les foyers français. Initialement, cette affirmation provient d’un site satirique : elle a désormais fait tâche d’huile et un certain nombre de consommateurs inquiets redoutent la surveillance dans leur domicile. Il n'en est bien évidemment rien. On peut par ailleurs se demander quelle serait l’utilité d’une caméra cachée sur un compteur électrique : la vaste majorité des foyers français ont un compteur dissimulé dans un boîtier, une cave ou en extérieur. À moins qu’ Enedis n’apprécie les films (littéralement) noirs, cette caméra n’aurait que bien peu de sens.

Questions environnementales

De nombreuses questions concernant l’environnement ont été soulevées par le changement des compteurs anciens par de nouveaux compteurs. Tandis que certains s’inquiètent du véritable impact sur la consommation, d’autres s’interrogent sur la durabilité des compteurs, désormais en plastique, ou du recyclage des anciens compteurs.

Augmentation des consommations

Le compteur Linky, en soi, ne diminue pas les consommations. Il permet cependant de suivre plus précisément ses consommations d’énergie : on peut ainsi voir quelle quantité d’énergie est consommée lorsque l’on est en train de dormir ou en déplacement, comme par exemple les appareils en veille. Réduire les consommations est donc dans les mains des consommateurs, qui ont un bien meilleur suivi de leurs consommations.

France renouvelable

Le quotidien Le Monde évoque par ailleurs une meilleure prise de décision politique : en analysant les données par quartier, il sera possible de déterminer lesquels ont le plus urgemment besoin d’aides à l’isolation ou pour des chauffages plus efficaces. Il sera aussi possible de réaliser, uniquement si le consommateur est volontaire et possède l'équipement adapté, de réaliser un “effacement” : des micro-coupures du chauffage en période de pointe, permettant de diminuer la demande en énergie et donc d’éviter d'initier des centrales au charbon ou au gaz pour alimenter la forte demande des radiateurs, ou d'éviter la surcharge d'un réseau déjà saturé. Une expérimentation a en ce moment lieu à Lorient, avec le projet SOLENN, qui semble déjà porter des fruits.

Il ne faut par ailleurs pas oublier que le compteur Linky facilite grandement la prise en compte de l'autoconsommation pour les particuliers, ce qui, techniquement, diminue la consommation du réseau national et réduit le besoin des centrales de charbon et gaz dans le mécanisme de capacité.

Durée de vie du Linky

Certains s’interrogent sur la durée de vie du compteur : un boîtier en plastique, bourré d'électronique, peut-il est aussi durable que les compteurs en acier d’antan ? Si en effet, le plastique inspire moins confiance que le métal, les normes de solidité et de résistance au temps n’ont pas évolué depuis. Tous ont une garantie de fonctionnement de 20 ans, y compris Linky, avec un espérance de vie bien plus longue. Les anciens compteurs sont par ailleurs recyclés, comme la loi le prévoit, à hauteur d’au moins 75 %.

Linky déclenche-t-il des incendies ?

Si certains s’opposent aux compteurs Linky en se basant sur un principe de précaution, d’autres accusent les compteurs Linky de déclencher de véritables sinistres. Ces arguments sont généralement plus virulents.

Feu

Des cas d’incendies ont été reportés suite à l’installation du compteur Linky. Certains témoins affirment avoir vu le compteur prendre feu dans une gerbe d’étincelles, ce qui déclenche parfois un incendie bien plus important. Toutefois, ces témoignages sont à prendre avec précaution : aucune preuve tangible n’a pour l’instant été apportée démontrant que le compteur était en cause. Les tableaux électriques, généralement à proximité du compteur, sont la piste principale d’investigation. Enedis rappelle en effet que les compteurs, très peu exposés aux risques d'embrasement, sont tout de même composés de matériaux retardant le déclenchement d’un incendie en cas de problèmes. De plus, les tests réalisés sur six ans avant le déploiement global n’ont jamais révélé un quelconque défaut de fonctionnement. Il faut cependant évoquer les autres causes : des incendies sont susceptibles de se déclencher à moyen-long terme si l’installation n’est pas conforme aux normes de sécurité en vigueur. D’après l’ONSE, les deux tiers des 29 millions de foyers de plus de 15 ans possèdent une installation électrique qui n’est pas aux normes de sécurité en France. D’autres incidents sont dû à la mauvaise installation du compteur Linky, et non au compteur lui-même.

Des voix s’élèvent ainsi contre les sous-traitants d’Enedis, accusés d’être formés trop hâtivement et pas assez sensibilisés sur les questions de sécurité. Enedis a effectivement mis en place un cahier des charges précis avec une “sensibilisation particulière est réalisée lors de la formation des techniciens de pose qui sont équipés d’un instrument permettant de réaliser parfaitement ce geste technique”. Mais il n'est parfois pas suivi dans son intégralité. De par les délais à respecter ou la pénurie de main d’oeuvre, les installations sont parfois faites sans explications auprès des consommateurs ni vérifications ultérieures. Des cas de dysfonctionnements ont été rapportés : Enedis s’engage naturellement à réparer le compteur mal monté, ainsi qu’une compensation financière pour les biens endommagés. Selon le fournisseur Enedis, environ 0,7 % des clients ayant été équipés par le nouveau compteur ont eu des dysfonctionnements. Un incident sur le réseau intérieur d’un consommateur relève de sa responsabilité, mais le technicien Enedis est supposé informer le consommateur des vérifications à effectuer en cas de changement de puissance de compteur.

Enedis fait par ailleurs remarquer qu’il n’y a pas de hausse statistique des incidents sur les compteurs, seulement une hausse de la médiatisation et de l’attention portée aux compteurs Linky.

Le Linky peut-il disjoncter ?

disjoncteur

Des consommateurs se plaignent que le Linky disjoncte régulièrement, chose qui ne se produisait pas auparavant avec leur compteur électromécanique ; ces derniers n’étaient en effet pas équipés d’un disjoncteur. Désormais intégré directement au compteur, il permet de remplacer partiellement le disjoncteur BECO présent dans les domiciles, lui aussi propriété d'Enedis.

Linky peut donc disjoncter mais possède une tolérance à la surtension plus importante que celle des anciens compteurs électromécaniques. En fait, si le courant saute désormais, c'est que :

  • soit l'ancien disjoncteur, toujours présent dans le domicile, n’a pas été réglé à la puissance adaptée ;
  • soit la puissance du compteur n'est pas adaptée aux besoins du logement. Linky est plus précis que les anciens compteurs, qui ne disjonctaient pas quand la puissance soutirée était supérieure que celle souscrite par le client.

En attendant, pour remettre en marche un compteur Linky qui a disjoncté, il suffit d’appuyer sur l’un des boutons sur la façade du compteur. Si le problème ne vient pas du disjoncteur, il faudra appeler son fournisseur d'électricité pour demander une augmentation de la puissance. L'opération se fait à distance et gratuitement si le nouveau compteur a été installé il y a moins d'un an ; sinon elle est facturée  €. A noter que cette modification sera synonyme d'une augmentation de l'abonnement sur la facture, mais d'une baisse du prix du kWh chez certains fournisseurs moins chers.

De nombreux foyers sous-abonnés en France ?Dans une étude datant de 2013, l’UFC que choisir estime que 37% des foyers français (soit plus de 10 millions de clients) sont sous-abonnés et paient pour une puissance inférieure à celle réellement tirée sur le réseau. Avec les compteurs Linky et leur plus grande précision, ces foyers devront alors ajuster leurs contrats d’électricité, malheureusement à leur dépens (les calculs de l’association estiment un surcoût total de 308 millions d’euros par an pour ces foyers).

Le compteur Linky perturbe les appareils électriques du foyer

Les rares cas de dysfonctionnement d’appareils électroménagers sont dus à une non conformité des appareils aux normes européennes (produits fabriqués en Chine et non adaptés au marché européen par exemple). Ces produits ne respectent alors pas les bandes de fréquences européennes délimitées pour leur usage (en France, du 50 Hz) et empiètent alors sur les fréquences de la technologie CPL du compteur Linky (entre 63 kHz et 90 kHz), pouvant alors entraîner des dysfonctionnement.

Par ailleurs, d’autres cas de dysfonctionnement sont dus à des mauvaises configurations des bandes de fréquences des équipements, qui marchent alors sur les bandes du CPL utilisé par le compteur Linky.

En Europe, les autorités de régulations réservent les fréquences utilisées par le CPL des compteurs Linky seulement aux compagnies d’électricité. Les autres appareils utilisant la technologie CPL fonctionnent alors avec d’autres fréquences, et n’interfèrent pas avec celles du compteur Linky.

Linky causera-t-il des hausses de facture ?

Le coût de l’installation des compteurs Linky est évalué à plus de 5,39 milliards d’euros, soit 130 € par compteur environ. Néanmoins, ce coût est censé être pallié par les économies réalisées par le distributeur et les clients.

Le prix du compteur Linky

Comme évoqué, Linky ne coûte ne rien lors de son installation, tout est à la charge d’Enedis. C’est après que les choses se compliquent. Le coût du déploiement de ces nouveaux compteurs se répercutera sur les factures à cause de la hausse des tarifs d'acheminement de l'électricité (le TURPE) à partir de 2022. En effet, la Commission de Régulation de l'Energie a imposé un différé tarifaire, afin que les consommateurs ne paient le déploiement du compteur seulement une fois qu'ils en verront les bénéfices. Il est estimé que des économies importantes seront réalisées sur chaque facture grâce à cette nouvelle technologie, permettant ainsi de contrer la hausse du TURPE et d’équilibrer les dépenses, avec au final un impact est neutre pour le client.

Théoriquement les usagers, en mesure de suivre précisément leur consommation d'électricité, pourront alors agir d’eux-même pour réduire leur consommation et impacter directement leur facture d’électricité. Par ailleurs, de nouvelles offres d’électricité de la part des fournisseurs d’énergie, plus personnalisées et donc moins chères, devraient également participer à alléger les factures et compenser la hausse du Turpe.

Or dans un rapport critique, la Cour des Comptes dénonce son « coût excessif », d'autant qu'ENEDIS devrait bénéficier d'un taux d'intérêt élevé de 4,6%, représentant 500 millions d'euros, en plus d'un bonus équivalant à 1% de la valeur prévue des investissements que l'entreprise percevrait si elle termine le déploiement dans les temps. Toutefois, au vu de la résistance à l’installation de ces compteurs, on peut envisager des retards par rapport à cet objectif.

C'est ce qui a poussé l'UFC Que Choisir à lancer une campagne pour que les consommateurs n'aient pas à payer ce nouveau compteur. Il y est notamment reproché que la neutralité du projet pour les consommateurs n'interviendrait qu'à partir du moment où les économies deviendrait réelles, fait largement surestimée pour 2021, entraînant une hausse des factures de 15 € par an pendant 10 ans selon leurs calculs.

Pour la Cour des Comptes, le Linky est « un dispositif coûteux pour le consommateur, mais avantageux pour Enedis [...] L’analyse bénéfices-coût au niveau de la distribution ne peut à elle seule justifier économiquement le projet et, en l’état actuel des travaux, le système n’apportera pas les bénéfices annoncés en ce qui concerne la maîtrise de la demande d’énergie ».

Dans ces conditions, les Sages recommandent de revoir les conditions de rémunération d'ENEDIS et d'apporter des garanties plus importantes de gains économiques pour les particuliers, notamment en accédant à des données de consommation plus détaillées et plus fréquentes.

De leurs côtés, Enedis et la CRE affirment dans leurs différents communiqués de presse que la neutralité pour les usagers sera maintenue coûte que coûte et que les économies seront réelles pour les consommateurs. Dans ce débat, il est pour l’instant difficile de trancher. Un point permet néanmoins de relativiser : dans d’autres pays européens, les consommateurs ont directement été facturés pour l’installation des compteurs intelligents, comme en Espagne par exemple.

Hausse de factures suite à l’installation de Linky

evolution des factures

Certains clients se plaignent d’une hausse de facture conséquente au changement de compteur. Le nombre de cas demeure assez faible. Enedis précise que cela signifie souvent que l’ancien compteur était défectueux : la méthode de mesure reste la même qu’auparavant, les normes de fonctionnement n’ayant pas changé entre temps. Le compteur ne consomme pas beaucoup plus que les anciens compteurs électromécaniques - de plus, l’énergie consommée par le compteur n’est pas facturée aux consommateurs, mais est payée par Enedis. Pour ceux doutant de la bonne foi d’Enedis, le gestionnaire du réseau propose une prestation de vérification de comptage : elle coûte plus de 300 euros s'il s'avère que le client a tort, mais permettra de rassurer ceux qui sont parfois très remontés et dubitatifs.

Des erreurs de Point De Livraison (PDL) ont aussi été rapportées, mais elles demeurent très rares. Ce genre de problèmes pouvait aussi se produire avec les vieux compteurs électromécaniques. Cela consiste à régler les factures de ses voisins plutôt que les siennes, ce qui peut prêter à confusion. Cela peut mener par ailleurs à la coupure du courant dans son logement, puisque le compteur utilisé est considéré comme inactif. Cela demeure très rare : si cette erreur est liée au changement de compteur, il faut rapidement contacter son fournisseur, qui chargera ENEDIS d'immédiatement effectuer les modifications nécessaires.

Pourquoi vouloir remplacer des compteurs qui marchent par un compteur connecté ?

Homme Sceptique

Changer de compteur électrique pour un compteur plus récent peut paraître futile au premier abord :

  • ils ont tous les deux les mêmes fonctions ;
  • les anciens sont conçus pour durer longtemps ;
  • et l’on peut se demander pourquoi changer quelque chose qui fonctionne.

Mais les compteurs connectés sont bien plus que de simples outils pour mesurer la quantité d’énergie consommée. Ils apportent des avantages plus ou moins importants, tant aux producteurs, aux gestionnaires du réseau qu’aux consommateurs. Il faut toutefois reconnaître que le gestionnaire du réseau est celui qui bénéficiera le plus des nouvelles fonctionnalités.

Avantages apportés par le Linky pour les particuliers

Pour le particulier, les nouvelles fonctionnalités du compteur apportent quelques avantages notables :

  • l’on pourra désormais surveiller sa consommation presque en temps réel et ainsi mieux contrôler ses appareils électroménagers pour optimiser l’utilisation de l’énergie ;
  • moins d’interventions des techniciens, donc moins de rendez-vous à prendre et à respecter ;
  • tout comme moins de frais (déplacement, personnel…).

Par ailleurs, le compteur Linky permet le développement de l'autoconsommation et l’autoproduction : en effet, jusqu’à présent, il était plus compliqué d’intégrer au réseau domestique ou de distribution l’énergie que l’on produit grâce à ses panneaux solaires ou à sa petite éolienne. Grâce au compteur Linky, tout s’effectue dans le même boîtier, ce qui facilite grandement les calculs et l’intégration aux factures de la production d’électricité. Cela permet aussi la prise en compte en temps réel de la production des particuliers pour le gestionnaire du réseau.

Il est néanmoins fortement regrettable que des informations sur la consommation, en kWh et en euros, ne soient pas encore disponibles clairement directement sur le compteur ou depuis une application, afin de vraiment pouvoir maîtriser ses consommations au quotidien. La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique prévoit pourtant que ces informations soient rendues disponibles grâce à un «dispositif déporté d’affichage en temps réel.»

De nouvelles offres d'électricité

Pour les fournisseurs, cela va leur permettre d'avoir un contact plus rapproché avec leurs clients, et de leur propose des offres plus innovantes :

  • certains contrats proposeront une tarification avantageuse pour inciter à couper certains appareils électriques pendant une courte période, correspondant à un pic de consommation : c'est l'effacement. Cela permettra donc de limiter considérablement les surcharges hivernales du réseau tout en ayant que peu d’impact sur la vie quotidienne.
  • dans cette optique, le nouveau compteur permet des options tarifaires "spéciales Linky" bien plus adaptées aux types de consommation des particuliers : il existe par exemple déjà une offre “été-hiver” proposée par le fournisseur alternatif Ohm Energie.

Plus d'efficacité sur le réseau et des économies d'échelle

Enfin, Enedis profite notamment de la surveillance globale et en temps réel de l’utilisation du réseau :

  • l’adaptabilité ainsi acquise diminue considérablement les risques de surtension ;
  • les remontées plus rapides permettent de détecter plus rapidement le type de pannes en cas d’interruption de distribution : une intervention plus rapide et plus efficace permet évidemment une réduction des coûts et des délais d’intervention ;
  • le nouveau compteur réduit considérablement les coûts d’intervention ENEDIS. En effet, un grand nombre d’opérations peuvent désormais s’effectuer à distance, comme la mise en service du compteur ou le changement de puissance souscrite. Jusqu’à présent, il fallait qu’un technicien se déplace et effectue des manipulations sur le compteur et le disjoncteur BECO. Cela impliquait des frais de déplacement, et un délai d’attente parfois relativement long pour les consommateurs.
  • l'apport énergétique des énergies renouvelables (EnR) est mieux géré. Le dilemme majeur de ces énergies est qu’elles ne sont pas prévisibles, pas continues et qu’on ne peut pas les stocker. Il est donc nécessaire d’être capable de prendre leur relais si le vent, le soleil ou le courant venait à manquer.

Autre changement notable comparé aux anciens compteurs, il est désormais presque impossible de trafiquer les compteurs Linky. Les compteurs actuels peuvent être modifiés voire endommagés grâce à des méthodes illégales dans l’objectif de réduire la consommation affichée. La plus fréquente était l’utilisation d’aimants très puissants pour ralentir la vitesse de rotation du disque-compteur. Cette époque est désormais révolue : le simple fait d’ouvrir le compteur déclenche une alerte chez Enedis, qui pourra rapidement effectuer une visite d’inspection. Si cela peut paraître assez futile au premier abord, les fraudes représentaient toutefois environ 1,5 milliard d’euros en pertes nettes pour Enedis en 2015. Enedis faisant partie du service public en tant que filiale exclusivement détenue par EDF, ce sont des sommes que la société française dans son intégralité finit par compenser.

Enedis, ERDF, EDF… Qui fait quoi ?Afin d’éviter toute confusion, il est important d’avoir en tête les rôles des acteurs sur le réseau d’électricité. Initialement, l’intégralité des étapes de l’électricité était gérée par un seul acteur étatique: Electricité De France (EDF). Toutefois, avec l’ouverture progressive à la concurrence, il a fallu changer l'organisation du système : il n’était en effet pas possible de demander à chaque fournisseur de construire ses centrales, ses lignes hautes tensions et son réseau local de distribution. Le réseau a donc été divisé en quatre acteurs:
  1. Les producteurs : Cette partie est ouverte à la concurrence, même si l’acteur principal reste EDF, de par son activité nucléaire. L'entreprise produit ainsi plus de  70 % de l’électricité en France grâce à ses 58 réacteurs, et possède de nombreuses centrales hydro-électriques. D’autres producteurs existent, notamment Direct Énergie ou Enercoop. Leurs activités de production est toutefois à distinguer de leur activité de fournisseur.
  2. Le transporteur : Il s’agit ici de transporter l’énergie, sous haute tension, de la production jusqu’à sa transformation en énergie basse tension. Cet acteur, Réseau Transport Electricité (RTE), appartient à EDF et la Caisse des Dépôts. Chaque électron, produit par EDF ou un autre fournisseur, transitent de la même manière sur ce réseau.
  3. Le distributeur : Une fois l’énergie sous haute tension transportée, elle est envoyée au plus près de la consommation par le distributeur, afin de passer en "basse tension" dans les domiciles des particuliers. 95 % de la France est couverte par le distributeur Enedis, qui s’appelait auparavant ERDF. Les 5 % restants sont gérés par une multitude de régies locales, nommées Entreprises Locales de Distribution (ELD). Ce sont eux qui gèrent les réseaux urbains, s’occupent des réparations sur les lignes électriques extérieures et notamment eux qui sont propriétaires des compteurs électriques. Enedis est une filiale d’EDF, et appartient donc à l’État. Ce sont toutefois deux acteurs indépendants l’un de l’autre : l'électricité de tous les producteurs et fournisseurs transite sur ce même réseau, indistinctement.
  4. Les fournisseurs : C’est eux qui s’occupent de la facturation de l’énergie consommée. EDF est donc un fournisseur d’électricité, comme Total Spring, Cdiscount ou Eni. Ce sont eux qui répartissent la facture entre les différents acteurs, qui décident quelle quantité et quel type d’énergie à acheter.

Ai-je le droit de refuser l'installation d'un compteur Linky ?

Si Linky n'est pas obligatoire, il n’est à ce jour pas possible de s’opposer formellement à l’installation du compteur Linky. Seuls les consommateurs dont les compteurs sont inaccessibles depuis la voie publique peuvent techniquement mettre des bâtons dans les roues des installateurs. Les techniciens d’Enedis ne peuvent en effet pas s’introduire de force dans le domicile de consommateurs sans leur accord. Les autres compteurs, accessibles depuis la voie publique, doivent demeurer accessibles, non seulement car il n’appartient pas au consommateur, mais aussi par mesure de sécurité en cas d’incident sur la ligne. S’opposer à l'installation de ces compteurs est prendre le risque de devoir régler le déplacement des techniciens pour les futurs relevés ou interventions, tout en réduisant l'efficacité de la production énergétique. Les interventions deviendront globalement plus chères, car bien moins fréquentes - le technicien ne se déplacera que pour quelques consommateurs, et non pour l’intégralité d’un hameau ou d’un immeuble.

Faut-il s'opposer à l'installation des Linky ?

Comme nous l'avons vu, la majorité des inquiétudes ne sont finalement pas complètement justifiées : les incendies, les coupures de courant ou encore la surveillance de la vie privée ont dans l’ensemble été pris en compte lors de la conception et le développement du compteur. Les incidents ont presque intégralement une cause externe. Il n’y a pour l’instant pas de preuves tangibles du danger du compteur Linky, que cela soit sur la question des ondes, des incendies ou de cambriolages. Il est arrivé que l'installation hâtive du compteur soit en cause dans certains incidents - cela n'a toutefois rien à voir avec le compteur en lui-même, puisqu'une mauvaise installation d'un ancien compteur aurait eu le même effet à terme.

Stop Linky

Les ondes ne sont pas, au niveau actuel de nos connaissances, plus dangereuses que la plupart de l’électroménager dans un foyer classique (plaques de cuisson, télévision ou téléphone mobile). Le Courant Porteur Ligne (CPL) n’est pas utilisé continuellement pour communiquer avec les centrales, et n’émet donc pas en continu. Les émissions d’ondes dues aux concentrateurs sont peu fréquentes et peu intenses. Les inquiétudes concernant les données personnelles sont plus pertinentes, tant les technologies évoluent rapidement. La CNIL se porte cependant garante des données transmises et vérifie l’anonymisation des informations. Si la transmission des données doit être autorisée par le consommateur, des abus sont toutefois concevables, notamment via des clauses intégrées dans le contrat. Il faut cependant garder à l'esprit que l'on consent à transmettre bien plus de données privées, et souvent plus sensibles et personnelles, rien qu'en se connectant sur un réseau social ou sur une enseigne en ligne, que lorsque l'on transmet ses données de compteur.

Mais on pourra effectivement noter que le "risque Zéro" n'existe pas, et qu'on ne peut tout prévoir lors des phases de test et de conception . Toutefois, les hypothèses étudiées couvrent un grand nombre de scénarios plus ou moins plausibles. La moindre faille de sécurité pourra être par ailleurs corrigée à distance grâce aux capacités communicantes de ce nouveau compteur. Il est en outre important de rappeler que, contrairement à ce que demandent certaines associations anti-linky, il n’est par nature pas possible de démontrer l'inexistence de quelque chose, notamment un danger sanitaire.

Quelles conséquences au refus d'un compteur Linky ?

S’il n’est pas autorisé de refuser le compteur, certains refusent l’accès du domicile aux techniciens Enedis… empêchant de fait l’installation du compteur. Cela signifie donc que le technicien Enedis devra toujours effectuer ses déplacements afin de relever les compteurs, mais il effectuera ce déplacement pour bien moins de personnes qu’auparavant, puisque d'après ENEDIS l'installation se passe sans encombre dans l'immense majorité des cas. Cela impliquera donc une hausse du coût d’une pour Enedis. Il est donc probable que le prix de la prestation de relève physique de compteur augmente une fois la période de transition terminée.

En effet, jusqu’à présent, le coût du déplacement était réparti entre tous les membres d’une communauté : en une journée, plusieurs villages ou immeubles étaient ainsi relevés. Le technicien venait une fois pour un grand nombre de relevés, tandis que maintenant, le même déplacement devra être effectué pour un faible nombre de relevés. Le coût par relevé est donc plus élevé - cette hausse pourrait être facturée aux clients s'opposant à l’installation du compteur Linky.

Pourquoi la lutte anti-Linky est-elle si virulente ?

Il semblerait que le climat global de méfiance envers les institutions et le “progrès” explique pour beaucoup la fronde de certains citoyens à l'encontre du nouveau compteur communicant. Néanmoins, ENEDIS a sa part de responsabilité, en termes de manquements stratégiques et de largesses financières.

Les erreurs d'ENEDIS

Si le compteur Linky déchaîne les passions et qu'une véritable fronde est menée par des associations, des citoyens et des élus, c'est en grande partie la faute d'ENEDIS. L'entreprise n'a pas su bien communiquer sur le déploiement se son nouveau compteur. Or, du fait des technologies employées et de la finesse des informations pouvant être collectées, il est normal que des interrogations soient faites et que des doutes émergent.

Les principaux arguments anti-Linky, dans le fond, sont donc légitimes. Il faut admettre que l’installation de ces compteurs fait écho à de nombreux débats de société actuels, tels que la multiplication des ondes dans notre environnement ou la protection de nos données personnelles. Ces questions sont loin d’être résolus et la défiance envers les compteurs Linky est alors très compréhensible.

installateur Linky

A vrai dire, ENEDIS ne s'attendait pas à une telle levée de boucliers. Comme le révèle notre étude sur la situation des compteurs communicants en Europe, aucun autre pays Européen ayant mis en place ces nouveaux compteurs avant la France n'avait fait face à de telles réticences. ENEDIS n'avait donc pas prévu de communiquer outre-mesure sur cet objet, qui est allait être changé chez la totalité des domiciles des Français. En outre, toutes les études scientifiques et les rapports publics réalisés et publiés depuis 2011 dans le but de dissiper les craintes en matière de santé et de vie privée n'ont pas été mis en avant comme elles auraient dû pour rassurer les consommateurs. Alors que les premiers refus d'installation ont reçu un écho dans la presse régionale puis nationale, la réponse d'ENEDIS a d'abord été d'inciter ses installateurs à insister pour effectuer les changements de compteurs. Ce n'est que trop tard qu'ENEDIS a décidé d'employer une méthode plus douce, avec un site dédié et des tables rondes partout en France pour écouter les craintes et enfin faire de la pédagogie sur la question. Or depuis longtemps déjà, les réseaux sociaux étaient inondés de partages d'articles venant de sites internet douteux, relayant ou inventant des fausses informations, malheureusement prises au sérieux par de nombreux consommateurs.

Ce que dit le mouvement anti-Linky de notre époque

Le débat autour de Linky est en effet entaché de nombreuses approximations et fausses informations. L’installation de ces compteurs a entraîné un fort activisme de la part d’associations engagées dans divers combats, comme Robin des Toits (lutte contre les technologies sans fils et les ondes électromagnétiques) ou Next-Up (engagée pour la Défense de l’Environnement Naturel, notamment contre les champs électromagnétiques), ainsi que de blogs proches de ces associations. Si l’engagement de ces associations peut être louable, leurs méthodologie peuvent parfois porter à confusion en relayant des informations non vérifiées, détournées, voir même fausses.

Enfin, il faut souligner que cette lutte anti-Linky prend place dans un contexte plus général de perte de confiance envers l’État et ses experts. Ce phénomène est particulièrement répandu depuis plusieurs années vis-à-vis de la politique et de l’économie, ou dans le cas de Linky de la santé publique et des nouvelles technologies. On pourrait même affirmer que le compteur Linky cristallise un certain ludisme contemporain à l’encontre du progrès et de la technologie, dont les tenants et aboutissants semblent parfois mal maîtrisés. Surtout quand l’objet de discorde concerne un bien de première nécessité tel que l’électricité. Le compteur Linky reflète alors le malaise de citoyens révoltés face à des changements imposés par une superstructure et mal expliqués, sans autre possibilité d’intervention que la lutte.

Enedis doit donc poursuivre son effort de communication sur cet outil. L'entreprise devra surtout continuer à travailler pour que les gains pour les consommateurs soient visibles, afin que chacun puisse se rendre compte de l'intérêt d'un tel déploiement. Enfin, les questions d'ordre financier devront être réglées, afin que les coûts reportés sur la facture des consommateurs finaux soient les plus bas possibles.

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