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Qu'est-ce que l'injection de biométhane sur le réseau de gaz naturel ?

Le biométhane, issu de la fermentation de déchets organiques, est un gaz vert dont la production connait aujourd'hui une progression importante en France. L'objectif premier de la production de biométhane est son injection sur le réseau de transport de gaz, qui permet au producteur de toucher une rémunération avantageuse.

L'injection de biométhane sur le réseau

Avant l'injection : chez le producteur

méthaniseur

Unités de méthanisation

En amont de l'injection, des déchets organiques sont triés, préparés et placés à fermenter en milieu anaérobie (sans oxygène) dans un méthaniseur. Ces déchets peuvent être issus de l'agriculture et de l'industrie alimentaire, des ordures ménagères, ou il peut s'agir directement de gaz de décharge ou de stations d'épuration. Le méthaniseur produit le biogaz, un mélange de méthane et d'autres gaz tels que le CO2 et l'hydrogène sulfuré. Il est alors épuré (purifié) et compressé de sorte à ne contenir plus que du méthane, pour devenir biométhane.

Contrairement au gaz naturel, qui est stocké dans les sous-sols de la terre depuis plusieurs millions d’années et dont la combustion relâche dans l’atmosphère des gaz à effet de serre supplémentaires, le biométhane est donc issu de la destruction de déchets qui auraient de toute façon émis des gaz polluants en se dégradant, d’où son appellation de gaz « propre ».

Pour en savoir plus sur le biométhane, consultez notre article dédié.

L'injection : chez le gestionnaire de réseau

Le gaz circule ensuite vers une canalisation jusqu'au poste d'injection du gestionnaire de réseau (en France, GRDF ou une ELD). Le gaz subit cinq étapes dans le cadre de son injection :

  1. contrôle de la qualité : le gestionnaire de réseau s'assure que le gaz est un biométhane sans impuretés ;
  2. odorisation : une odeur est associée gaz, ce qui lui permet d’être aisément repéré en cas de fuite chez les consommateurs ;
  3. comptage : comptage du volume de gaz ;
  4. pressurisation : régulation de la pression pour qu’elle corresponde à celle du réseau ;
  5. injection : le gaz est injecté sur le réseau via une conduite dédiée.

Pour injecter son biométhane sur le réseau, le producteur doit d’abord se mettre en relation avec un fournisseur de gaz naturel désireux de lui acheter son gaz vert. S’il n’en trouve pas, il peut s’adresser à un acheteur de dernier recours. Le producteur est rémunéré par l’acheteur sur la base du volume injecté, via un tarif d’achat réglementé avantageux. En 2015, en France, les tarifs sont compris entre 4,5 et 9,5 c€/kWh, selon la taille de l’installation de production. L’acheteur de biométhane, le plus souvent un fournisseur de gaz, reçoit une garantie d’origine permettant d’attester de son achat de biométhane. La garantie d’origine est inscrite dans un registre national.

Restrictions à l'injection Dans certains cas, l’injection de biométhane sur le réseau peut être impossible car les consommations dans la zone ne sont pas assez élevées. Cette situation survient parfois en été, une époque où la consommation est traditionnellement faible.

La méthanisation : de multiples avantages

L'exploitation du biogaz présente plusieurs avantages :

  • Similarité au gaz naturel. Grâce à sa composition similaire au gaz naturel, le biométhane peut être utilisé comme substitut du gaz naturel pour la cuisson, le chauffage de l'eau chaude, le chauffage ou encore dans un cadre industriel. Il peut aussi être stocké pour être utilisé comme carburant dans les véhicules.
  • Valorisation du biogaz avant injection. Avant son injection sur le réseau, le biométhane peut aussi être valorisé sous forme de chaleur et d’électricité, dans le cadre de la cogénération.
  • Valorisation des résidus de la méthanisation. La méthanisation produit également une matière solide appelée digestat, qui peut être épandue sur les terres agricoles en alternative aux engrais chimiques.

Le développement du biométhane en France

Le biométhane : une énergie verte à fort potentiel

La France est le pays d''Europe où le biogaz dispose du plus grand potentiel de développement. La production maximale possible de biométhane en France a été estimée aux trois quarts voire à la totalité de la consommation française en 2011. Le biogaz d'origine agricole dispose des perspectives les plus intéressantes, la France étant un pays très agricole, et trois projets raccordés sur quatre étant aujourd'hui d'origine agricole. Les déchets issus de cultures sont par ailleurs ceux qui disposent du rendement de méthanisation le plus élevé. Les fermes pratiquant l’injection de biométhane sont plus nombreuses dans la moitié Nord, avec une concentration particulièrement élevée en Bretagne et dans le Pays de la Loire, et une montée progressive des autres régions. Par ailleurs, le gaz naturel, dont le biométhane agit comme substitut, connait actuellement un usage de plus en plus répandu, ce qui permet au biométhane de profiter de nombreuses infrastructures compatibles chez les particuliers comme chez les professionnels et les industriels.

biométhane

Pour toutes ces raisons, le gouvernement a fait du développement du biométhane une étape clé dans la progression de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique d'ici à 2030. Alors que le pays comptait 90 méthaniseurs en 2012, le gouvernement en prévoit un millier sur le territoire en 2020. Un objectif qu'il faut cependant comparer aux statistiques déjà existantes chez notre voisin allemand, très avance dans le domaine, qui comptait déjà 7 000 méthaniseurs en 2014.

Un plan de soutien potentiellement coûteux

Pour accomplir son objectif, le gouvernement a  lancé début 2013 un plan de soutien au développement de la filière biométhane, induisant la mise en place d'un cadre réglementaire, ainsi que des aides financières. Ces aides prennent la forme de tarifs d'achat réglementés avantageux, sur le modèle du tarif d'achat de l'électricité d'origine renouvelable. Dans le cadre de ce tarif, le producteur a la certitude de pouvoir vendre son gaz pour une période de 15 ans, à un tarif avantageux par rapport aux coûts de production. Le tarif d’achat peut varier du simple au triple, et est plus avantageux pour les installations produisant du biométhane uniquement à partir de déchets issus de l’agriculture. A ces tarifs d'achat s'ajoutent les aides à l'investissement et les aides à la recherche & développement de l'ADEME.

Les tarifs d'achat sont financés par une taxe appliquée à tous les consommateurs de gaz naturel, la Contribution au service public du gaz (CSPG) aussi appelée Contribution biométhane. Le poids de cette taxe est aujourd'hui très faible, à 0,0153€/MWh en 2015, soit 16 centimes sur le budget annuel du ménage moyen chauffé au gaz naturel. Mais il est voué à progresser fortement sur les années à venir : le financement de l’injection de biométhane via ce tarif devrait correspondre à un coût de 200 millions d’euros par an en 2020.

Quelle différence pour le consommateur ?

En 2015, l'injection de biométhane en France n'en est encore qu'à ses débuts. Pour le consommateur particulier, au 1er septembre, il n'était pas encore possible de souscrire une offre de gaz d'origine renouvelable. Certains fournisseurs proposent en revanche des offres dites "compensées carbone", dans le cadre desquelles le fournisseur s'engage à compenser les émissions de carbone liées à la combustion du gaz naturel.

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